La Voix du Combattant


“S’il y a des A.C. À Belfort, il est à souhaiter que depuis longtemps ils ont botté les fesses de Mr Paul Rassinier (…)”

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6370190m.image.langFR.r=la%20voix%20du%20combattant%20paris

La Voix du Combattant et de la Jeunesse
Organe hebdomadaire de l’Union Nationale des Combattants
« Unis comme au front »
Samedi 10 juin 1939 page 3

De la liberté à la licence

Nous laisserons-nous salir sans réagir ?

La France est le pays de la liberté.

C’est aussi celui de la licence.

Chacun a le droit de professer et d’exposer la conception qui lui plaît, même si cette conception va à l’encontre des intérêts généraux du pays.

Il est cependant un certain nombre de gens à qui on aimerait botter les fesses.

Ce sont ceux qui, sous couvert de défendre des idées s’en prennent à des collectivités.

S’il y a des A.C. À Belfort, il est à souhaiter que depuis longtemps ils ont botté les fesses de Mr Paul Rassinier qui, dans le Territoire de mai 1939 – c’est une revue éditée à Belfort et dont le directeur est René Naegelen – c’est assez dire que cette revue est d’essence socialiste – ne craint pas, sous le titre « Les maquignons de la candeur et de la crédulité populaires » d’écrire ce qui suit :

Si demain quelqu’un se levait et déclarait qu’il faut sans délai mettre sac au dos, rejoindre la ligne Maginot et s’aligner en position de combat pour défendre la liberté par les armes, immédiatement, le « grand troupeau » se reformerait docile et résigné et se mettrait en marche, partant de toutes les capitales du monde.

Ce n’est déjà pas mal ; mais il y a mieux et qui nous concerne particulièrement nous, combattants :

Les vieux, les anciens combattants ont gagné la guerre selon Clemenceau et la Madelon mais il ont perdu la tête. Quand j’étais un gamin d’une douzaine d’années, je les ai vus revenir avec le fameux habit marron et de la paix plein la bouche.

Cinquante-deux mois de tranchées en avaient fait des pacifiques. Aujourd’hui, ils entretiennent le moral et si les jeunes hésitaient quelque peu, ils les pousseraient au massacre… Car eux, dans leur grande majorité, ils ne partiraient plus : tout au plus donneraient-ils un coup de main à l’autorité compétente pour la mobilisation de leurs fils dont après coup ils feraient ramener du front et enterrer décemment les restes le coeur gonflé de larmes de crocodiles… En somme, ils nous feraient à nous ce que leurs vieux et anciens combattants à eux leur ont fait en 1914.

Et pourtant, ils ont vu de leurs propres yeux, payé de leur propre chair. Et depuis vingt ans, on leur en a fait des proclamations, des films et des romans !

Ils ont tout oublié.

Ils sont prêts à nous faire partir comme ils sont partis.

Rien ne peut leur dessiller les yeux, les foules sont inéducables.

Et encore plus loin :

Et tout le monde marcherait, les cabotins des la politique à leur poste, c’est-à-dire à l’abri et les vieux, les anciens combattants, en queue, poussant le drapeau et ranimant les énergies défaillantes.

Est-ce que cela vous suffit combattants mes frères ?

Paul Rassinier vous a fait la part belle. Tout ce qui pouvait nous être le plus odieux, il nous l’a servi.

Il a aussi, par ailleurs, bien servi le roi de Prusse ou celui qui en tient lieu.

Si nous avions un ministère de la Sécurité nationale, il aurait très certainement des comptes à demander à l’auteur de ces lignes qui, sans se gêner – et sans être gêné – conseille pratiquement aux Français de rester chez eux quand les Fritz envahiront notre territoire.

Mais chacun sait qu’il n’y a pas de ministère de la Sécurité française, que chacun a le droit de démolir l’édifice, même éventuellement de se faire aider par l’étranger.

Car la liberté chez nous est devenue licence.

Le ministre de l’Education nationale aurait aussi son mot à dire, l’auteur de l’article étant instituteur. Le ministre craint-il qu’on lui rappelle certain fâcheux papier de jeunesse ?

A défaut, le président du Conseil, ministre de la Défense nationale n’interviendra-t-il pas ?

Si l’on veut que la France se relève, il faut en prendre les moyens. Avant d’entreprendre la guérison du malade – et pour obtenir celle-ci – le médecin commence par s’attaquer aux microbes.

Les microbes abondent en France. Quant à s’attaquer à eux, bernique. Politique, politique !

Nous en crèverons.

Gabriel BERTHAU »

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