Lecoin

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QUELS DRÔLES D’ANARS !

juin 2019 :

Nous profitons de l’existence de cette page pour afficher quelques données relatives au tract Paix immédiate! et aux suspicions à l’encontre de Louis Lecoin que les conséquences de sa diffusion soulevèrent.

Les diverses versions du même événement ne sont pas factuellement contradictoires. Les positions respectives de Lecoin et Emery peuvent ainsi coexister si l’on veut bien concevoir que le premier se donne le beau rôle quant à l’opportunité et la rigueur de son action et le second se dédouane à bon compte en noircissant le portrait qu’il fait de Lecoin et en édulcorant quelque peu les circonstances de leur confrontation.

Les considérations cyniques de Georges Pioch sur l’infiltration des groupuscules  lui évitent d’affronter un épisode qui n’a rien pour lui de glorieux, quelque jugement qu’on puisse porter sur les conditions d’obtention de sa signature.

L’anarchiste Raymond Giancoli, dans sa correspondance avec Albert Paraz, exclut la possibilité que Lecoin – avec qui il avait pourtant été en conflit ouvert – ait pu être un agent provocateur ou plus encore une “bourrique”.

L’article de Rivarol occupant initialement toute cette page et mettant en cause Lecoin dans un tout autre contexte se trouve conséquemment relégué en fin de page.

 

PAIX immédiate!

 

Version de Lecoin, 1965

 

La version détaillée de Louis Lecoin sur l’affaire du tract Paix immédiate! ainsi que sur ses relations avec Georges Pioch est donnée aux pages 169-187 de son livre Le Cours d’une Vie (il l’évoque également dans De prison en prison). Nous donnerons à l’occasion l’intégralité du texte.

 

“En attendant notre destin, nous nous demandons ce à quoi nous sommes encore bons, ce à quoi nous pouvons encore être utiles?

Et voilà comment l’idée nous vint de rédiger, faire signer, imprimer et répandre à 100 000 exemplaires le tract intitulé “Paix immédiate!”

Faucier et Dermière donneront leurs soins à la partie administrative. Moi, je rédigerai le manifeste et me mettrai en quête des signatures.

Sa rédaction est aisée, mais je me défie de ma plume. Je ne veux pas d’exagérations, si légitimes qu’elles paraissent, il n’y faut mettre rien qui heurte ni qui choque. Nous sommes en guerre et une seule chose est souhaitable : la paix, expliquai-je à un ami correcteur que je suis passé prendre pour qu’il m’aide dans la rédaction.

– Parlons de paix, de paix seulement, et sans expression outrancière. N’effarouchons personne, pour cette raison aussi que je désire soumettre cet appel à l’approbation de certains pacifistes assez timorés quant au reste.

Il tient la plume et nous demeurons plusieurs heures à peser les termes mot par mot, phrase par phrase.

Enfin, voici ce tract et les signatures. Une réduction de l’original.

PAIX immédiate !
Malgré tout l’effort des pacifistes sincères, le sang coule. Déjà presque toute l’Europe est dans la guerre. Le monde entier va sombrer dans le sang des hommes.
Tous le savent, tous le sentent.
La tristesse infinie des mobilisés eux-mêmes et la douleur pathétique de leurs proches en sont la preuve.
Pas de fleurs aux fusils, pas de chants héroïques, pas de bravos au départ des militaires. Et l’on nous assure qu’il en est ainsi chez tous les belligérants. La guerre est donc condamnée des le premier jour par la plupart des participants de l’avant et de l’arrière.
Alors, faisons vite la paix.
N’attendons pas qu’elle nous soit offerte par les fauteurs de guerre. 
Le prix de la paix ne sera jamais aussi ruineux que le prix de la guerre. Car on ne construit rien avec la mort; on peut tout espérer de la vie.
Que les armées, laissant la parole à la raison, déposent donc les armes !
Que le cœur humain trouve son compte dans une fin très rapide de la guerre.
Réclamons la paix ! Exigeons la paix !
ALAIN, Victor MARGUERITTE, Marcel DEAT, Germaine DECARIS, Félicien CHALLAYE, VIGNE, Georges DUMOULIN, Georges PIOCH, LUCIEN-JACQUES, Thyde MONNIER, GIROUX, LECOIN, Charlotte BONNIN, Yvonne et Roger HAGNAUER, VIVES, Marie LENGLOIS, Robert TOURLY, René GERIN, Maurice WULLENS, Henry POULAILLE, Marceau PIVERT, ZORETTI, Georges YVETOT, Jeanne et Michel ALEXANDRE, Robert LOUZON, Hélène LAGUERRE, EMERY, Henri JEANSON et Jean GIONO.

Ce manifeste ne cassait rien. Il réclamait l’essentiel. Et, ne l’oublions pas, il parut le deuxième jour de la guerre et fut tout de suite distribué.

J’en parlai, en premier lieu, à Giroux, le secrétaire du syndicat des agents des P.T.T., qui donna son adhésion, et de l’argent – Faucier, notre trésorier, craignait d’en manquer.

Je n’avais pas encore, à l’heure que j’évoque, les signatures que vous venez de lire. J’explique justement à Giroux et à Faucier que je tiens à pressentir d’abord ceux qui peuvent opposer une résistance : Émery, Giono, Victor Margueritte, Alain – les plus éloignés de nous habituellement, les moins sûrs, donc! S’ils acceptent d’emblée, ce sera une preuve de plus que nous avons raison; s’il se montrent réticents ou refusent, nous reconsidéreront le projet.

Émery demeure à Lyon, Giono à Manosque, Margueritte villégiature à la Baule, Alain près de Lorient. Les trains ne marchent pas pour les civils. Il me faut une voiture et quelqu’un pour la conduire. (…)

C’est cet ancien juré malchanceux – petit industriel israélite mais alors ardent pacifiste – qui me mènera dans sa voiture à la recherche des signatures.

Émery m’autorisa à me servir de son nom. Comme il était le premier à qui je présentai le manifeste, je lui proposai de le modifier s’il en voyait la nécessité. Non! Il le trouvait à son goût.

A minuit, le même jour, nous arrivâmes au camp du Conradour, dans les Basses-Alpes, où je pensais rencontrer Giono. (…)

Giono avait quitté le Contadour le matin même, et je fus reçu par Hélène Laguerre assistée du poète Lucien Jacques, qui venait de publier ‘Carnets de molesquine’.

Hélène Laguerre signa aussitôt et me pria d’utiliser le nom de Thyde Monnier, lauréate du Prix Séverine; elle allait la prévenir.

Je ne voulais pas trop de signataires, je désirais surtout obtenir l’adhésion de ceux qui faisaient quelque peu autorité.

Le tract avait un double but : rassurer les pacifistes en leur donnant l’exemple; prouver au peuple, aux parlementaires, aux gouvernants, que la guerre dressait contre elle, dès le début, des adversaires avoués – puisque, disait-on, elle en avait énormément qui n’osaient contrecarrer publiquement l’intoxiqué qui gouvernait la France.

C’est Hélène Laguerre qui demanda à Lucien Jacques de signer.

Moi, je n’oubliais pas que j’étais surtout venu jusque-là pour la signature de Giono. Je l’utiliserais et Hélène Laguerre se mettrait à sa recherche, dès le lendemain matin, pour l’en aviser.

Après de très longues heures de route, nous pénétrons chez Victor Margueritte.

On sait qu’il était aveugle. Je lui lus notre appel.

– Lecoin, si vous n’aviez pas fait ce voyage pour soumettre ce manifeste à ma signature, je vous en aurais voulu toute ma vie.

Et nous parvînmes sur la plage du Pouldu, où je trouvai Alain, malade de la goutte, roulé dans une petite voiture par une gouvernante. (…)

Il consentit tout de suite à être des nôtres. Prenant son stylo, il allait signer.

– Pas la peine, j’ai votre parole.

(…) J’obtiendrai, par la suite, la parole d’autres signataires. A aucun d’eux je ne demanderai d’apposer leur paraphe au bas de la feuille. Question de tact.

Alain désira apporter une légère retouche au texte. Sa gouvernante l’écrivit de sa main.

En quatre jours, avec mon ami le juré, qui se tint à mes côtés pendant mes entretiens, j’accomplis un trajet de deux mille cinq cent kilomètres. Je souhaitais aboutir vite pour que le tract soit répandu avant la défaite de la Pologne, avant qu’Hitler ne propose la paix. On m’assurait que près de la moitié des parlementaires français s’élevaient sourdement contre la guerre; il fallait les encourager…” à suivre

Il ne semble pas que Nicolas Faucier se soit étendu sur cet épisode dans ses livres publiés chez Spartacus et à La Digitale. Nous n’avons pas consulté son livre biographique édité aux Éditions Ouvrières.

Le passage du texte de Lecoin concernant Giono rend assez paradoxal ce témoignage tardif s’affichant comme “vérité” trouvé sur l’Internet :

“Bernard Clavel, au sujet du tract « Paix immédiate » de Louis Lecoin en 1939, phrase publiée dans le livre Giono l’enchanteur, recueil de textes réunis par Mireille Sacotte après le colloque sur Giono à la BNF en 1995 : « On a voulu salir ensuite Giono en affirmant qu’il avait signé ce texte, puis, lâchement, repris sa signature. Je tiens la vérité de Louis Lecoin lui-même, qui m’a rapporté ceci : ” Quand je me suis présenté au Contadour, on m’a appris que Giono avait été arrêté et qu’il était impossible de communiquer avec lui. Mais, ayant lu le texte, ses proches m’ont déclaré : S’il était là vous savez bien qu’il signerait. Vous pouvez ajouter son nom à la liste. Le tract a été imprimé avec le nom de Giono. Quand le juge d’instruction a montré ce tract à Giono et lui a demandé s’il avait signé, Giono, que personne n’avait pu joindre a déclaré : ” Non, je n’ai pas signé” et il s’est empressé d’ajouter: ” Mais si on me l’avait présenté, je l’aurais signé. »”

 

 

Récit de Léon Émery, 1947

“… les aventures personnelles, petites mais significatives, vinrent se dessiner sur le fond de la catastrophe collective. Je vis arriver en effet un personnage dont je ne connaissais guère que le nom et qui avait dans certains milieux une réputation douteuse. Anarchiste militant, il avait joué du revolver dans un congrès de la C.G.T. et fait plusieurs fois connaissance avec la prison. Mais, réapparu depuis quelque temps dans les Comités Pacifistes de Paris, il s’y était montré utile et je n’avais pas de raison de lui fermer ma porte, d’autant que mon état d’esprit ne m’incitait guère à des prudences calculées. J’étais disposé à considérer comme un soulagement tout ce qui me séparerait d’une politique que j’estimais insensée et criminelle. Lecoin trouva donc en moi une oreille favorable lorsqu’il se dit résolu à servir d’agent de liaison entre ceux qui prenaient figure d’opposants à la guerre; il arrivait de Paris pour me voir et voulait ensuite joindre Giono, puis Margueritte et Alain. Ces longues pérégrinations en automobile dans une France très surveillée par la police ont plus tard donné matière à bien des suppositions. Pour le moment, elles expliquaient la hâte du voyageur et son désir de limiter notre conversation à une très brève durée. Il ne s’agissait d’ailleurs que d’une prise de contact dont l’expression était dans l’adhésion de principe à un texte sentimental et creux, – du moins c’est ainsi qu’il me parut à une rapide lecture, – qu’on pourrait envoyer à des journalistes et des députés. Je me bornai à dire que mon désaveu de la guerre ne faisait pas question ; pour le reste, s’il devenait possible un jour de tenter une action auprès des dirigeants, elle ne pouvait être mise au point qu’à Paris, donc fort loin de moi. Je nommai en conséquence deux ou trois amis à qui je reconnaissais d’avance le droit d’engager ma signature s’il approuvaient, fond et forme, ce qui serait décidé. Lecoin n’en demanda pas plus et partit pour Manosque. Huit jours plus tard, un commissaire divisionnaire, suivi d’une escouade de policiers, sonnait à ma porte. Cette visite n’était pas en rapport avec la tournée du Parisien, mais avec une initiative d’instituteurs lyonnais dont, suivant l’usage, on m’attribuait la paternité. La perquisition eut lieu avec certains égards et j’appris plus tard que le commissaire, qui donnait à peu près seul l’impression d’un homme sérieux et sincère, en avait rédigé un compte-rendu qui m’était très favorable. Mais il était dit que le roman policier se poursuivrait par intrigues entrecroisées. A la fin du mois arrivèrent d’un peu partout des enveloppes ouvertes bourrées de tracts. J’y retrouvai le texte que Lecoin m’avait fait lire et au bas duquel s’alignaient les trente-cinq signatures de ceux qu’on considérait à tort ou à raison comme les chefs du pacifisme français. La mienne s’y trouvait, bien entendu, avec celle d’Alexandre qui ignorait tout de l’affaire et que nul n’était allé voir. La part évidente de fraude mêlée à une demi-vérité et surtout l’étrange méthode qui consistait à distribuer cent mille tracts illégaux dans des conditions telles qu’une heure après l’envoi, un échantillon en était sur le bureau du Ministre de l’Intérieur, ont paru à beaucoup très suffisamment explicites. Lecoin était-il, comme on l’a dit, un simple agent provocateur qui, selon la méthode classique, permettait à la police de prendre d’un seul coup en ses filets tous ceux dont elle se méfiait? J’incline à croire que son état d’esprit était plus complexe. Il y avait certainement en lui de l’aventurier et de l’intrigant; il semble bien avoir eu des relations louches avec la police et les staliniens; mais peut-être était-il animé aussi par une sorte de romantisme puéril, le même qui l’incitait à chercher la complicité d’un aviateur pour jeter ses tracts sur Paris, selon l’exemple donné par Jacques Thibault dans le roman de Roger Martin du Gard. Qu’il ait abusé de nous, utilisé des signatures qui ne lui étaient pas données, obtenu l’adhésion de chacun en se servant de celles qu’il avait ou déclarait avoir, cela ne fait pas question; mais dans la politique et le journalisme ces pratiques sont courantes. Il était cependant dommage qu’elles prissent de par les circonstances un caractère plus sérieux. Nous étions en effet bel et bien inculpés, en style de chats-fourrés, de toutes sortes de choses effrayantes et notamment de “provocation de militaires à la désobéissance”. En cette époque qui se ressentait encore d’une modération archaïque, cela ne pouvait entraîner que cinq ans de prison au maximum.

Dans les sphères dirigeantes, on ne prenait pas l’affaire au tragique; Daladier, le même Daladier qui, tout en maniant le tonnerre verbal de ses déclarations intransigeantes, venait d’envoyer un émissaire secret à Bruxelles pour inciter le roi Léopold à faire une offre de médiation, la définissait par un terme d’un laconisme rabelaisien. Mais quoi, il fallait, comme on dit avec majesté, que la loi suive son cours et peut-être en certains milieux pensait-on que les beaux procès politiques sont un spectacle utile aux citoyens mécontents de l’augmentation du prix du tabac. Les conseils de guerre parisiens avaient la main lourde et, pour des motifs ridicules, plusieurs de nos camarades étaient déjà durement frappés. Convoqué par le juge d’instruction, je dis donc connaissance avec les bureaux du quai des Orfèvres. Des magistrats en kaki et en bonnet de police y affectaient les allures désinvoltes et décidées d’officiers d’état-major à la veille d’une attaque. Par chance, celui dont dépendait notre sort m’apparut très vite comme un homme d’esprit clair et droit dont les opinions personnelles sur les origines de l’affaire étaient probablement bien établies; il avait toutes chances à cet égard d’en savoir plus que nous. Le seul moment pénible de l’entrevue fut la confrontation avec Lecoin. Sorti de sa cellule dont il semblait apporter avec lui la sinistre atmosphère, il était à la fois familier, pathétique, suppliant et me mettait d’autant plus à la gêne que mon avocat, pour me décharger, avait tendance à l’accabler. Bien que cet homme nous eût mis, mes amis et moi, en bien mauvaise posture par ce qu’il fallait appeler au moins son extraordinaire légèreté, je ne pouvais dominer une commisération profonde. Il me semblait aussi que son acte, si impur fût-il en ses mobiles, avait au moins l’avantage d’être aux yeux du public une protestation contre la guerre et retrouvait de ce fait une sorte de justification.” Léon Émery, in Correspondance I, Témoignages, pp. 151-153.

Un peu plus loin, l’affaire ressurgit dans le récit de Léon Émery :

“Nous arrivons aux longues nuits de décembre, rendues plus épaisses par l’extinction des lumières; la guerre stagnait toujours dans la neige et la boue. Soudain, l’affaire du tract, dont on n’entendait plus parler, fit un soubresaut, exemple assez curieux de gymnastique politico-juridique. Dans le lot des signataires vrais ou faux qu’on avait voulu prendre d’un seul coup de filet comptait une proie assez gênante, Marcel Déat. Il avait bel et bien signé de sa main le papier de Lecoin, mais pour le renvoyer devant un conseil de guerre il fallait demander la levée de son immunité parlementaire, occasion d’esclandre que nos vaillants ministres préféraient éviter. On se décida à mettre hors de cause un premier lot d’inculpés, dont ceux que Lecoin lui-même reconnaissait n’avoir ni vus ni sollicités, et l’on y joignit Déat, malgré la preuve positive dont on disposait contre lui. Cela fait, on notifia à ceux qui restaient dans la nasse une nouvelle inculpation. J’étais parmi les déshérités, le juge d’instruction poussant la complaisance jusqu’à me faire dire qu’il ne comptait pas me déranger à nouveau pour m’interroger. Mon pauvre ami Branche, chargé de ma défense, se prenait la tête à deux mains devant le monceau d’irrégularités juridiques entassées en ce petit roman policier. Du moins le Ministre de l’Instruction publique, Yvon Delbos, en prit-il occasion pour me suspendre de mes fonctions, mesure qui venait trop tôt, ou trop tard, et qu’on eut la gentillesse de me signifier exactement la veille de Noël.” Ibid, pp.155-156.

Dans son entrée consacrée à Marcel Déat, le Maitron signale :

“Il signa même le tract « Paix Immédiate » de Louis Lecoin* ; dans ses Mémoires, il précise toutefois qu’il n’avait pas pensé que ce document était destiné à une publication, tout comme Alain et Ludovic Zoretti* (Mémoires, t. I, chap. XXI, p. 7-8)”

L’affaire se conclut pour Émery alors que la guerre proprement franco-allemande est déjà terminée :

” Pour anticiper et pour en finir aussi avec une sordide intrigue que les événements avaient tout à coup dépassée, – et je cite ce trait  à la gloire de l’administration française qu’on accuse de tant de désordre et qui ne perd jamais rien, – le rétablissement du courrier m’apporta deux ou trois semaines plus tard mon non-lieu définitif dans l’affaire du tract lancé par Lecoin. Cette pièce était datée du 10 juin, quatre jours avant l’arrivée des Allemands à Paris et, au moment où elle me parvenait, le tribunal militaire dont elle était l’émanation siégeait à Périgueux (Dordogne), la capitale de la France étant désormais Vichy.” (ibid., p.162)

Alain

La mise en cause par Lecoin de l’attitude du philosophe Alain (et de celle de Victor Margueritte) ayant été reprise par Michel Ragon dans le numéro 378 (juin-juillet 1999) du Magazine littéraire, Georges Pascal, ancien collaborateur de Défense de l’Homme, publie une mise au point l’année suivante dans le bulletin de l’Association des amis d’Alain.

Thierry Leterre développe des arguments sur cette polémique dans son livre Alain, le premier intellectuel (Stock, 2006).

Échanges entre Georges Pioch et Albert Paraz, 1949

Paraz écrit à Georges Pioch le 13 septembre 49, après avoir échangé avec Lecoin au sujet de Paix immédiate! Ce dernier lui a expliqué au sujet de l’origine de l’argent que « …c’est Faucier qui a eu l’idée de mettre des en-têtes commerciaux aux lettres, qu’il y en avait plusieurs, que 80.000 ont été expédiées et que seules quelques centaines ont été saisies. Il dit également qu’en septembre 39, il n’y avait pas besoin de papier spécial pour se déplacer sur les routes. »

Georges Pioch, 2 rue Forestière Mont Boron, Nice, dans une lettre à Albert Paraz du 20 septembre 1949 revient sur une conversation qu’il ont eu (entre temps) dans un restaurant :

« Je voudrais expliciter… ce que sommairement, trop sommairement, je vous ai dit chez Lelaurain. La chose en vaut la peine. Si vous ne pouvez pas attendre, je précise : une assez longue expérience des milieux anarchistes, que je retiens quand même parmi les meilleurs, me laisse dans cette conviction… Sur 10 anarchistes, je ne crois pas abusif, ou naïf, de compter ainsi : deux honnêtes hommes très purs, quelque chose comme des saints laïcs ; puis deux autres honnêtes hommes moins saints laïcs, et qui, la vieillesse venue, s’assoupiront en de charmants philosophes, sceptiquement indulgents et pratiquant l’ataraxie : de vrai civilisés ; ensuite, deux autres qui, leur gourme jetée, deviendront d’adroits hommes d’affaires… Je pourrais vous dire des noms… Et j’en connais de redoutables…

Restent les quatre autres… Ici, le flair hésite… Il n’est que de retenir les confidences publiques faites par Andrieux, préfet de police, et le père de Louis Aragon, pour dire, sans crainte de diffamer quelqu’un, qu’il est ordinaire, hélas ! d’y subodorer un policier, ou deux, voire plus… Ainsi précisé, mon propos me paraît être aussi pertinent que possible. (…) Je ne vais pas jurer que Lecoin n’ait pas été joué, et de la meilleure foi du monde, dans toute cette histoire. »

Dans cette même lettre, Pioch décrit ainsi Lecoin : « idéaliste, un idéaliste orgueilleux, et cela à cause de ceux qui, comme moi, lui faisant un crédit illimité, ont trop abondé dans sa louange »

Échanges entre Raymond Giancoli et Albert Paraz

En plus d’éclaircissements sur le rebond de la polémique entre Lecoin et Pioch par Paraz interposé, nous avons conservé des extraits de la correspondance concernant l’expérience anarchiste de Raymond Giancoli.

Giancoli à Paraz, le 29 août 1949 :

« J’ai aussi une commission à vous faire. J’ai, il y a quelques jours à Paris, fait la rencontre d’un vieux copain anar d’avant la guerre, que je n’avais pas revu depuis – ou du moins une minute en 41 à Poissy – je veux parler de Louis Lecoin. Vous devez certainement avoir entendu parler de lui. Il a écrit un bouquin de ses « Mémoires » qui a titre « de prison en prison ». Malgré que je sois rarement d’accord avec lui, j’ai beaucoup d’estime pour lui, car c’est un homme courageux, propre et désintéressé. J’ai presque de l’admiration pour lui, mais je ne le suis pas.

En un mot il fait un espèce de journal mensuel dont d’ailleurs je ne me rappelle plus le nom mais qui ressemble à la « Patrie humaine » d’avant-guerre, antimilitariste et travaillant pour l’amnistie. Aussi il voudrait vous écrire ou, quand parfois il va dans votre coin, vous voir et vous demander votre collaboration. Sur ce sujet vous en discuterez avec lui.

En tout cas, ne soyez pas étonné si vous receviez un mot de lui ou même sa visite, car comme il hésitait à le faire, je l’ai conseillé de ne pas hésiter car cela m’étonnerait que vous ne vous entendiez pas sur ces deux sujets : guerre et amnistie. »

Paraz à Giancoli, le 1er septembre 1949 :

« Je voulais justement vous dire que j’ai reçu le bouquin de Louis Lecoin mais lui-même ne m’a pas écrit et ne m’a pas demandé ma collaboration pour sa revue « Défense de l’Homme » et que cependant il m’envoie régulièrement, du moins, je suppose que c’est lui qui fait cet envoi. J’aurais bien voulu être en rapport avec lui parce que ce brave Georges Pioch qui est fixé à Nice, m’a raconté que l’attitude de Lecoin en 39, au moment du tract Paix immédiate, avait été inexplicable. Il se demandait pourquoi Lecoin avait trouvé des passeports pour aller voir Giono et Victor Marguerite alors que personne ne pouvait se déplacer et que tout le paquet a été saisi au moment où les enveloppes étaient prêtes toutes timbrées, d’autant plus que la raison sociale était celle de Ryz Smigly, un général polonais de l’époque, ce qui était parfaitement ridicule. Pioch soupçonnait Lecoin de s’être laissé manœuvrer par la police. Il prétend d’ailleurs que lorsque 10 anars se réunissent, il y a au moins cinq bourriques. »

Giancoli à Paraz, le 5 octobre 49 :

« Sur votre lettre vous me parlez de Lecoin et de Pioch. J’ai connu les deux, beaucoup plus Lecoin que Pioch, mais là je ne suis pas encore d’accord avec vous. Je crois qu’il n’y a pas de comparaison possible entre les deux hommes. Lecoin est un fanatique, ardent et quoique j’ai été jusqu’à la bagarre contre lui, que nous ayons toujours été en désaccord tous les deux, mon « jugement » à son sujet n’a pas changé. Il est courageux et propre. Quant à Pioch, je l’ai toujours pris pour un « rigolo ». Remarquez que je ne le connais que superficiellement, mais, néanmoins, il m’a toujours fait cet effet. Je m’en excuse, vous allez dire que je suis un esprit contrariant ou porté à la critique, mais même si je me trompe, je préfère dire ma pensée, même quand cela me fait tort. Aussi si j’avais ma confiance à donner à l’un des deux, je n’hésiterais pas, c’est à Lecoin que je la donnerai.

C’est certainement lui qui vous envoie la « défense de l’homme ». Je ne le vois pas en ce moment, mais il m’avait dit qu’il vous écrirait ou irait vous voir quand il irait vers votre coin. Il y va trois ou quatre fois l’an.

Cette histoire de tract, je ne la connais que par ouï dire, étant à ce moment-là au « collège », aussi je n’en discuterai pas. Quant à avoir cinq bourriques sur six anars, là, je reconnais mon Pioch. Il a vieilli et grossi ? Je ne fréquente plus les milieux anars, simplement parce que je n’ai plus la foi ! J’aimais les anars de ma jeunesse. Ils n’étaient pas nombreux ni disciplinés. C’étaient de bons gars. Certains aimaient le bon vin, les filles et la paresse. Maintenant ils parlent boulot, marchent en rang et n’aiment pas les gars qui se défendent, alors je me retire. Mais je ne me permets pas de les salir et, jusqu’à preuve du contraire, je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de bourriques parmi eux. Certains se trompent, d’autres changent, cela est normal, et tout dépend surtout de son tempérament. »

Paraz à Giancoli, le 8 octobre 1949 :

« Certes je suis toujours un peu affligé d’entendre un pauvre homme comme Pioch dire qu’il y a toujours des bourriques parmi les anarchistes. C’est un peu romantique cela date de Vidocq mais il est certain que la bombe Vaillant était une provocation. Quant il dit que Libertad en était, cela me paraît un peu choquant car Libertad apparaît comme le type même du bonhomme irréprochable qui s’est fait à moitié assommer par les flics, peut-être êtes-vous trop jeune pour en avoir entendu parler.

Pour le différend entre eux [Lecoin et Pioch], je l’aplanirai le plus possible. Lecoin m’a demandé de lui faire un article avant le 15 pour le numéro de fin octobre. Je voulais lui faire quelque chose sur la Notion de progrès qui semble préoccuper beaucoup les lecteurs puisqu’ils y reviennent toujours et justement il dit qu’il aimerait mieux autre chose, si bien que je ne sais pas trop ce que je vais lui donner. »

Giancoli à Paraz, le 11 octobre 1949:

« … Je préférerai que vous ne citiez pas mon nom et cela pour deux raisons. La première, cela serait trop prétentieux pour ma personne, et secundo, si la maison « bourrique » venait à lire votre bouquin, elle serait trop heureuse de connaître mon adresse. Car de temps à autre l’on passe chez ma mère pour savoir si elle ne connaît pas mon adresse. Naturellement, elle l’ignore ! Je ne crains rien, mais inutile de piquer leur curiosité, je me sentirais gêné car je préfère l’incognito.

(…) Je ne reviendrai pas sur ce vieux Pioch, vous le connaissez mieux que moi, mais j’ai connu Lecoin assez longtemps pour pouvoir l’apprécier, encore une fois je ne puis que vous redire que je me suis toujours engueulé avec lui, on en est même venus aux mains, c’était en 37, j’étais écœuré de la propagande au sujet des volontaires d’Espagne, écœuré d’un anarchiste ministre de la justice (Garcia Oliver) écœuré surtout que l’on recrutait des pauvres types pour en faire des centuries genre celle du nom de « Sébastien Faure » mais où l’on conseillait aux militants de ne pas y aller, mais de recruter et d’y envoyer des pauvres couillons pour que l’union anarchiste puisse dire partout qu’elle avait ses colonnes sur le front ! J’en revenais, et comme j’étais assez impulsif, j’ai raconté en plein congrès qui avait lieu aux Sociétés Savantes ce que j’avais sur le cœur, les copains qui avaient été en Espagne (combattants s’entend) me soutenaient., Lecoin, Frémont et la majorité ne voulaient pas que je salisse mes « frères espagnols » alors il m’a fallu m’imposer à coups de poings. La raison de ma colère était surtout la mort d’Emile Cottin, tué à Farlete, non pas comme on l’a décrit par l’ennemi, mais bêtement par une balle perdue dans le dos ! L’on ne pouvait pas me réfuter le fait en raison qu’il est mort à mes côtés, et que j’étais son « chef » élu par lui-même.

A ce moment-là j’étais en relation avec Jean Bernier, celui qui avait participé à écrire « L’Anarchie » dans le Crapouillot de Galtier-Boissière, c’est d’ailleurs le même Bernier dont parle Galtier dans son « Journal depuis la Libération ».

Lecoin, Faucier, Frémont et autres étaient contre Bernier, que je soutenais, et un jour Lecoin lui a dit ces paroles que je me souviendrai toujours « Toi, Bernier, tu es lieutenant de réserve, si la guerre éclate tu seras capitaine et moi, Lecoin, je serai en prison. » Cela a été la réalité !

Aussi je suis content que vous soyez en relations avec Lecoin, vous apprendrez à le connaître. »

(…) « Certains copains anars que j’ai rencontré l’autre jour involontairement m’ont mis dans une rage folle au sujet de Céline. Ces cornichons soutenaient que Céline avait balancé des juifs ! Ces tordus-là ont jamais été foutus de pouvoir m’apporter une preuve. Les ‘On dit’, ‘On a entendu’ et puis de me parler de son histoire des postes de radio. Rien que des conneries. Il doit y avoir du travail là-dessous ! Un ou deux PD qui font courir ce bruit ?

Mais inutile d’épiloguer sur toutes ces salades. Plus je vais, plus je vois que les anars deviennent de vrais bignoles. Faut qu’ils causent. Ce n’est pas l’époque des Libertad et des Le Meillour et autres mecs qui avaient quelque chose à mettre dans leur slip. »

Emile Cottin serait mort le 8 octobre 1936 à Pina de Ebro, soit 40 kilomètres plus au sud que Farlete où Giancoli situe sa blessure. Il n’est pas impossible qu’il ait été transporté loin du front de Farlete où des combats violents se déroulaient à cette date.

***

QUELS DRÔLES D’ANARS !

RIVAROL, 1er janvier 1964, n° 677

CERTAINS anarchistes ont une façon d’écrire l’histoire qui ressemble bigrement à celle des communistes.

C’est ainsi qu’on peut lire dans le dernier numéro du MONDE LIBERTAIRE un article signé J.L. (il s’agit de Jean Rollin) et intitulé « RIVAROL et Lecoin ».

Sans connaître personnellement Lecoin, nous pensions que c’était un homme digne de respect et d’estime, et nous ne l’aurions jamais « attaqué » s’il n’avait attaqué, de la façon la plus basse, des hommes emprisonnés, sans défense, et qui sont, à leur manière, laquelle certes, n’est pas celle de Lecoin et de ses amis, des objecteurs de conscience.

Notre « attaque » a consisté à rappeler que, voilà près de vingt-trois ans, Lecoin, alors parfaitement inconnu, avait été sauvé d’une mort certaine par des interventions répétées, publiques. et privées, de « fascistes» comme Laubreaux, Lesca et quelques autres.

Ces démarches, dictées par la confraternité (qui pour une fois, n’était pas un vain mot), l’amitié qui peut naître dans les geôles, et la simple humanité, étaient autant d’actes purement gratuits car on ne voit guère ce qu’à l’époque Laubreaux, Lesca et les autres auraient pu en escompter à court ou à long terme. S’ils l’ont fait, c’est que les « fascistes » qu’ils étaient (ou, plus simplement, les révolutionnaires nationaux) estimaient qu’il était inique de conserver Lecoin en prison alors que tant de responsables de la défaite étaient encore libres.

C’est dans le même esprit que nous nous déclarions partisans d’une amnistie générale. Il est parfaitement inique de garder en prison quelques objecteurs de conscience alors que tant de responsables officiels ont manqué à leur parole, ont foulé aux pieds des engagements qu’ils déclaraient eux-mêmes sacrés ou solennels.

Il paraît que RIVAROL « appelle au secours, n’étant pas assez écouté pour pouvoir faire libérer ses troupes (sic) actuellement en prison », et, selon le Rollin en question, mes deux articles se résumeraient à ceci : « On voudrait bien que Lecoin s’occupe un peu de nous aussi. S’il ne le fait pas, c’est un salaud, voyez comme nous on lui a rendu service. »

Or, c’est exactement le contraire. Nous ne demandons rien à Lecoin et à ses amis. Nous voudrions simplement qu’ils ne couvrent pas de boue gratuitement des hommes qui sont tombés et qui n’ont aucun moyen de se défendre.

Nous: disons « gratuitement » car nous voulons encore croire que ces attaques n’étaient pas un élément de leur négociation au sommet du statut des objecteurs de conscience.

Ce qui est inqualifiable, c’est de laisser croire, comme les Lecoin et les Rollin, qu’il y a deux sortes de prison ; une pour les anarchos et une autre pour les « factieux », mais le Rollin tombe de l’odieux dans le grotesque quand il nous demande d’imaginer Lecoin intervenant « auprès des pouvoirs publics pour améliorer le sort de Salan, abominablement cloitré dans son appartement de la Santé ou d’ailleurs (sic), obligé de donner des ordres par téléphone ». (A qui et pourquoi ?)

Je ne sais quel est le sort réservé au général Salan (ce Rollin me parait bien mieux renseigné que moi à ce sujet), mais je n’ignore rien du sort réservé à des hommes dont nous savons bien qu’ils ne sont pas des bandits, même si leurs vues n’ont pas été toujours exactement les nôtre.
Cette mise au point méritera qu’on la fasse tant qu’il y aura dans les liens un seul condamné de la Cour de sûreté de l’État, mais, tous comptes faits, tant de mauvaise foi stupide m’aurait sans doute dispensé de la réitérer, si Jean Rollin, dans le même numéro du MONDE LIBERTAIRE ne terminait sa chronique consacrée au «Vicaire » par ces lignes qui sont tout de même un peu raides :

« A la lecture de la pièce, il ressort que, pour nous, le sujet traité n’était que de peu d’importance. Mais puisqu’il suscite une telle réaction de la part des milieux de droite, et puisqu’il semble rester des chrétiens pour soutenir un Pape ayant fait régner une terreur inquisitoriale au sein même de L’Église, prenons fait et cause pour « le Vicaire ». Et, pour une fois, la police qui garde la salle est avec nous. C’est une occasion de rosser quelques fascistes sans risquer de passer la nuit au car. Ce n’est pas si souvent, il faut en profiter !»

Ce Rollin joue sur le velours. Il sait très bien que ceux qu’ils appellent des « fascistes » n’appelleront jamais à leur secours les barbouzes du régime pour aller le rosser.

Tout de même, si le Rollin en question a tant soit peu de curiosité, je lui conseille vivement de relire dans les feuilles anarchistes d’il y a vingt-sept ou vingt-huit ans ce qu’écrivaient ses aînés quand les communistes lancèrent le mot d’ordre : « la police avec nous !»

Comment Boileau, qui appelait un chat un chat, aurait-il appelé ce Rollin-là ?

Mais, Dieu soit loué ! II n’y a pas au MONDE LIBERTAIRE uniquement de méchants imbéciles. Il y a aussi les rigolos pour qui la grande préoccupation est de savoir s’il faut détruire ou non l’Acropole.

Je pense, que notre ami Ben appréciera comme il convient ces lignes qui n’auraient, pas déparé les colonnes de feu L’OS A MOELLE :

« On est embarricadé (sic) dans l’art classique. Regardez ! On croit que le sol est plat (la Terre est ronde), nos murs sont horizontaux, nous avons les mêmes lits que les Grecs.

« L’Acropole rassemble tous ces critère» : la symétrie, la ligne droite, l’angle droit. A cause de l’Acropole, nous avons l’ordre que les Latins nous ont légué où plutôt l’Acropole a empêché nos parents de rechercher un ordre nouveau.

« Supprimer l’Acropole, c’est supprimer deux fléaux, le classicisme routinier et le droit romain. »

Tout de même, « elle n’est pas si laide que ça et c’est du travail sans ciment ».

Puis, heureusement pour elle, elle inspire de hautes pensées salvatrices :

« Qu’est-ce que l’anticonformisme conscient, pensé, préparé ? Sinon se conformer au conformisme négatif. Or, un véritable homme libre ne se conforme pas. Détruire l’Acropole, c’est se conformer à l’anticonformisme.

« Un anarchiste ne s’occupe pas de l’Acropole. »

Eh bien ! L’Acropole l’a échappé belle. Le général Franco n’a plus qu’à bien se tenir.

Etienne LARDENOY

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