I.C.O. (2)

Polémique vite éteinte au moment de la parution du “Drame des Juifs Européens”. Fait probablement suite à la correspondance avec Lerrard.
https://tinpacifists.wordpress.com/2014/05/04/guy-lerrard-i-c-o/
Dommage que nous ne disposions pas du texte de Rassinier… La lettre du “camarade des Alpes Maritimes” confirme, s’il en était besoin, que c’est bien Rassinier qui était considéré comme fondateur de la Fédération Communiste indépendant de l’Est. Elle apporte aussi des éléments intéressants concernant en particulier le séjour à Sachenhausen de ce “camarade” et les observations qu’il y a faites.

ICO numéro 39, mai 1965
http://www.la-presse-anarchiste.net/IMG/pdf/ICO_39.pdf
(N.B. Les deux pages où figure le compte-rendu sont inversées sur le fichier PDF)

Notes de lecture

« Le Drame des Juifs Européens » – par Paul Rassinier – Ed. Les Sept couleurs.

Paul Rassinier n’est pas un inconnu pour tous ceux qui lisent couramment la presse, nous ne parlerons pas de l’homme lui-même, mais de ses écrits. Déporté lui-même P.R. Essaie depuis vingt ans de démythifier tout ce qui a pu se dire sur les camps de concentration et les exterminations. Aussi est-il normal que nombreux soient ceux qui s’y opposent, surtout ceux qui ont fait carrière à ce sujet et ceux qui basent toute leur politique sur des mythes.

Après un bref rappel de ses livres précédents sur ses expériences dans les divers camps de concentration (Le Mensonge d’Ulysse) et sur ses recherches historiques (Le Procès Eichmann) ce nouveau livre est consacré à de [nombreuses?] statistiques sur la population juive (invention-mensonges-brouillages des chiffres donnés, réparations versées, etc..). Les réparations offertes à l’état d’Israël ont fait rêver les tziganes qui se sont trouvés un chef suprême afin de réclamer des indemnités pour trois millions et demi d’entre eux exterminés (les statistiques situent ces exterminations à 300-350 000)

P.R. Dit : « il faut comprendre les victimes animées par un ressentiment à la mesure de ce qu’ils ont souffert et le coupable est le juge qui les a crus ». De nombreux documents montrent que généraux ou simples « SS » ont souvent rendu compte que leur unité a exterminé des milliers de juifs pensant que ces récits sauveront leur vie, cela va de soi dit P.R. Et n’appelle aucune explication.

P.R. Donne quelques exemples des profiteurs des camps de concentration et montre qu’aucun journaliste n’a essayé de démêler le vrai et le faux dans toutes ces questions. Des « spécialistes » ont fait de nombreuses erreurs, les historiens interprètent les moments historiques, périodes où il est proposé à l’homme une infinité de problèmes et il en est même que l’homme peut cotoyer toute une vie sans soupçonner leur existence.

P.R. Rappelle l’origine de l’anti-sémitisme dans le national socialisme.

Une partie importante du livre est consacrée aux témoins et aux témoignages : compte-rendus de procès, roman chez la portière à propos du Cyclon B, chiffres fantaisistes des témoignages comme celui du hongrois M. Nyzli, publicité littéraire, etc… La plupart de ces gens sont plus des accusateurs que des témoins, ils veulent surtout des réparations encore plus substancielles. Il n’y a pas lieu d’être historien pour faire partie de la commission des crimes de guerre de Varsovie, il suffit d’être communiste.

La dernière partie du livre est sans doute la plus importante, mais elle nous dépasse, ce sont de nombreuses statistiques sur la population juive, de nombreuses références, c’est l’effort de l’historien dans la recherche de la vérité. P.R. Dit : « la politique se fonde généralement sur des conjonctures élaborées presque toujours en fonction des intérêts personnels des politiciens qui les autorisent ».

Contrairement à ce que la plupart des journaux « résistants » que nous connaissons ont affirmé, P.R. Ne nie pas les camps des concentration, il ne nie pas l’extermination des juifs. Il considère qu’un million et demi de juifs environ ont été victimes du nazisme, il estime que ce nombre est déjà suffisamment horrible et qu’il est inutile de vouloir simplifier démesurément comme l’ont fait de nombreux auteurs donnant de six à dix millions de juifs exterminés.

Le but du livre semble une recherche de la vérité, une recherche de la vérité historique. Pour quels motifs faut-il ajouter encore à l’horreur de la guerre ? Quels sont les buts des falsificateurs de cette vérité ?

Par ses idées, par ses recherches, P.R. Veut démontrer qu’aujourd’hui encore, au milieu du Xxème siècle que ce sont les vainqueurs qui ont toujours raison et qui écrivent l’histoire à leur manière comme depuis des millénaire, ils tirent toujours la couverture à eux. Les vaincus sont toujours chargés des plus grands crimes.

Livre très controversé, livre qui déclenche les passions dans la presse, mais livre qu’il est intéressant de connaître en ce qu’il essaye de rejeter n’importe quel mythe.

I.C.O. N°40 juin 1965
http://www.la-presse-anarchiste.net/IMG/pdf/ICO_40.pdf

DES CRITIQUES

d’un camarade de Paris :
« (…) Pour en revenir au racisme, au néo-nazisme, je suis désolé, mais ça existe encore et je crois qu’on peut encore revenir sur ces sujets, quitte à se faire traiter de « néo-résistant », qui sait ? Parce que sous prétexte de l’anticonformisme signalé plus haut, certains copains de notre « I.C.O. » ma paraissent y aller un peu fort dans leurs jugements en vous exécutant en deux traits de plume, alors qu’on est beaucoup plus disert sur les ouvrages du très discutable Rassinier, par exemple. Mais cela est une autre affaire et comme je n’aime ni les procès ni le résistancialisme… »

d’un camarade des Alpes Maritimes :

«  J’ai reçu le dernier numéro d’I.C.O. Très bon ces articles sur le Vietnam et la question nationale. Cela peut provoquer des discussions mais ne peut faire crier au scandale.

«  Par contre, bien que mesuré, le papier sur le livre de Rassinier n’est pas heureux. C’était un sujet à éviter car il est absolument impossible de contrôler l’importance exacte de l’hécatombe juive. Je crois qu’il faut laisser à Rassinier son travail d’historien. Pourquoi donc a-t-il entrepris cela ? Je me le demande. Il y a assez de nazis et même simplement de bons bourgeois allemands pour de telles recherches.

Je ne connais pas Rassinier personnellement, j’ai simplement été en correspondance avec lui, en 1933, lors de notre conférence d’unification de l’opposition de gauche. Il venait de créer la Fédération de l’Est, ayant entraîné une majorité des communistes de la région de Belfort. Peu après, il se lie avec le groupe Souvarine et puis, plus rien, jusqu’à la guerre. Je n’ai pas lu son livre sur les camps, je ne peux donc pas juger de l’homme. C’est le fait de s’attaquer à un tel sujet qui me fait tiquer. Lorsque je dis qu’il est impossible de calculer le nombre de juifs exterminés ou disparus je parle par expérience. D’abord au camp, Sachsenhausen-Oranienburg) qui remplaça Auschwitz pendant l’hiver 44-45. Il s’agissait des juifs hongrois que jusqu’alors Horthy n’avait pas livré aux Allemands. Ils arrivèrent par convois, parfois presque tous morts, gelés dans les wagons. Une fois les cadavres furent entassés dans le blok 6 où ils restèrent deux jours avant d’être emmenés au crématoire ou dans des fosses. Tout cela se passait dans la hâte, la pagaille, les bombardements quotidiens de jour et de nuit. Pour ceux qui arrivaient, combien de morts en route, surtout au cours de marches jusqu’à une gare lointaine où se formait un convoi. Si je tiens compte de renseignements partiels, même impossibilité de compter les victimes…

« Ces exemples de régions différentes : Bessarabie, Bukovine, Pologne, Hongrie, France, et bien d’autres recoupements que j’ai pu faire m’ont induit à penser que si les chiffres de 5 à 6 millions étaient un peu forcés, il n’étaient pas cependant pas réductibles au chiffre de Rassinier. Bref, c’est ‘pourquoi ce livre’ qui m’inquiète, beaucoup plus que les exagérations des exploiteurs de cadavres. »

« Pour vous donner une importance du camp de Sachenhausen, je vous rappelle que ce fut le premier créé par les nazis dès 1935. Ce fut aussi le plus meurtrier. Récemment encore je relevais ces chiffres 120.000 morts à Saxo, près de 60,000 à Buchenwald et 35.000 à Dachau. – Les premiers convois de français arrivèrent à Saxo en février 1943. Ils eurent des numéros de 53 à 55.000. Nos deux convois de mai 1943 eurent des numéros entre 64 et 66 .000. Et en décembre 44 et janvier 45, nous vîmes les premiers 200,000. Or, le camp central et ses commandos ne s’étaient pas agrandis. Quelques dizaines de milliers de détenus avaient été envoyés sur Buchenwald et Dachau, mais le reste était passé au crématoire. Cela indépendamment des juifs qui eux, n’étaient pas numérotés. Cette immatriculation à l’arrivée était réservée aux détenus. Les juifs et disait-on les ‘terroristes’, n’entraient pas dans le camp. Leurs colonnes filaient par le chemin de ronde vers le crématoire. Nous l’avons vu le temps que nous somme restés au camp central (quelques semaines) avant d’être affectés au commando Heinckel. Etaient-ils enregistrés, comptés ? Mystère. En tout cas, tous ceux morts, ou abattus (les traînards) le long des routes n’ont sûrement jamais été dénombrés ou connus. Donc beaucoup de vieux et d’enfants d’abord, et tous les faibles. Nous savons ce que ces marches ont pu être meurtrières. Celle de deux semaines qui nous mena de Saxo au sud de Lübeck causa la perte de 25% d’entre nous. Chiffre obtenu en calculant d’après le nombre de morts visibles le long de la route et qui allait croissant de kilomètre en kilomètre. Il se réduisit les quatre derniers jours après l’accord passé entre le prince Bernadotte (la Croix-Rouge) et les S.S. Les traînards n’étaient plus abattus.

« Bref pour les juifs, le seul recensement possible des ‘disparus’, des ‘manquants’ n’a pu être fait que longtemps après la guerre dans les régions qu’ils habitaient auparavant. Mais presque tous avaient changé de nationalité. Il y a aussi des ‘disparus’ qui pourraient être retrouvés en Israël et partout dans le monde. Quelques milliers sans doute. Quant aux chiffres d’origine allemande, zéro. Pour un passé au crématoire, deux ou trois morts autrement. Mais je ne sais où Rassinier a pris ses chiffres, je parle dans le vide. »

I.C.O 41, juillet 65
http://www.la-presse-anarchiste.net/spip.php?article2140

« à la suite de la polémique qui a suivi la critique du livre de Rassinier (I.C.O. N° 39 et 40) nous avons reçu une longue lettre d’un camarade d’Israël et un texte de deux pages de Rassinier où il défend ses positions. Les textes seront discutés par les camarades d’I.C.O. après les vacances. »

I.C.O 42, octobre 1965

«  A la suite d’une note de lecture sur le « drame des juifs européens (I.C.O. N° 39 – mai 65, p. 9) et de controverses (I.C.O. N° 40, juin 65, p. 13-14) nous avons reçu de l’auteur, Paul Rassinier la lettre suivante :

‘ Merci de m’avoir envoyé I.C.O. Au fait, puisqu’on parle de moi dans cette publication, peut-être m’y donnerait-on la parole. Si oui, voici un texte. Je sais bien que je devrais l’envoyer à … Blachion, mais je ne le connais pas. Vuex-tu le lui transmettre. Il en fera ce qu’il voudra.

‘ Je ne peux pas dire qu’ I.C.O. M’emballe. Sympathie pour un effort qui me paraît honnête mais au dessous du niveau exigé. En matière de syndicalisme, mon opinion est que le moment est venu de passer du syndicalisme des producteurs désormais sans objets au syndicalisme des consommateurs. Comme toutes les opinions, ce n’est qu’une opinion. Elle a ses références et surtout elle est mienne. A mon sens tout le reste n’est plus que littérature dépassée par les circonstances.’ 

Dans le texte de deux pages joint à cette lettre, P. Rassinier donne les raisons pour lesquelles il a écrit son livre, les mêmes pour lesquelles il vient d’écrire un livre sur Pie XII : souci de la vérité historique. Nous pouvons communiquer ce texte à tout camarade qui nous en fera la demande, mais les camarades de Paris ont estimé préférable de ne pas le publier pour mettre un terme à une controverse sur laquelle l’essentiel a été dit. De même pour une lettre d’un camarade d’Israël, plaidoyer enflammé de la cause juive contre Rassinier. »

I.C.O 43, novembre 1965
http://www.la-presse-anarchiste.net/IMG/pdf/ICO_43.pdf

« III – Critique des bulletins :

toujours à propos de Rassinier dont la grande presse a parlé récemment un camarade a observé que le dernier compte rendu ne reflétait pas suffisamment l’unanimité et le refus des camarades d’avoir un dialogue quelconque, un autre qu’il eut été préférable de n’en plus parler du tout. »

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