“Droit” et “Liberté” (2)

INDEX

“Pas se laisser influencer par Droit et Liberté. On les emmerde.”
Lettre de Paul Rassinier à Albert Paraz du 12 octobre 1950:

Quelques autres articles mettant en cause Paul Rassinier dans “Droit et Liberté”, dont les deux réponses à “Ulysse trahi par les siens” par Olga Wormser. Sans commentaire.

La collection en ligne du journal du MRAP n’étant pas complète, on ne peut que supposer qu’aucun droit de réponse ne fut accordé à Rassinier, malgré les nombreuses mises en cause et questions directement à lui adressées.

Nous donnons donc, à défaut, en fin de page, la traduction d’une lettre en réponse à un article paru dans le journal américain The Nation dont nous n’avons pas obtenu l’original. Cette lettre ne fut pas publiée.

Droit et Liberté, n° 202, 15 octobre – 15 novembre 1961, p.4.

SIX MILLIONS…

Olga WORMSER répond aux campagnes tendant à faire oublier les crimes nazis

LE double jeu de l ‘histoire a fait resurgir en marge du procès Eichmann, la légion des aboyeurs à la mort : tous ceux qui pour se consoler des résultats « incomplets » de la « solution finale », pour se consoler que le docteur Clauberg n’ait que très partiellement appliqué ses méthodes de stérilisation de la race juive, pour se consoler que la relation des crimes d’Eichmann et du nazisme soient devenus le « best-seller de 1961, adoptent l’attitude de la négation totale : il n’y a pas eu de massacre des juifs, puisque, hélas, il reste des juifs, la « solution finale » ne signifiait pas la mort, puisque le mot juif n’a pas été rayé du vocabulaire mondial.

La vérité pour M. Rassinier et ses amis, c’est que les juifs se sont ligués pour accuser de monstrueux forfaits les pauvres nazis innocents qui ne leur ont jamais cherché noise. Pour mieux se faire plaindre, ils ont sans vergogne, gonflé le chiffre de leurs victimes pendant la deuxième guerre mondiale – qui ont succombé de mort naturelle, bien entendu!

ULYSSE N’A PAS MENTI !

Ces affirmations glanées dans une certaine presse, ne les croyons pas nées d’une imagination délirante. Il suffit de les analyser quelque peu, pour comprendre que si Rassinier et ses émules ergotent sur le nombre des victimes juives durant la deuxième guerre mondiale, ce n ‘est nullement par scrupules d’historiens
.
Dans son premier livre « Le mensonge d’Ulysse », Rassinier s’était efforcé de démontrer que le personnel d’encadrement détenu était seul responsable des morts multiples dans les camps, comme si les nazis n’avaient pas délégué aux « droits communs » leur pouvoir de crime, comme si la résistance dans les camps n’avait pas essentiellement consisté à arracher aux « droits communs » le contrôle intérieur de la vie du camp – même s’il se trouva quelques brebis galeuses parmi les politiques. Il est bien évident que les nazis gardèrent le contrôle suprême, même s’il n’est pas donné à tous de savoir résister à la contagion du crime.

Dans son dernier ouvrage « Ulysse trahi par les siens », Rassinier se mue en « Saint Thomas de la statistique » ou plutôt en « Monsieur Homais de l’Histoire », mettant en doute les chiffres qu’il n’a pu contrôler lui-même et tous les cadavres qu’il ne lui a pas été possible de compter.

DES MONTAGNES DE CHEVEUX

Dès après la guerre, les milieux néo-nazis nièrent l’existence même des camps, expliquèrent que Dachau avait été construit par les Alliés à l’intention des S.S. Et des soldats Wehrmacht prisonniers. Le machiavélisme de Rassinier c’est de dénier toute valeur non seulement aux chiffres fournis par les gouvernements et les organismes officiels, mais à ceux-là mêmes fournis par les bourreaux. Il conteste l’authenticité des Mémoires de Hoess, le commandant d’Auschwitz (Nous lui indiquons bien volontiers qu’il pourra consulter leur original au crayon dans les archives du musée d’Auschwitz accessibles non seulement aux « communistes notoires » comme il le prétend mais à tous les chercheurs. Une équipe du Service International de recherches d’Arolsen, des employés du Ministère des Anciens Combattants, ont pu à loisir microfilmer les documents intéressant leurs ressortissants.) Donc, d’après Rassinier, Hoess à inventé les ordres d’Himmler pour la construction des crématoires.

Que M. Rassinier consulte également dans les archives d’Auschwitz, tous les ordres de construction, tous les protocoles échangés entre les dirigeants nazis et les firmes pour la construction des chambres à gaz – toute documentation originale, officialisée, recensée.

Il ergote avec un simplisme déconcertant sur le fait que, ayant vu la « soi- disant chambre à gaz » de Mauthausen et la jugeant impropre à son objet, celles d’Auschwitz, qu’il n’a pas vues, ne pouvaient être plus adéquates! Pourtant plus de lOO.OOO juifs français sont partis pour Auschwitz, dont moins de 5000 sont revenus, la proportion est la même pour la Belgique et la Hollande, plus totale pour la Hongrie. Le Centre de Documentation Juive Contemporaine possède la majeure partie des fiches de départ de Drancy, les associations de déportés et le Ministère des Anciens Combattants, le chiffre des rentrants. M. Rassinier peut consulter « les preuves sur papier ». Nous ne parlons pas des tonnes de cheveux d’Auschwitz emballées en sacs à trois pfennigs le kilog, ni des montagnes de chaussures, ni des millions d’or et de bijoux recensés par les agents de l’opération Reinhardt et dont les listes originales se trouvent à Maïdanek ou à Auschwitz. M. Rassinier les conteste puisqu’il ne les a pas vu, puisqu’il n’ales bûchers, les fosses précédant l’installation des crématoires. Puisqu’il n’a pas vu de ses yeux les 400.000 Hongrois brûlés en août 1944, les 15.000 Tziganes d’octobre, les trains d’enfants de Drancy après la rafle de 1942. Puisqu’il ne les a pas vus, il n’ont pas existé!

PAS DE COUPABLES !…

Après tout, des juifs ont-ils jamais été massacrés par les nazis? On pourrait en douter, à entendre Rassinier. Ou encore un certain Arcand, qui sévit au Canada. Ou M. Hussein Zulficar Sabri, membre du cabinet de Nasser.

Selon Arcand, il n’y a au que 600.000 juifs morts pendant la dernière guerre et pas du tout exterminés mais « exécutés légalement, militairement », quand ils eurent le mauvais goût de se révolter dans le ghetto de Varsovie. En des termes que Rassinier doit jalouser, il déclare : « Comment pouvez-vous prouver qu’il y a eu six millions de juifs assassinés? Les avez-vous comptés vous- mêmes? Si les juifs sont morts, c’est aussi parce que les bombardements alliés détruisant les entrepots allemands de vivres, ont empêché l’approvisionnement normal des nombreux juifs et autres sous-alimentés ».

Les responsables de publications éditées en langue hongroise en Allemagne occidentale et à Londres, surpassent en ignominie Rassinier et Arcand parce qu’ils laissent mieux encore paraître le bout de l’oreille.

Le 25 juin 1961, l’une de ces publications, «Hidfö » affirme que les chambres à gaz sont une invention des juifs. Mais, en même temps une autre fait l’éloge d’un complice hongrois d’Eichmann dans le massacre des juifs de Hongrie. Elles s’élèvent contre la capture d’Eichmann au nom du droit international!

S’il doit mourir ce n’est pas parce qu’il a commis des crimes de guerre, mais « parce qu’il a voulu dire la vérité sur la question des cinq millions de juifs. Cette dernière hypothèse est la plus vraisemblable car la légende de l’horreur peut continuer à vivre tant que l’on n’aura pas tiré des Allemands le dernier sou des indemnités… » (« Hidfö », 25 juin 1960)

Serait-ce donc pour une question de gros sous que les antisémites chercheraient à minimiser le nombre des victimes du génocide : explication trop simple. Le même « Hidfö » écrit : « Tout est permis aux juifs, rien n’est permis contre eux. Tel est le tout dernier paragraphe de la morale internationale ou plutôt de la double morale vieille de 6.000 ans. »

Ainsi les chambres à gaz n’ont jamais été construites, ainsi les juifs n’ont jamais été persécutés, et les nazis ne sont pas coupables, ainsi il n’y a jamais eu 6 millions de morts – ce chiffre sur lequel ergote Rassinier établissant péniblement que l’on n’a jamais pu gazer 6 millions de juifs à Auschwitz.

LE COMPTE D’ EICHMANN

Comme si on avait jamais prétendu cela. Comme si, dans leurs décomptes, les bourreaux ne comptèrent pas dans les 6 millions aussi bien les gazés d’Auschwitz que ceux des autresVernichtungslager de Pologne, que les exterminés par toutes les manières dans les ghettos de Pologne, les villages de Russie, de Hongrie, de Roumanie, de Grèce, etc.

Au nom de quel impératif, Eichmann lui-même aurait-il truqué les chiffres dans ses rapports à Himmler? Pour ne pas susciter le courroux du grand maître de la mort en lui avouant qu’il n’avait pas réussi à pousser la « solution finale » jusqu’au bout? Donc le grand maître de la mort exigeait bien que le résultat de la « solution finale » fût le génocide total, et tous ses complices, du reste, s’acharnaient à lui faire plaisir, qu’il s’agisse des Röthke établissant à la main, maison par maison, le total des victimes des rafles des journées de juillet 1942 (voir C.D.J.C) ou d’Eichmann exigeant l’accélération du chiffre des convois.

Que M. Rassinier consulte le document PS 2738 des archives de Nuremberg, Hoettl, fonctionnaire du R.S.H.A. (une des sections du Service de Sécurité du Reich) relate, sous serment ses entretiens avec Eichmann à cette époque Chef de Section IV du R.S.H.A. Dans un rapport rédigé à l’intention d’Himmler, Eichmann déclarait que « dans les différents camps d’extermination, environ 4 millions de juifs avaient été tués alors que deux autres millions avaient trouvé la mort d’une autre manière La plupart avaient été fusillés par des kommandos spéciaux de la Police de la Sécurité pendant la campagne de Russie. Himmler n’avait pas été satisfait du rapport puisqu’à son avis, le nombre des juifs tués devait être supérieur à six millions… »

Ce qui est important pour Rassinier, ce n’est pas que six millions de juifs aient été exterminés mais que certains prétendent que sur ce nombre quatre millions aient été détruits dans les chambres à gaz à Auschwitz. Mensonge intolérable pour Rassinier, puisque ce sont les chambres à gaz annexes de Chelmo, Treblinka, Maïdanek, etc., puisque ce sont les fosses à incinération, les bûchers, la torture, la famine, « l’extermination par le travail », selon la formule du général S.S. Pohl qui ont complété l’oeuvre plus scientifique et plus rapide des chambre à gaz d’Auschwitz.

Comment peut-on manquer à ce point de précision scientifique !…

UNE TRAGIQUE ADDITION

Ainsi toutes les arguties de Rassinier et consorts, toutes les palinodies d’Eichmann pratiquant un chantage éhonté vis-à-vis de ses juges et de l’opinion internationale ne peuvent empêcher que d’après les sources les plus officielles, les spécialistes les plus incontestables (anglais, américains, français), les archives des pays occupés, le chiffre de six millions de juifs exterminés n’apparaisse implacablement historique.

Consultons l’éphéméride de la guerre : 25 juin 1940 : pogromes à Jassy (Roumanie), à Kovno (Lithuanie) ; 1er septembre 1940 : massacre de Kamenets-Podelsk ; 19 septembre : liquidation du ghetto de Titomir (Ukraine) ; septembre 1941 : premier essai d’asphyxie par les gaz à Auschwitz ; 28 septembre 1941 : massacre des 34.000 juifs de Kiev ; 19 octobre : massacre du ghetto de Belgrade ; fin novembre : premier massacre de Rostov : 8 décembre : massacre de 27.000 juifs à Riga ; 22 décembre : massacre de 32.000 juifs à Vilno ; 30 décembre : massacre de 10.000 juifs à Simferopol ; fin décembre : installation de la chambre à gaz de Chelmo près de Posen…

Nous arrêtons cette énumération dans laquelle nous avons volontairement omis les déportations et les exterminations les plus connues.

Mais nous pouvons éventuellement compléter cette liste pour arriver au chiffre de six millions – sans aucun espoir de convaincre M. Rassinier et ses amis.

Car il faut bien qu’ils entretiennent la haine dont nous voyons tous les jours les tragiques effets en France, en Algérie, dans le monde entier pourrait-on dire. Ils ont moins que les nazis le courage de leur opinion. Pour ne pas .avouer crûment : « il faut que les juifs soient détruits », ils préfèrent s’attaquer aux morts plutôt qu’aux vivants : l’arme est plus hypocrite, mais tout aussi dangereuse.

Olga WORMSER

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Droit et Liberté n° 213, 15 octobre-15 novembre 1962, pp. 5 et 11.

Les chambres à gaz sont-elles une « invention » ?

Historienne de la Déportation Olga Wormser répond à une imposture

Quand M. Rassinier jette sur le marché du livre, un nouveau pavé de fiel et de mensonges, la tentation est grande de le laisser sombrer dans l’indifférence, de ne pas lire les proses enthousiastes que lui consacrent aussitôt ses « frères spirituels » de « Rivarol » par exemple. Mais plus de vingt and se sont écoulés depuis le génocide nazi, les témoins peu à peu disparaissent, la tragédie recule dans les archives de l’histoire. Nous pensons aux jeunes qui tomberont par hasard sur la prose de M. Rassinier, aux gens de bonne foi qui se laisseront prendre à l’appareil faussement scientifique de ses preuves.

Faute d’avoir le temps matériel de dénombrer méticuleusement ses fausses vérités historiques espérant que notre thèse à venir lui apportera en bloc des démentis irréfutables, par quelques exemples choisis au hasard, le montrer de quelle obsession procède la méthode de M. Rassinier.

Où sont les chambres à gaz ?

Rappelons que dans le « Mensonge d’Ulysse » il voulait prouver que les morts de Buchenwald étaient les victimes de la direction clandestine communiste et non des S.S. Ayant épuisé ses arguments, il trouve une autre machine de guerre : le génocide des juifs est une invention non seulement des communistes mais de tous les alliés d’autrefois, pour étouffer l’Allemagne nazie sous une écrasante culpabilité. M. Rassinier aurait montré plus de suite dans les idées en enfourchant toujours le même dada : à Auschwitz-Birkenau aussi il y avait une direction clandestine à prédominance communiste. S’il a renoncé à ce bouc émissaire, c’est qu’il ignore tout du problème d’Auschwitz. Il ignore que Auschwitz I « le camp modèle », construit en dur se trouvait à 4 kilomètres de Birkenau. Il confond le crématoire d’Auschwitz I, que visitent aujourd’hui les touristes, avec des « chambres à gaz reconstituées ». Il n’y a pas de chambres à gaz reconstituées à Birkenau., Monsieur Rassinier, elles sont enfouies dans le magma monstrueux des crématoires qui sautèrent lors de la révolte du Sonderkommando, et n’ont pas été reconstruites. Il existe deux ou trois survivants du Sonderkommando en France, Monsieur Rassinier, dont deux médecins, dont j’ai en d’autres lieux cité les témoignages. Ils vous préciseraient que le rasage des cheveux s’effectuait avant, l’extraction des dents après, ils vous prouveraient la vérité des photos clandestines de ce travail sinistre. Signalons en passant que les images, les films ne sont pas des matériaux historiques pour M. Rassinier – les textes non plus, sauf ceux qu’il choisit. Les listes de l’opération Reinhardt chiffrant méthodiquement les bénéfices de la « solution finale » et que j’ai pu consulter à Maidanek et à Auschwitz, il les ignore. Il situe en octobre 44 l’évacuation d’Auschwitz-Birkenau et non en janvier 45. Il assimile les conditions de Theresienstadt à celles d’Auschwitz, ce qui n’a jamais été fait par aucun historien valable.

Que ne vous êtes-vous promené en 1945 à Birkenau, à Maidanek dans les fosses où la « flamme purificatrice » brûlait par fournées entières les arrivants quand la gamme de crématoires n’était pas achevée. Vous auriez pu lire aussi les réclamations du S.S. jeune marié qui n’avait pas encore reçu sa « voiture d’enfant » création Auschwitz.

Au lieu d’ergoter sur la couleur du gaz zyklon (extrait de petits cristaux bleu vert, j’en ai vu des milliers de boîtes en 45 à Auschwitz et à Maidanek), pourquoi ne réfutez-vous pas les déclarations Kramer, futur commandant de Belsen, qui fit au Struthof – ce n’est pas loin – les expériences du gaz zyklon sur des prisonniers russes ? Pourquoi ne citez-vous qu’une facture de la Maison Topf ? Les archives d’Auschwitz pourraient vous fournir une correspondance éloquente, tant sur la construction des chambres à gaz et des crématoires que sur la visite d’Himmler qui vint en 1942, veiller à leur édification.

C’est la faute aux victimes

Où avez-vous trouvé, Monsieur Rassinier, une description des chambres à gaz de Belsen ? Lorsque vous écrivez cyniquement que des juifs soi-disant exterminés à Auschwitz ont été retrouvés vivants à Belsen ou ailleurs, vous feignez d’ignorer que Belsen, à partir du début 1944, était un « mouroir » extraordinaire par le seul fait que l’accumulation massive d’êtres humains affamés, exterminés par le typhus. Peu-être pourriez-vous demander au War Crime Office, le film de la libération de Belsen. Il vous montrerait le plus effroyable champ de cadavres qu’il soit donné de voir. Nous avons eu du mal à en extraire pour « Nuit et Brouillard » une séquence qui ne fut pas « insoutenable ». Croyez-moi, ayant été à Belsen dès la fin d’avril 1945, je puis vous affirmer que la mort avait du mal à ralentir son rythme. Le rythme efficace du Block 30 de Dachau, du Jugendlager du Ravensbruck (souvenez-vous de la fournée de Pâques 1944) du château d’Harteim. Vous citez l’ouvrage de Theodor N. Kaufmen, « Germany must perish ». Je confesse mon ignorance, je ne savais pas que ce livre d’un juif américain publié en 1942 avait donné aux pauvres S.S. innocents l’idée de devancer les visées meurtrières des juifs germanocides ! Mais vous ignorez par contre la correspondance échangée entre le Docteur Clauberg et Himmler, qui mit un block d’Auschwitz à sa disposition : ce gynécologue éminent n’avait-il pas promis de mettre au point une méthode pour stériliser toutes les femmes juives ? Nous pouvons même vous faire connaître la liste internationale de ses victimes. Reconnu et dénoncé par des Allemands en Allemagne, vers 1955, il est mort un peu avant son procès. Pour les expériences médicales (avez-vous vu des « Kanischen »?) vous vous en prenez à un déporté qui fut contraint de les pratiquer. Mais pourquoi ne citez-vous pas les contrats signés entre les S.S. et les firmes demandant à expérimenter leurs produits.

Parlons chiffres…

Autre point : la statistique. Dans toutes les publications statistiques auxquelles nous avons participé, soit au Ministère des Anciens Combattants, soit au Comité d’Histoire de la deuxième guerre mondiale, nous avons toujours parlé de « juifs déportés de France » et non de juifs français. Nous avons toujours dit que les rafles de juillet 42, pratiquées sur des juifs étrangers avaient servi de bancs d’essai pour les opérations futures. Mais les enfants pris dans ces rafles, ceux des colonies de vacances, ceux de Lyon ou d’Angers, de Nice ou de Lille, les femmes enceintes, les vieillards ils ne sont pas en Amérique ni en Israël, Monsieur Rassinier. Ils ne risquent pas de rencontrer le Docteur Mengele quelque part en Argentine, ils n’ont pas été immatriculés au camp d’Auschwitz, ils ont été gazés en arrivant. C’est pourtant simple. Faites l’expérience, prenez un ou deux exemples de départs de convois de Drancy. Ils existent au complet. Confrontez avec la liste des « enregistrés à Auschwitz » retrouvées pour quelques convois et comparez. Que sont devenus les 1.200 hommes du convoi du 15 mai 1944 partis travailler à Kaunas ? Six survivants. Les têtes de quelques-uns d’entre eux vous pouvez les voir… dans une cuve.

Parlons chiffres. L’extermination des tziganes est l’un des faits les mieux connus de la déportation, depuis le processus d’arrestation avant le début de la guerre jusqu’à leur fin. Où avez-vous trouvé le chiffre de 300.000 ? On comptait au camp familial de Birkenau de 15 à 20.000 êtres humains. Et l’extermination du ghetto de Varsovie ? Contestez-vous le document Stroop ? Que n’avez-vous visité les ruines du ghetto en 1945. Vous auriez pu compter les pierres – compter aussi les ossements épars sur des kilomètres, à Birkenau, à Maidanek.

Encore quelques détails au hasard. Pourquoi ne contestez-vous pas les « sélections à l’arrivée » décrites par des rescapés, souvent polonais ou hongrois réfugiés en France, violemment anti-communistes, donc peu suspects à vos yeux ? Des enfants juifs de plus de quinze ans évacués d’Auschwitz, vous avez pu en voir quelques-uns à Buchenwald après l’évacuation de janvier 45, quelques enfants juifs de moins de quinze ans peut-être arrêtés en 1941 ou 42 avant que les chambres à gaz d’Auschwitz ne soient édifiées bien sûr, avant que le processus de la « solution finale » de « l’extermination par le travail » ne soient mis au point. Mais les enfants des rafles de 42 en France, ceux dont Wellers raconte l’exode sans retour vers Pichipoï, vous n’en avez pas vu à Buchenwald, et pour cause ! Pas plus que ceux de Neuengamme, exterminés par les docteurs Florence et Quenouille.

Son but véritable

Et si vous contestez le nombre de juifs polonais exterminés, que ne contestez-vous, dans les conférences de presse de Goebbels de 1940, l’invitation qu’il lance aux dignitaires nazis d’assister à la projection d’un film sur les premières exterminations de juifs en Pologne « séance strictement réservée ».

Oui, le traducteur de Nyszli a « adapté » l’ouvrage du médecin légiste d’Auschwitz, et l’adaptation est mauvaise. J’ai dit ailleurs le terrible malaise que cause ce « comte rendu d’autopsie », qu’un de mes amis a lu dès 1945 à Budapest, en manuscrit. Terrible accusation contre le nazisme que celle de ce témoin qui a sauvé sa peau et celle de sa famille en s’en faisant le serviteur passif. Il est plus simple de contester des chiffres, Monsieur Rassinier. Pouvez-vous dire à un mètre carré près quelle était la surface de votre block à Buchenwald ?

Pour déterminer l’étendue exacte du génocide juif, Monsieur Rassinier sait très bien qu’ils n’est possible de le faire qu’à un million près et je ne me permettrai pas aujourd’hui d’apporter des preuves statistiques. Mais celui qui mettant en cause les chiffres, les faits, noyant le poisson des responsabilités, dissertant sur les traductions, sur les principes, sur les surfaces, dans un embrouillamini d’où seule surnage son idée fixe, celui qui veut prouver qu’il n’y a jamais eu d’extermination des juifs et que la « solution finale » représentait simplement un programme de croisière à Madagascar, quel but poursuit-il ?

Il lui est facile d’affirmer qu’il hait le racisme, la guerre, la bombe atomique, alors que son but véritable est d’attiser la haine contre les rares rescapés du nazisme, et prenant la défense des bourreaux, de jeter le discrédit sur ceux qui poursuivent le véritable combat contre le racisme, l’antisémitisme et la haine.

Olga Wormser.

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Droit et liberté n° 218, 15 février-15mars 1963, p.3


Dédié à Rassinier

Le cinéaste tchécoslovaque Zbinet Brynich réalise actuellement un nouveau film sur le ghetto de Térezin. C’est le troisième. Le premier film fut réalisé en 1944 sur les ordres d’Eichmann par un comédien allemand, Kurt Gerron, sur un scénario d’Heinrich Weil. C’était un faux documentaire destiné à prouver que Térezin était un véritable paradis pour ses habitants. Le lendemain de la « première » de ce film, les deux auteurs furent envoyés au crématoire.

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Droit et liberté n° 252, 15 avril-15 mai 1966, pp.2 et 3.

L ‘affaire Rassinier

L’affaire Malliavin – Rassinier, jugée à la fin de l’an dernier, a été portée en appel. La justice s’est montrée ferme : en première instance, on s’en souvient, Rassinier avait été condamné à quatre mois de prison avec sursis et 3.000 francs d’amende; Malliavin, directeur de « Rivarol », à deux mois de prison avec sursis et 5.000 francs d’amende. Or, après les plaidoiries de Me renée Mirande, Jean Schapira et du bâtonnier Arrighi, représentant l’Amicale d’Auschwitz et les personnes diffamées par Rassinier, les peines ont été aggravées en appel :

« Considérant qu’après avoir mis en doute l’existence des chambres à gaz et des exterminations systématiques et tenté d’expliquer les « sélections » et les disparitions de déportés par des transferts de malades dans d’autres camps, Rassinier a prétendu que le très grand nombre des malades et des morts dans les camps pouviat s’expliquer par une sous-alimentation créée par des vols de nourriture importants dont certains déportés se seraient rendus coupables au préjudice de leurs camarades…

« Considérant que dans le but inavouable de contester les méthodes d’extermination employées par le régime hitlérien pourtant historiquement et judiciairement établies par le jugement du Tribunal International de Nuremberg du 30 septembre 1946, Rassinier, pourtant déporté lui-même, n’a pas craint de tenter de jeter le discrédit et le déshonneur sur deux femmes dont leurs camarades de déportation ont proclamé les qualités de coeur, le courage, l’abnégation et le comportement fraternels.

« Considérant en ce qui concerne Malliavin que malgré les nombreuses condamnations pour des délits de même nature qu’il a encourues, il n’a pas hésité à publier un article dont le caractère bassement diffamatoire était évident… »

Les deux complices ont été condamnés chacun à quatre mois de prison avec sursis et à 5.000 francs d’amende. On ne peut que se réjouir d’une telle fermeté.

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Lettre à « The Nation »
Paul Rassinier

N’ayant pu éclaircir ni les circonstances de la découverte de cette lettre, ni vérifier l’existence d’un texte original en français, nous nous sommes résolu à traduire en français le texte anglais.

Rassinier, en effet, ne maîtrisait pas la langue anglaise et n’aurait donc pas pu rédiger ce texte. La traduction par un tiers explique certainement la confusion finale quant au titre de Rassinier car, s’il n’est pas totalement impropre d’appliquer en français la qualification de « professeur émérite » à sa situation d’après-guerre, le titre honorifique en anglais de « Professor Emeritus » qualifie, lui, un degré bien plus élevé dans une carrière universitaire. C’est sans doute aussi ce qui a conduit le traducteur à ajouter les initiales “Dr” avant son nom.

Cher éditeur :

Je voudrais apporter quelques commentaires à la critique publiée sous la signature de Ernest Zaugg (The Nation, 14 juillet 1962) et consacrée à trois de mes livres sur les camps de concentration allemands, les responsabilités pour la deuxième Guerre mondiale et le procès Eichmann (Le Mensonge d’Ulysse, Ulysse trahi par les siens et le Véritable procès Eichmann).

Le génocide

Jusqu’à l’arrestation d’Eichmann les journalistes avaient érigé en dogme intangible l’existence d’ordres d’extermination des Juifs promulgués par des membres de l’élite nazie du Troisième Reich. Le fait que personne n’ait jamais pu produire un tel ordre n’a pas empêché la persistance de la croyance que de tels ordres avaient été donnés. Puis vint le procès Eichmann. Il fut jugé indispensable de prouver sa responsabilité dans les exterminations et aussi qu’il avait agi sans ordres. Alors seulement, au bout du compte, l’absence de preuve que les dirigeants nazis avaient édicté de tels ordres fut admise. Le Dr Kubovy, directeur du Centre de Documentation juive contemporaine de Tel Aviv écrivit (La Terre Retrouvée, 15 décembre 1960) :

« (…) il n’existe aucun document signé par Hitler, Himmler ou Heydrich parlant d’exterminer les Juifs et que le mot « extermination » n’apparaît pas dans la lettre de Goering à Heydrich concernant « la solution finale » de la question juive (…) » [n.b. : la traduction anglaise donne cette citation comme une phrase isolée , sans indiquer les suspensions.]

C’est ce que je disais depuis 1948. Voilà qui règle la question d’un « génocide intentionnel » auquel Mr Zaugg semble croire.

Les méthodes du génocide

La thèse officielle veut que 6 millions de Juifs aient été exterminés, sans ordre évidemment, comme il est maintenant admis. Pour exterminer de telles masses il fallait inventer une méthode extraordinaire : les chambres à gaz.

A ce sujet, l’opinion publique européenne a beaucoup changé depuis les premiers procès de Nuremberg (1945-46). Après une tournée de conférences que j’ai effectuée en Allemagne dans une douzaine de villes, l’Institut d’Histoire contemporaine (Institut für Zeitgeschichte) de Munich, un institut démocratique, bien sûr, fut amené à déclarer officiellement le 19 août 1962 qu’il n’y avait «  jamais eu aucune chambre à gaz dans aucun camp de concentration situé sur le territoire du Grand Reich », ni à Dachau, ni à Bergen Belsen, Mathausen, Ravensbrück, etc. On en conclut que les témoins des 13 procès de Nuremberg et du procès Eichmann qui ont déclaré sous serment qu’il y avait des chambres à gaz dans ces camps n’étaient que de vulgaires faux témoins.

Mr Zaugg m’accuse de disculper les Nazis et d’apporter de l’eau au moulin des néo-nazis. Ma réponse à cette accusation, c’est que le meilleur moyen d’apporter de l’eau au moulin des néo-nazis, pour autant qu’il en existe, serait d’accuser les allemands de crimes qu’ils n’ont jamais commis. Il est d’ailleurs surprenant que 17 années d’accusations fausses n’aient pas causé plus de dégâts dans ce domaine.

Auschwitz

La question des chambres à gaz d’Auschwitz n’a pas encore été complètement élucidée. Elle seule pose encore des difficultés. Grâce, en partie, à mes recherches, nous avons acquis les connaissances suivantes :

a) Le 8 avril 1942, la section économique de la RSHA (Reichssicherheitshauptamt) a commandé à Topf et fils, Erfurt, des crematoriums (et non des chambres à gaz) équipés de douches (Badeanstalten) et de morgues (Leichenkeller). Ces salles de douches et ces morgues ont été présentées au monde entier comme des chambres à gaz. La version officielle est que ces chambres à gaz furent détruites par les Allemands le 17 octobre 1944 et reconstruites par les Russes après la guerre de même que les « chambres à gaz » de Dachau furent reconstruites après-guerre par les Américains. Les érudits s’interrogent aujourd’hui quant au fait que les chambres à gaz reconstruites par les Russes à Auschwitz seraient ou pas des « villages Potemkine », comme le sont celles construites par les Américains à Dachau.

b) Tous les témoins de Nuremberg ont été conduits à déclarer que ces installations qui devinrent des « chambres à gaz » furent édifiées « au coeur de l’hiver  1942-43 » , c’est-à-dire au plus tôt fin janvier ou début février.

c) Si ces installations étaient des chambres à gaz, elles ne furent en tout cas pas utilisées à ces fins « entre l’automne 1943 et mai 1944 » (Rapport Kastner. Ce passage fut supprimé dans l’édition allemande par l’éditeur Kindler). La seule question qui demeure c’est de savoir si elles furent utilisées comme chambres à gaz entre février 1943 et l’automne de cette même année, et après mai 1944.

Nous espérons que le problème sera élucidé lors du procès de Richard Baer, commandant du camps d’Auschwitz du 10 novembre 1943 au 25 janvier 1944. Il est très improbable que les chambres à gaz aient été utilisées durant la période de Baer, ce qui explique sans doute pourquoi, depuis son arrestation en octobre 1960, son procès a été repoussé cinq fois. Il aurait dû avoir lieu en novembre dernier, mais vient d’être à nouveau reporté au printemps ! Quand et si ce procès a lieu, le débat sur les « chambres à gaz » d’Auschwitz sera – on peut l’espérer – définitivement tranché.

C’est dans l’intervalle improbable de onze mois que des êtres humains ont peut-être été gazés à Auschwitz. Combien de personnes auraient pu avoir été gazées durant ces onze mois, à supposer qu’il y ait eu des gazages ?

Les six millions

On a admis comme parole d’Évangile que les Nazis ont assassiné six millions de Juifs. Première question : où trouvèrent-ils donc ces six millions de Juifs, puisque les statistiques d’avant-guerre (Arthur Ruppin) prouvent sans aucun doute possible que, dans les territoires occupés par Hitler, jamais il n’y eut six millions de juifs.

De plus, une brochure éditée en juillet 1961 par l’Institut des affaires juives du Congrès juif mondial, page 18, affirme que 900 000 des six millions « périrent » à Auschwitz. Seconde question : où donc « périrent » les 5,1 millions restant ? Pas dans les chambres à gaz du « Grand Reich », puisque l’Institut d’Histoire contemporaine de Munich a déclaré qu’elles n’avaient jamais existé.

Peut-être à Chelmno, Belzec, Majdanek, Sobibor ou Treblinka, tous situés en Pologne ? Le seul document qui évoque des chambres à gaz dans ces camps est le document Gerstein. Il y est affirmé qu’il s’y trouvait « des chambres à gaz de 25 mètres carrés dans lesquelles 750 ou 800 personnes étaient exterminées en une seule fois. » Gerstein, quoi qu’il en soit, selon la version officielle, s’est pendu dans sa cellule à Paris le 4 juillet 1945. Le document qu’il est supposé avoir écrit était tellement incohérent qu’il ne fut pas accepté en tant que preuve à Nuremberg le 30 janvier 1946, et qu’on ne permit pas qu’il fut lu au tribunal.

Les statistiques juives datant d’avant-guerre, comparées à celles d’après-guerre, montrent que le nombre de Juifs qui périrent durant la guerre dans les camps ou ailleurs atteint environ 1 million, un nombre déjà très élevé. Pour en rendre compte, il n’est pas nécessaire de ressortir à un « génocide intentionnel » ou à des « chambres à gaz », car quiconque a expérimenté les camps de concentration sait que les conditions y étaient si mauvaises qu’elles peuvent expliquer des nombres de décès très élevés. Nombreux sont ceux qui périrent dans la guerre de partisan sur le front de l’Est ou dans les bombardements intensifs.

Tout le reste de ce qu’affirme Mr Zaugg contre mes ouvrages démontre le caractère illimité de son imagination et son grand talent, non point pour les recherches historiques, mais pour les histoires rocambolesques. C’est un défaut courant chez les journalistes américains. Ils ne se rendent pas compte que l’opinion publique européenne a évolué depuis 1945 et que les événements de la guerre reçoivent constamment de nouveaux éclairages. La plupart des exagérations au sujet des camps de concentration, des néo-nazis et de la renaissance du militarisme allemand sont des fabrications inventées par les manipulateurs bolcheviques afin d’isoler l’Allemagne de ses voisins et de prévenir la naissance d’une grande nation, l’Europe.

En donnant foi à ces légendes, la presse américaine a joué le jeu des Rouges et a permis aux Slaves d’atteindre les portes de Hambourg – eux qui avaient été rejetés par Charlemagne sur les rives de la Vistule il y a 1 100 ans. Ces écrivaillons irresponsables souhaitent-ils voir les Cosaques abreuver leurs chevaux aux eaux du Rhin et les tanks russes défiler dans le Sahara ? Qu’ils persistent donc dans leur allégeance aux « vérités historiques » des Communistes.

Salutations,

Dr Paul Rassinier
« Professor Emeritus »
http://www.ihr.org/jhr/v02/v02p305_Rassinier.html

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