Bulletin Communiste

http://www.bibnumcermtri.fr/IMG/pdf/14e_annee_no32-33_juillet_1933_.pdf
L’ex-bolchévisateur dont le C.C.D. assure s’être défait n’est autre qu’Henri Jacob.

A noter dans le même numéro aux pages 541 à 543 une déclaration commune C.C.D et F.C.I.E

Le Bulletin Communiste, 14e année, n°32-33, juillet 1933, p.559-560, rubrique « Entre nous »

“A propos du Travailleur, il importe de dissiper l’ombre d’une équivoque : d’aucuns ont insinué, par malveillance, que nous aurions composé avec un ex-bolchévisateur, installé à Belfort. C’est tout à fait inexact. Nous avons refusé, au contraire, d’avoir la moindre relation de ce genre et n’avons consenti à collaborer au journal que sur l’assurance catégorique d’une sorte d’auto-liquidation du personnage. En effet, l’épuration s’est accomplie en quelques semaines. Nous n’avons jamais eu et n’aurons jamais rien de commun avec les gens de la bolchévisation. Il n’est pas difficile de faire la distinction entre trompeurs et trompés.

Certains camarades, surtout des jeunes, viennent nous dire à présent qu’il est impossible de tenir éternellement rigueur à des bolchévisateurs repentis. A quoi nous répondons : il y a des crimes que rien n’efface, sinon le temps et la disparition des criminels. Le seul service que peuvent rendre les ex-bolchévisateurs, c’est de ne plus jamais se mêler à nos affaires. Au surplus, nous n’en connaissons pas qui regrettent leurs actes, qui se soient rétractés, qui aient essayé de réparer le mal dont ils sont coupables. La moindre sincérité les pousserait à s’exprimer à haute et intelligible voix, pour soulager leur conscience. Or, on ignore encore en 1933 de qui et de quoi il s’agit, sinon par des propos réticents et malhonnêtes destinés à tromper de jeunes militants, et dont il ne reste ensuite ni traces, ni témoins.

« Je pardonne tout, mais je n’oublie rien », disait Guizot dans une formule frappante que nous avons reprise à notre compte et souvent rappelée, au cours des dernières années. Aucun sentiment vindicatif ne nous anime contre des ennemis pour la plupart méprisables. Mais nous ne pouvons oublier la désastreuse expérience qui a perdu le grand mouvement de la IIIe Internationale et saurons veiller à ne pas laisser contaminer l’embryon du mouvement futur. C’est à contre-coeur qu’il nous arrive de fouiller dans le passé pour préserver l’avenir de nos idées. Ces histoires ne nous amusent ni ne nous intéressent. Mais nous vaincrons ce dégoût, chaque fois qu’il le faudra, pour repousser toute immixtion indésirable. D’où la rubrique, inaugurée dans ce fascicule : Chacun à sa place. Avis aux amateurs, agents de la bolchévisation première et deuxième cuvées.

Au cours des années de bolchévisation, il y a eu bien des incidents, bien des conflits, bien des disputes. En règle générale, notre attitude consiste à n’y pas faire écho, même pour nous défendre ou nous justifier. Il est très rare que nous ayions répondu à une attaque (et quand cela nous est arrivé, à titre exceptionnel, ce fut toujours comme concession à ceux de nos amis qui trouvaient plus d’inconvénients que d’avantages à garder le silence). Non pas par esprit tolstoïen, mais pour ne pas contribuer à alimenter le découragement qui a détourné du mouvement tant de camarades. Et aussi par une propension naturelle à ne pas perdre son temps à des misères. Mais pour la bonne règle et dans l’intérêt d’un parti futur, il y a un dossier : Diffamations-Calomnies-Injures, où s’empile une masse imposante de documents. Beaucoup n’ont jamais été lus en leur temps, car il suffit de se rappeler titres et signatures… On consultera ce dossier, chaque fois que ce sera nécessaire. Comme il n’existe pas de tribunal correctionnel pour trancher une bonne fois ces questions à mesure qu’elles se présentent, ne devrait-on pas, à défaut, introduire dans nos milieux et dans nos moeurs la pratique du « jury d’honneur », permettant de faire justice, sur le champ, d’une calomnie et, du même coup, d’un calomniateur ? Cela retiendrait peut-être sur la mauvaise pente les cyniques et les fourbes qui se croient tout permis sous prétexte que « c’est de la politique », et prennent de grands airs supérieurs pour toiser les « moralistes » de notre espèce. Dans cet ordre d’idées, il faudra faire bientôt des propositions pratiques.

Nous avions prévu un numéro de 16 pages, avec une Table des matières. En voici un de 32 pages, sans la Table. Beaucoup de textes se sont accumulés en trois ans au cours desquels notre rédacteur, rendu indisponible par l’impécuniosité des temps, absorbé dans de pénibles besognes ne laissant ni loisir, ni aucune liberté d’esprit, n’a pu rien publier, hormis sa contribution à la Critique Sociale et au Travailleur. Mais nous ne sommes pas découragés ni intellectuellement fatigués, nous sommes simplement fauchés. Il y aura donc au moins un n° 34 encore, et peut-être même un n° 35, pour peu que nos amis répondent à notre appel et participent à la souscription ouverte à l’occasion de la sortie de ce numéro-ci. Envoyer les fonds à E. Lienert, 3, allée de l’Alma, le Perreux (Seine).”

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