Lucie Colliard

http://bataillesocialiste.wordpress.com/biographies/colliard-1877-1961/

http://cheminsdememoiresociale.asso.fr/lire/1925_Lucie-Colliard_BelleGreveDeFemmes.pdf

” Clichy, 13-7-51

Mon cher Rassinier,

J’espère que j’irai jusqu’au bout de cette lettre que je commence parce que j’en trouve une à vous adressée qui est restée dans mon sous-main sans être achevée depuis le7-1-50. Il faut dire à ma décharge que j’avais beaucoup trop de tâches pour l’âge que j’ai, avec les vieilles fatigues que j’ai accumulées toute ma vie. J’ai toujours eu l’intention de vous répondre et ma négligence envers vous était constamment un de mes premiers remords.

Mais voilà que je suis malade (le cœur!) et je viens d’abandonner mes fonctions de Maire-Adjoint à Clichy. Quelle délivrance ! Je suis encore Déléguée Cantonale – j’étais même présidente de l’Union des D.C. – mais je vais lâcher ça aussi, et je recouvrerai mon entière liberté d’esprit.

Il fallait bien que je fusse bousculée, surmenée, obsédée, pour ne pas vous avoir dit tout de suite après la lecture de « Passage de la Ligne » le bien qu’il m’avait fait. On a si peu l’habitude maintenant de trouver des gens désintéressés, complètement objectifs que votre livre m’a ressuscitée pour ainsi dire : on était vraiment en train de mourir étouffé par tant de haines imbéciles sans qu’on en puisse tirer aucune conclusion que la vengeance. Or, si on veut vraiment la paix, il faut raisonner et ne pas se laisser aller à ses passions. Votre livre a posé le problème de la lutte rationnelle contre les camps de concentration et petit à petit cette lutte se développe, et il faudra bien que les gouvernants comprennent que les camps ne peuvent pas être un moyen de civiliser l’humanité.

Lucie Colliard”

Lettre non datée :

“Mon cher Rassinier, vous restez un de ceux que j’aimerais avoir dans mon proche entourage. Je vous connaissais peu, trop peu pour savoir quel était votre caractère ; je le reconnais grand et j’en suis heureuse. Je me fais si vieille que je ne suis plus bonne à rien ; il y aurait cependant tant de travail à faire, à refaire, pourrait-on dire, car les idées de ma jeunesse, les idées avancées ont été abandonnées ; et je souris tristement quand j’entends parler de démocratie, quand je vois la façon dont on la comprend et la prépare.

Une bonne conversation avec vous serait bien agréable et peut-être utile… qui sait ? Avez-vous repris votre classe ? Quel est votre état de santé ? Vous êtes jeune, il y a encore de la ressource. Si toutes vos souffrances pouvaient au moins avoir servi à quelque chose.

Je vous renvoie ce petit papier d’autrefois. Nous aussi, nous nous trompions ; mais dès que nous nous en sommes rendu compte, l’intérêt personnel ne nous a pas retenus.

Toutes mes félicitations et ma plus chaleureuse accolade,

[Signé] : L.Colliard. 4 av. A. France”

Lettres reproduites dans « Le retour de Paul Rassinier, Droits de l’homme et Histoire, Textes et documents soumis à la réflexion du congrès de Bourg-en-Bresse » par LES AMIS DE PAUL RASSINIER, 16, rue des Fossés St Jacques, 75005, PARIS

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