Civilisation sans tête


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La Voie de la Paix, n°41, juillet 1955, p.2

Qui sème le vent…

Par Paul RASSINIER

Il est entendu que nous sommes allés en Algérie au siècle dernier, plein de bonnes intentions, que nous y avons porté une civilisation qui nous donne droit à la reconnaissance des indigènes et que tout ce qu’on raconte sur la façon dont nous nous sommes installés là-bas, les horreurs en tous genres, vols, viols, incendies, pillages, tortures, etc…, est absolument faux.

En 1831, par exemple, le général Boyer déclarait : « qu’il faut civiliser les Arabes par des moyens hors la civilisation ».

En avril 1832, le gouverneur militaire d’Alger est Savary, duc de Rovigo : il envoie ses soldats surprendre la tribu des El Ouffias, tous sont massacrés. « Au retour nos cavaliers portaient des têtes au bout de leur lances. »

Ce qui suivit cette déclaration et cette initiative était si manifestement faux que, le 7 juillet 1833, une commission d’enquête nommée par le roi Louis-Philippe, pouvait déclarer dans son rapport :

« Nous avons envoyé au supplice sur un simple soupçon. Nous avons massacré des gens porteurs de sauf-conduits. Nous avons mis en jugement des hommes réputés saints du pays, parce qu’ils avaient assez de courage pour venir s’exposer à nos fureurs, afin d’intercéder en faveur de leurs malheureux compatriotes ; il s’est trouvé des juges pour les condamner et des hommes civilisés pour les exécuter. En un mot, nous avons débordé, en barbarie, les barbares que nous devions civiliser. »

Dans la suite, la conduite des armées françaises reste résolument au-dessus de tout éloge.

En février 1841, le général Bugeaud est nommé gouverneur. Il déclare:

« La guerre que nous allons faire n’est plus une guerre à coups de fusils. C’est en enlevant aux Arabes les ressources que le sol leur procure que nous pourrons en finir avec eux. »

Le ratissage commence alors, avec des razzias méthodiques. Ecoutons le colonel de Saint-Arnaud (qui sera maréchal ensuite, car c’est un art de tuer, n’est-ce pas?) dans ses « Lettres » publiées en 1858 :

« Nous brûlerons tous les douars, tous les villages, toutes les cahutes. » (5 avril 1842).

« Le pays des Beni-Menasser est superbe et l’un des plus riches que j’ai vus en Afrique. Nous avons tout détruit. » (7 avril 1842).

Et le 5 octobre 1842 il poursuit : « Entouré d’un horizon de flammes et de fumée, qui me rappelle un petit Palatinat en miniature, je pense à vous tous et je t’écris. Tu m’a laissé chez les Brazes je les ai brûlés et dévastés. Me voici chez les Sindgads, même répétition en grand… J’ai commencé à brûler. »

En 1855, c’est un autre, le colonel L. de Montagnac, qui publie ses Mémoires (chez Plon). Ecoutez ce brillant officier : « Cette vie me va sous tous les rapports. Je te dirai tout bas que je crois être proposé pour la Légion d’honneur. J’espère que 1843 me verra avec les épaulettes de leiutenant-colonel. » (3 avril 1841).

De Mascara, 19-12-1841 et 02-02-1842 : « … Les femmes, les enfants, accrochés dans les broussailles, se rendent à nous. On tue, on égorge : les cris des épouvantés, des mourants, se mêlent aux bruits des bestiaux qui mugissent. Comme vous le dites fort bien, mon cher oncle, nous menons ici une véritable vie de brigands…

Aussi nos soldats sont-ils devenus d’une sauvagerie à faire dresser les cheveux sur la tête d’un honnête bourgeois. Il serait vraiment dangereux de faire rentrer maintenant ces bougres-là en France, où l’o ne saurait fournir un aliment à leur énergie. »

le 15 mars 1813 : « Tuer tous les hommes jusqu’à l’âge de 15 ans, prendre toutes les femmes et les enfants ; en un mot, anéantir tout ce qui ne rampera pas à nos pieds comme des chiens. »

« Pour chasser les idées noires qui m’assiègent quelquefois, je fais couper des têtes, non pas des têtes d’artichauts, mais bien des têtes d’hommes. » (Lettre du 12 février 1845.)

Ce comportement qui relève d’un indiscutable raffinement de la civilisation n’a, on le voit, rien de commun avec tout ce que racontent les mauvais français.

Et il est traditionel.

Le Xxe siècle est digne du XIXe siècle, les ratissages du Cap Bon en Tunisie et le tourisme que nous avons récemment organisé dans l’Aurès, ne sont pas autre chose que ce que faisaient ou prêchaient les grands ancêtres, le Duc de Rovigo, le général Bugeaud, le colonel de St-Arnaud, celui de Montagnac, etc…

Ceci est prouvé par des quantités de témoignages.

Alors, de quoi se plaignent les Arabes ?

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Même page :

Conférences

Félicien Challaye fera, le dimanche 16 octobre 1955, à 15h.30 sous les auspices de la Société Les Artisans de l’Esprit, 15, rue de la Bûcherie (Métro Maubert) une conférence sur Savorgnan de Brazza (à l’occasion du cinquantième anniversaire de sa mort : l’explorateur. L’organisateur : souvenirs personnels sur sa dernière mission) Challaye est le dernier survivant de cette mission.

“L’Afrique rend la guerre à qui sème la guerre, mais comme tous les autres pays, elle rend la paix à qui sème la paix.” Savorgnan de Brazza.

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Notre camarade Paul Rassinier a prévu pour octobre et novembre prochain une série de conférences sur les sujets suivants :

– Les problèmes économiques et sociaux de la guerre et de la paix.
– Le Parlement aux mains des banques.
-La littérature concentrationnaire et la vérité historique.

Les sections du C.N.R.G.O. qui désireraient organiser une conférence sur l’un ou l’autre de ces sujets sont priés de se mettre en rapport avec lui, 45, rue de Lyon, à Mâcon.

NOTE IMPORTANTE : – La deuxième et la troisième semaine d’octobre sont retenues par Roanne, Sainte-Etienne, Clermont-Ferrand, Lyon et Mâcon.

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