Comptes-Rendus

INDEX

 

Trois comptes-rendus des livres de Rassinier dans la Voie de la Paix, successivement par Louis Hobey et Roland Pilou :

La Voie de la Paix n°40, juin 1955, p.3.

LES LIVRES

CANDASSE ou le huitième péché capital

Qui de nous ne connaît Rassinier ? Cet écrivain qui semble fait pour [des] sujets sérieux, voire sévères, s’est imposé à tous ses lecteurs, qu’il s’agisse du Discours de la dernière chance ou de ses nombreux articles comme l’un des spécialistes les plus appréciés de l’économie politique, des rapports entre salaires et prix, production et consommation, désintégration complète du régime capitaliste, etc…

Ce technicien, ce spécialiste aussi honni des maîtres du jour qu’il est apprécié pour la valeur des documents qu’il apporte par ceux qui peuvent le suivre, c’est le Rassinier que nous connaissons tous.

A côté de celui-là, et sans doute le dépassant, il y a l’homme, le Rassinier, auteur de « Candasse », son dernier livre qui fait l’objet de ce propos.

Dans « Candasse ou le huitième péché capital », l’auteur déclare ne pouvoir définir, après les sept autres, ce « huitième péché » ! Oserai-je penser qu’il s’agit tout simplement du non-conformisme ? Si je me trompe, qu’on me pardonne !

Lecteur assidu par profession et, en quelque sorte, saturé d’études, de faits, de documents, ce n’est pas sans réticences que j’ai coupé et lu « Candasse ». J’ai été très heureusement surpris de l’intérêt qu’il m’a procuré pendant trois soirées.

Imaginez un Rassinier qui, oubliant volontairement, je ne dirai pas le fond de ses sévères préoccupations, mais la forme habituelle de ses écrits, aurait voulu nous donner, en même temps qu’à lui-même, un « divertissement » dans le genre de Candide : car c’est bien cela !

D’intrigue, dans ce livre, il n’y en a pas, ou, si vous le préférez, elle est dans chacune de ces trois cents pages qui relatent la vie d’un habitant de Franconie, lequel pays est divisé en Guelfes et Gibelins qui se déchirent localement en ce qui concerne la « recherche du mieux dans le meilleur des mondes possibles », mais qui se retrouvent tous unis quand pour une cause quelconque, ils sont alertés, contre les Bulgares, habitant le pays voisins.

Candasse sera donc tour à tour : écolier, étudiant, soldat dans une colonie, militant d’un parti politique, résistant, déporté à la santé ruinée… J’en passe.

Lisez ce livre dont j’ai fait volontairement, pour ne pas le déflorer, un résumé trop bref.

Vous serez agréablement étonnés, surtout dans la première partie, par un style nouveau qui s’apparente à celui du maître vénéré de la « Burgondie », dont le « Colas Breugnon » fut, pour certains d’entre nous, un livre de chevet. L’humour, le bon sens critique forceront un intérêt que viendra relever la dissection, par un scalpel habile, spirituel et singulièrement tranchant, de toute la société française : université, église, capitalisme, militarisme, partis politiques, colonialisme, guerre, etc…

L’émotion profondément humaine y trouve aussi son compte. Je ne citerai que ce court extrait qui frappe par sa simplicité :

« Candasse est revenu du camp de concentration sur une civière. Il a retrouvé Mme Candasse et le petit Candasse qui court sur ses quatre ans.

Le petit Candasse l’a regardé inquiet puis:

– Mon vrai papa, il reviendra quand?

Et comme il voit que personne ne comprend cette question pourtant si naturelle:

– Celui-là!

De son petit doigt, il a montré sur la cheminée, la photographie au moyen de laquelle Mme Candasse lui a appris à connaître son père…

S’apitoyant peut-être pour la première fois de sa vie sur lui-même, Candasse a retenu ses larmes. »

Voilà le livre et voilà l’homme…

Louis HOBEY
[Instituteur et syndicaliste, Présidet de la Ligue des anciens combattants pacifistes, auteur de « La Guerre ? c’est ça ! », « Un d’en bas », contribue aux Cahiers de Contre-Courant (« Tuez les vieux », « La Nation et l’Etat face à la paix », « A l’intention des syndicalistes révolutionnaires »), Défense de l’Homme, La Libre Pensée…]

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Par Roland Pilou

[1912-2011 Enseignant, Critique littéraire à La Voie de la Paix, puis l’Union Pacifiste. Il s’associera à Fabrègues dans la cabale contre Rassinier https://tinpacifists.wordpress.com/2014/04/04/recit-de-ratz/ ]

La Voie de la Paix, 15 avril 1961

LES LIVRES

Paul Rassinier : Ulysse trahi par les siens (Librairie Française, 58, rue Mazarine – Paris-6e).

Ce m’est un agréable plaisir de signaler à nos lecteurs l’ouvrage de notre ami Paul Rassinier : Ulysse trahi par les siens. Comme l’auteur l’indique dans son introduction, il s’agit d’un complément au Mensonge d’Ulysse, lequel sera peut-être lui-même complété plus tard.

Paul Rassinier s’est attaché, en effet, à un travail méritoire de désintoxication des esprits. On sait que la littérature concentrationnaire a fait florès au lendemain de la libération. Cette littérature s’est complu à accabler le régime nazi. Sans doute ce dernier avait-il sur la conscience des crimes sans nombre. Malheureusement la plupart des écrivains qui ont parlé des camps de concentration ont rarement fait œuvre d’historiens impartiaux, aveuglés qu’ils étaient par la haine et la passion.

Et aux horreurs réelles et incontestables qui ont souillé les camps de la mort lente, ils ont ajouté des récits parfois imaginaires ou mal contrôlés. Ils ont romancé l’histoire à des fins politiques, au lieu d’étayer leur démonstration sur des documents irréfutables.

En prenant le contre-pied de ces auteurs qui donnaient dans la surenchère et la partisanerie nationaliste, voire raciste, Rassinier a fait figure d’iconoclaste – c’est bien le mot – car il a osé démontrer que le déporté n’était pas toujours ce héros au coeur noble et pur que la littérature concentrationnaire nous dépeignait. Autrement dit, il a essayé de faire comprendre que les Allemands ne devaient pas être unilatéralement chargés de tous les péchés capitaux, que les fours crématoires et les chambres à gaz n’ont pas eu, dans les camps, la place et l’importance qu’on veut bien leur attribuer.

C’est bien pourquoi le Mensonge d’Ulysse fut voué au gémonies par toute une cohorte de déportés influents. Aujourd’hui, Rassinier donne une suite qui apporte quelques précisions lumineuses. Il se place en historien scrupuleux et méthodique qui ne veut rien avancer dont il ne soit sûr. Pourquoi faut-il que cette attitude d’historien probe, qui s’impose, quand on traite d’un sujet d’une telle ampleur ou d’une telle portée politique, irrite tant les milieux des déportés ? Pourquoi les intéressés poussent-ils des hurlements et crient-ils au scandale ? Serait-ce parce qu’ils sont démasqués et que la légende de martyrs qu’ils ont réussi à accréditer dans le public risque de se ternir ? Rendons un bel hommage à Paul Rassinier, à lui qui lutte à contre-courant pour « reformer » et rétablir la vérité quelque peu malmenée, et assurons-le de toute notre chaude sympathie.

Ulysse trahi par les siens – volume de 128 pages, 14,5 x 22,5 : 4,93 NF, dont la lecture est – comme celle du Mensonge d’Ulysse elle-même – indispensable pour comprendre l’affaire Eichmann qui sera, dans quelques semaines, le serpent de mer de la presse mondiale. A la Librairie française, 58, rue Mazarine, Paris-6ème, C.C.P. Paris 6.354-19, franco de port 5,40 NF (ou chez votre libraire habituel).

Chez le même éditeur : Le Mensonge d’Ulysse, franco de port, 12,45 NF (ou chez votre libraire habituel).

Pour paraître en octobre : L’équivoque révolutionnaire, N) spécial de Défense de l’Homme, de 128 pages, (hors abonnement) : 3NF à envoyer au C.C.P. De la revue, Luois Dorlet, Domaine de la Bastide, Magagnose, (A.-M.) C.C.P. Paris, 5329-24

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La Voie de la Paix (Référence à venir, 1962)

Les Livres

Paul Rassinier

Par Roland Pilou

Le Véritable procès Eichmann ou les vainqueurs incorrigibles (Les Sept Couleurs)

Notre ami Rassinier, poursuivant son œuvre patiente de démystification, nous présente un document historique en tous points remarquable. Beaucoup trop rares, en effet, sont aujourd’hui les historiens ou les spécialistes qui se refusent à admettre les thèses officielles comme paroles d’Évangile. Entre les deux guerres mondiales, nous avions une pléiade de belles consciences qui ont examiné à la loupe la genèse du conflit de 1914 et posé les responsabilités.

Peut-être est-il utile de rappeler aux jeunes générations les noms de Georges Michon, Gustave Dupin, Georges Demartial, F. Gouttenoire de Toury, Victor Margueritte, Victor Méric, Armand Charpentier, Félicien Challaye, Léon Émery, René Gérin, Georges Pioch.

Les gouvernants d’alors avaient beau étouffer leurs voix, leurs écrits rencontraient une sympathie agissante dans les milieux de gauche, généralement acquis au pacifisme. De nos jours, hélas ! Il n’en va plus de même. On est devenu servilement conformiste, alors qu’on se pique d’être fameusement émancipé.

Aussi le mérite de P. Rassinier n’en est-il que plus marqué de lutter à contre-courant de façon quasi isolée et d’apporter des démentis cinglants à des affirmations officielles qui sont autant de faux monstrueux.

De même qu’au lendemain de la première guerre mondiale où les vainqueurs avaient fait peser sur les Empires Centraux, réduits à l’impuissance, toute la responsabilité de la guerre, en les contraignant à signer de scandaleux traités de paix qu’ils savaient pratiquement inapplicables, de même, au lendemain de la capitulation de 1945, les Alliés, avant même d’en venir à un traité de Paix, avaient émis la prétention de juger les crimes de guerre des seuls Allemands. Et ce fut le procès de Nuremberg. Vae victis !

L’étude de P. Rassinier porte précisément sur ce procès, sur la manière dont il a été hâtivement institué et instruit, sur la nature des crimes reprochés aux dirigeants ainsi qu’au peuple allemands, sur la partialité des juges, sur la falsification des faits – dénaturés ou grossis – sur les droits de la défense, ligotée et bafouée, qui voyait ses demandes récusées.

Notre camarade a entrepris de démontrer que les vainqueurs de 1945 – dont la part de culpabilité dans le déclenchement du conflit était elle-même évidente, quoique estompée dans l’oubli – s’étaient comportés de façon aussi « incorrigible » qu’en 1919, avaient laissé s’accréditer et se développer de vastes impostures, dans la littérature concentrationnaire, qui fit florès voici trois lustres, figure parmi les témoignages les plus authentiques.

Le procès Eichmann s’inscrivait tout naturellement dans l’étude de l’auteur, car il remet en lumière la question des lacunes et des erreurs de principe des procès spectaculaires de la fin de la guerre. C’est l’occasion pour P. Rassinier, à l’appui de documents inédits, de procéder à une confrontation serrée des thèses en présence et de dénoncer un certain nombre de tragiques mystifications.

Cette quête de la vérité historique révèle une grande probité intellectuelle et fait honneur à P. Rassinier. Qu’il me soit permis néanmoins de lui adresser un reproche. Pour la clarté et la force convaincante de sa démonstration, je pense qu’il aurait eu intérêt à placer en premier la seconde partie, celle dans laquelle il dresse un parallèle entre les fautes commises en 1919 et celles qui le furent en 1945. L’enchaînement eût été plus logique, plus rigoureux, la chronologie respectée.

Quoi qu’il en soit, le livre constitue une mine de renseignements précieux et sûrs relatifs aux lendemains et aux conséquences politiques des deux guerres mondiales. Il fera date dans la littérature documentaire d’après guerre et rejoindra les études consciencieuses et désintéressées des grands noms que je citais plus haut.

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