Un grand témoin

Dans « Paraz le rebelle », Jacques Aboucaya cite longuement un article de Paul Chambrillon (revue Eléments n°89 de juillet 1997).

Le souci du détail atteste de l’authenticité du récit, comme cette précision post-antécélinienne : ‘ Nous étions assis autour d’une table basse.’

Ces gens-là sont bien élevés : ils savent où il est permis de cracher !

« Une association des « Amis de Paraz » s’était constituée à l’initiative de Paul Rassinier, dont on connaît les livres. Arsène Paraz me suggéra de verser mon petit reliquat à ladite association, à laquelle j’avais d’ailleurs (sottement) adhéré. J’écrivis aussi sec à Rassinier. Quelle ne fut pas ma surprise, comme on peut lire dans les romans antécéliniens, de recevoir une réponse du président Rassinier m’enjoignant de lui adresser fissa… le détail des comptes de mon opération en justification de mon versement. J’en restai coït, comme dit Samuel Beckett. Passons sur la lettre que j’envoyai alors à Rassinier, qui renvoyait celui-ci à ses chères études concentrationnaires et, accessoirement, à quelques divertissements plus intestinaux.

Tout cela tourna on ne peut plus mal. Ce que voyant, Mme Bimont s’entremit et suggéra une rencontre au coquet domicile de Paul Rassinier, en banlieue nord. Ainsi fut fait. Nous étions assis autour d’une table basse. Après quelques répliques, Rassinier, curieusement, jugea utile de me traiter d’ »escroc ». Peu sensible à la saveur imprévue du propos, je me fâchai et, bien que peu bagarreur, je ressentis le besoin de fesser les joues de mon hôte, lequel se sauva comme un lapin autour de la pièce en hurlant qu’il était un ancien député et qu’il allait appeler le commissaire de police du lieu qui était « un de ses amis »… Au physique, Rassinier était un « petit châssis » du genre Funès, mais un Funès triste.

Affolée par la tournure prise par son initiative, Mme Bimont se jeta les bras en coix entre les combattants et nous sortîmes enfin, sans que je juge bon de saluer ce curieux polichinelle ».

On n’est jamais si bien servi que par soi-même, et ce récit, authentifié par la table basse encore visible, dit-on, aux puces de Saint-Ouen, donne la part belle à Chambrillon. Pourtant, en dépit du peu d’années que dura l’association des “Amis de Paraz”, Aboucaya précise que Rassinier en était le “Secrétaire-trésorier” et Chambrillon le “Secrétaire-adjoint”.

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