avec la Fédération unanime (…)

“Mais je dois te dire que tous les copains sont pour la réintégration au prochain congrès.

Demande à la base d’une réintégration de Rassinier à la S.F.I.O. en 1955

Christian Caillieret (alors secrétaire administratif de la SFIO) fait parvenir le 3 mai 1955 à Georges Brutelle, alors secrétaire général adjoint, un florilège des demandes reçues des secrétaires de Fédération locales. Ici, extrait de la lettre de Roger Lagrange, secrétaire fédéral de Saône et Loire, reçue par Caillieret le 28 avril 1955 :

« Un dernier point sur lequel je te demande une réponse rapide : tu n’as pas oublié certainement l’affaire Rassinier. Or, ce camarade demande sa réintégration au Parti et la fédération a toujours été unanime pour le soutenir. Je suis sans doute un de ceux qui sont le plus fermement opposés à ses positions de principe (CORMIER se souvient sans doute d’une discussion que nous avons eue avec lui à MACON) mais je lui ai conservé toute mon estime et le revois, de temps à autre. Quand j’écris qu’il demande sa réintégration, j’exagère un peu : il accepte que la section de MACON et la Fédération représentent son ancienne demande qu’il considère toujours comme valable, et, avec la Fédération unanime, je pense, surtout après le règlement de la question des Accords de Londres, qu’il serait opportun de profiter du prochain Congrès où sera examinée la question des 17 pour revoir la question Rassinier et le réintégrer. Qu’en penses-tu ? Prévois-tu des difficultés insurmontables ? S’il en était ainsi, mon avis personnel est qu’il vaudrait encore mieux patienter. Mais je dois te dire que tous les copains sont pour la réintégration au prochain congrès. »

17 députés SFIO avaient été exclus du parti en février 1955 pour avoir refusé de voter les accords de Londres et de Paris instituant la Communauté européenne de défense (CED) et qui marquent la fin de l’occupation de l’Allemagne, son réarmement et intégration de l’OTAN.

Réponse de Georges Brutelle, directement à Lagrange, le 13 mai 1955 :

« (…) Je te donne franchement mon avis, puisque tu me le demandes : Il me semble qu’il est encore trop tôt pour envisager de poser la question au Congrès de cette année. Tu te rappelles sans doute l’émotion qu’a causée dans le parti – et particulièrement dans les milieux d’anciens déportés – la publication du livre de Rassinier.

L’affaire ne remonte pas si haut, et je craindrais des remous certains, et un refus du Congrès, si la demande de réintégration était posée en juillet. Mieux vaut donc patienter encore un peu pour éviter un réveil pénible des passions que nous avions connues alors. »

Eléments extraits d’un dossier « Rassinier » dans les archives de l’Ours. Ce dossier, étonamment maigre, ne contient pas les correspondances entre Brutelle et Rassinier précédant l’exclusion de ce dernier.

Ne s’y trouvent qu’un échange entre Rassinier et Brutelle au sujet de l’incompatibilité statutaire de l’appartenance aux comités des « combattants de la Paix et de la liberté » de Yves Farges (10 et 14 juin 1949), la photocopie d’une page du mémoire de Maîtrise d’histoire contemporaine de Noëlline Castagnez « Les Paul-Fauristes après la libération », l’interview donnée par Nadine Fresco à la Révolution Prolétarienne après la sortie de son livre et d’autres coupures de presse de la même époque. Egalement un autocollant « Rassinier avait raison » scotché sur une feuille A4 avec la mention « Métro Assemblée nationale » à la date du 26 octobre 1994…

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