Auto-interview dans Rivarol

Un entretien fabriqué par Rassinier seul puisque lui et Jean-Pierre Bermont ne faisaient qu’une seule et même personne, comme le prouvera lors d’un procès une basse manigance de Laisant et Gauchon, aidés et soutenus par une partie des pacifistes abonnés à la “Voie de la Paix”.

La maladresse du procédé fera beaucoup rire, surtout ceux qui se sont acharnés à empêcher la diffusion des thèses de Rassinier dans son milieu politique d’origine.

RIVAROL n° 692, du 16 avril 1964

Le procès des gardiens d’Auschwitz

Interview de Paul Rassinier

Notre collaborateur Jean-Pierre Bermont ayant été pris à partie par M. Louis Martin-Chauffier, dans le FIGARO LITTERAIRE (2 avril), et par M. Rémy Roure, dans le FIGARO tout court (4-5 avril) au sujet de ses comptes rendus du procès de Francfort, plutôt que d’ouvrir une polémique sur ses droits à parler des problèmes posés par les camps de concentration allemands au regard des crimes de guerre, nous avons préféré répondre à sa place en faisant appel au témoignage d’un Français qui est à la fois un témoin et un historien, c’est-à-dire un homme dont la qualification est indiscutable. Nous nous sommes donc adressés à M. Paul Rassinier – « ancien » de Buchenwald et de Dora – dont les travaux en la matière font, aujourd’hui, autorité et ont été traduits dans plusieurs langues. Interrogé par nous, voici comment, documents en main, il a répondu aux questions que nous lui avons posées :

– Avez-vous, M. Rassinier, lu les comptes rendus des audiences du procès de Francfort que nous avons publiés et acceptez-vous de nous dire ce que vous en pensez?

– Comment refuser de vous répondre ? Je fais de l’histoire, pas de la politique et, chaque fois qu’on est venu m’interviewer, j’ai toujours accepté d’exprimer très franchement ma pensée, pourvu, que mon interlocuteur me promette de ne pas la travestir.

– Nous vous le promettons formellement…

– Bien… En effet, j’ai lu les articles de M. Jean-Pierre Bermont et Je puis vous dire que je les ai trouvés très objectifs et bien documentés, peut-être aurais-je pu faire quelque chose de plus complet, sûrement pas de plus pertinent. Cependant, je n’ai pas été étonné de le voir prendre à partie par MM. Martin-Chauffier et Rémy Roure : je le fus moi-même pour les mêmes raisons. Avec le R.P. Riquet nous avons là les trois plus farouches gardiens du sanctuaire français des vérités historiques officialisées : par autorité de justice à Nuremberg, Varsovie, Jérusalem et autres hauts-lieux de la germanophobie, qui s’exprime aujourd’hui en millions de morts à porter au compte des camps de concentration allemands…

– M. Martin-Chauffier parle, en effet, de « quatre millions» pour le seul camp d’Auschwitz…

– M. Rémy Roure est plus modeste : des centaines de milliers, dit-il, et ceci est plus proche de la vérité et aussi plus honnête. Je crois qu’effectivement des centaines de milliers de détenus sont morts a Auschwitz.

– Exterminés par les gaz?

– C’est une autre question. Parlons d’abord chiffres. Sur ce point, les témoins ne sont pas d’accord. M. Broszat, directeur de l’Institut (résistantialiste) de Munich dit « entre un million et un million et demi » (FRANKFURTER ALLGEMEINE ZEITUNG, 26-2-64). M. Henri Michel, secrétaire général du Comité d’histoire de la Seconde Guerre mondiale, dit « quatre millions», et c’est vraisemblablement à lui que M. Martin-Chauffier a emprunté le renseignement. Mais l’Institute of Jewish Affairs du World Jewish Congress dit « 900.000 »… Si l’on tient compte que Hoess, premier-commandant de ce camp, a déclaré, dans ses mémoires, que 1.130.000 personnes, en tout, avaient été internées dans ce camp, 900.000 me paraît un maximum. Déjà très suffisant !

A LA RECHERCHE DE TEMOINS

– Je repose ma question : dans des chambres à gaz?

– A dire vrai, depuis que j’ai contraint l’Institut d’histoire contemporaine de Munich à convenir, le 19 août 1960, qu’il n’y avait eu aucune chambre à gaz dans aucun camp de concentration situé sur le territoire allemand, depuis surtout qu’on m’a interdit d’assister au procès de Francfort —qui m’auraient permis de savoir ce qu’il en était exactement de celles d Auschwitz, seules encore en question je ne crois guère à ces histoires de chambres à gaz.

– Mais les témoins ?

– Pourquoi des chambres à gaz, puisque le Dr Kubovy, directeur du centre de documentation juive contemporaine de Tel Aviv, a lui-même, selon la TERRE RETROUVÉE du 15-12-1960, reconnu qu’il n’existait aucun document portant la signature de Hitler, Himmler, ou Heydrich parlant d’exterminer les Juifs et que le mot « extermination » n’apparaît pas dans la lettre de Goering à Heydrich concernant la «solution finale de la question juive»?
Les témoins ? A ce jour, on n’en connaît qu’un seul qui ait avoué avoir participé à une opération de ce genre, mais son co-accusé, qui aurait – effectué la même terrible besogne, soutient, lui, qu’il s’agissait d’une désinfection de vêtements, non d’une extermination d’hommes… Les autres ont « entendu dire… vu partir pour la chambre à gaz (1)…, etc.», mais aucun n’a ni assisté, ni participé. C’est ce qu’établissent les débats de Francfort et votre collaborateur J.-P. Bermont a entièrement raison sur ce point…

– Alors, ces centaines de milliers de morts ?

– Justement… ce « self government » des camps auquel M. Martin-Chauffier trouve tant de vertus. Avec leurs amis et protégés, les détenus chargés d’administrer le camp représentaient environ 25 % de la population de tous les-camps, a dit, à Francfort, un témoin de l’accusation, le Dr Münch, ancien médecin S.S. du camp d’Auschwitz. Si, au lieu des 1.800 calories attribuées a chaque détenu par le règlement des camps de concentration — et qui étaient, effectivement, bien peu —, ces 25 % s’en attribuaient le double, les 75 % qui restaient ne disposaient plus que des deux tiers d’une ration déjà très maigre, et point n’est besoin de sortir de l’Ecole des Chartes comme M. Martin-Chauffier pour comprendre que, pour eux, c’était alors la condamnation à la mort lente par inanition… En fait, dans tous les camps, les détenus du «self government» s’attribuaient beaucoup plus que le double de leur droit, et, dans la pauvre masse, beaucoup ne disposaient plus que de la moitié, et souvent moins, du leur. D’où l’effroyable taux de mortalité.

– Si je ne m’abuse, M. André Frossard a, lui aussi, découvert ce « self government » des camps ?

– Oui. Et dans le même journal, mais il ne lui trouve pas de vertus. Au contraire… Le mieux est donc de renvoyer M. Martin-Chauffier à Mr Frossard en leur demandant de s’expliquer entre eux…

LES CONTRADICTIONS DE RUDOLF HOESS

– Et de l’argument de M. Rémy Roure, que pensez-vous?

– L’argument de M. Rémy Roure. c’est le témoignage de Rudolf Hoess, premier commandant du camp d’Auschwitz,- publié sous le titre Le commandant d’Auschwitz parle… Il ignore malheureusement un autre témoignage du même Rudolf Hoess devant le Tribunal de Nuremberg, le 26 avril 1946, sans quoi il saurait qu’après avoir prétendu à Nüremberg (compte rendu du procès, tome XI, pp.410 et suivantes) qu’environ 3 millions de Juifs avaient été exterminés (dont 2.500.000 par les gaz), il écrit, dans le livre en question (p. 239), qu’au maximum 1.130.000 personnes ont été internées dans ce camp. Et M; Rémy Roure ignore aussi que ce n’est pas la seule contradiction que la comparaison des deux témoignages successifs du même homme met en évidence ; ainsi les convois de juifs qui «ne comportaient jamais plus de 1.000 personnes » (p.229), mais qui, à raison de « cinq convois par jour (p. .236), amenaient au camp 15.000 personnes par jour » (p. 239) ; Sur les chambres à gaz que Himmler lui donne l’ordre de construire pour exterminer physiquement les Juifs (p. 227), mais au sujet desquelles « on n’a jamais pu obtenir de Himmler , une décision claire et nette » ( p. 233) ; sur le cyclon B, qui est tantôt un liquide et tantôt se présente sous la forme de tablettes dégageant un gaz au contact de l’air ; l’opération d’extermination elle-même, qui «dure en moyenne une demi-heure» (p. 174),<après quoi « on ouvre les portes et le sonderkommando commence aussitôt son travail de déblaiement des cadavres » (p. 230) ; mais « le maniement du cyclon B est si dangereux qu'il faut aérer la chambre à gaz pendant deux jours avant d’y pénétrer » (p. 229), etc.

Pour tout dire, un document apocryphe : Hoess a été pendu a Auschwitz, le 4 avril 1947, et il ne viendra sûrement pas protester contre ce qu'on lui fait dire aujourd'hui D'ailleurs, le Dr Broszat, directeur de l'Institut d'histoire contemporaine de Munich, a déclaré, le 26 février dernier, devant le tribunal de Francfort, qu'« on ne pouvait pas faire confiance aux déclarations de Rudolf Hoess » (FRANKFURTER ALLGEMEINE ZEITUNG, 27-2-64). S'il plaît à M.Rémy Roure d'être plus royaliste que le roi, c'est son affaire…

800 PROCES EN PREPARATION… 15 000 ACCUSES DEJA…

– Une dernière question : comment expliquez-vous ce procès qui, vingt ans après, semble fait pour ranimer toutes les haines ?

– Ce procès?… Ces procès, devriez-vous dire : pour les cinq années qui viennent, 800 procès du même genre sont prévus ou en cours de préparation. Environ 15.000 personnes sont déjà sous les verrous et elles, y peuvent être encore rejointes par beaucoup d'autres au cours de ces cinq années. C'est dire qu'on n'a pas fini de nous démontrer et redémontrer que l'Allemagne est un pays de barbares, indignes d'être intégrés dans la communauté des peuples européens, pour le plus grand plaisir de M. Krouchtchev, car c'est là tout le problème.

Ou bien se créera une Europe dans laquelle l'Allemagne tiendra sa place à égalité de droits avec les autres peuples européens et, dans ce cas, le bolchevisme commencera à reculer ; ou bien on refusera d'intégrer l'Allemagne dans la communauté des peuples européens, et il n'y aura jamais d'Europe.

A cet argument d'ordre politique s'en ajoute un autre d'ordre économique : déclarée seule responsable de la seconde guerre mondiale, l'Allemagne doit, à elle seule, supporter la réparation des dégâts et, en premier-lieu, le préjudice que l'Etat d’Israël dit avoir subi. Or, à 5.000 D.M. par victime, 6 millions de victimes cela «fait du bruit». Indépendamment de ce qui est réclamé au même titre par la Yougoslavie et les satellites de la Russie, qui vient d'être chiffré aux environs de 70 milliards de' dollars (EXPRESS, 20-2-64). Je précise bien : milliards… Autant dire qu'on veut faire de l'Allemagne actuelle une nouvelle république de Weimar, et c'est encore une autre façon de tuer l’Europe.

Nous nous sommes quittés sur ces paroles. Mais, à l'appui de son argumentation, M. Rassinier nous-a remis deux déclarations extraites de L'ENFER ORGANNISE, de M. Eugen Kogon, et qui – n'en déplaise à MM. Martin-Chauffier et Rémy Roure — confirment les propos de J.P. Bermont, avalisés par notre interlocuteur. Nous les publions ci-contre (page 9).

NOTE (1) : FRANKFURTER ALLGEMEINE – ZEITUNG (27-2-64) et FIGARO (28-2-64).

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