Le Vicaire

INDEX

 

L’article ci-dessous, et particulièrement le troisième renvoi en note prend toute son importance dans le « Dossier Gauchon » monté pour évincer Paul Rassinier de l’U.P.F. et de « La Voie de la Paix ».

Ego VINI-VICI est un des noms de plume de Rassinier qui variait ainsi les signatures de ses nombreuses contributions au journal.

La direction éditoriale de la « Voie de la Paix », normalement assurée par Emile Bauchet, avait été confiée pour quelques numéros à Jean Gauchon, et c’est donc lui qui tout à la fois valide l’article qu’il avait refusé dans un premier temps (cf. dossier Rassinier-Fauvet) et, surtout, prend l’entière responsabilité de la note (3) signée N.D.L.R.

Dans son dossier à charge, il expliquera que c’est Bauchet qui lui avait transmis le contenu de cette note dont – toujours selon Gauchon – Bauchet à son tour expliquera qu’elle avait été dictée par Rassinier lui-même.

On peut comprendre que Gauchon, qui peine visiblement à saisir la subtilité des débats autour du document Gerstein, se soit senti trompé. En effet, lorsque Fauvet lui fournit copie de sa réponse à Rassinier, Gauchon n’y trouve pas les mots donnés entre guillemets dans sa note (3).

Faute de pouvoir consulter la correspondance Rassinier-Bauchet, on ignore si ces guillemets sont de Rassinier lui-même ou si c’est Bauchet qui les a ajoutés. Il se peut aussi que le contenu de la note ait été transmis par oral.

Notons, pour relativiser encore cet épisode qui ne perd son insignifiance que dans l’esprit rancunier de Gauchon, qu’il peut arriver à Paul Rassinier (comme il semble avoir été assez répandu à l’époque) de mettre entre guillemets une paraphrase, pourvu qu’elle résume assez fidèlement l’original.

 

 

La Voie de la Paix, février 1964, p.2

 

Tous les moyens ne sont pas bons

Depuis Luther, la politique allemande était aux mains de l’Eglise protestante ; en 1933, son chef, le Pasteur Martin Niemöller en tête, elle prit le parti de Hitler et fut le facteur décisif de son accession au Pouvoir : le 30 janvier, le vieil Hindenburg, Président de la R2publique de Weimar, hésitant à nommer Hitler, – ce caporal de Bohême, disait-il – au poste de Chancellier du Reich, et des manifestations populaires ayant été organisées dans toutes les grandes villes d’Allemagne par les Nazis, ce Pasteur Martin Niemöller, Pape de l’Eglise protestante allemande en quelque sorte, portait banderoles avec toute sa famille aux premiers rangs de celle qui eut lieu à Berlin. Son livre Vom V. Boot zur Kanzel (Du sous-marin (1) à l’autel, Berlin 1935) est une véritable apologie du National-Socialisme. On ne compte pas les lettres et télégrammes de félicitations ou de témoignages de fidélité qu’au nom de tous les Pasteurs allemands il adressa à Hitler. En 1939, étant tombé en disgrâce pour des raisons assez peu claires et n’ayant pas été mobilisé, il s’en plaignait encore amèrement à son ami le Grand Amiral Raeder et sollicitait de lui l’honneur d’être incorporé à n’importe quel poste de la marine hitlérienne…

Dans le même temps, plus réservée dans les débuts de l’ère national socialiste, la hiérarchie catholique était passée à l’opposition ouverte, ses prêtres et ses évêques étant jetés dans les camps de concentration.

Il s’en suivit qu’à la fin de la guerre l’Église protestante allemande était complètement discréditée et que l’influence politique qu’elle détenait jusqu’alors passa aux mains du Vatican : le gouvernement Adenauer fut l’expression de ce phénomène. Le Pasteur Niemöller eut beau se révéler un des plus farouches épurateurs – nous avons connu en France le même phénomène du collaborateur devenu résistant – il n’arrivait pas à remonter le courant.

Alors, à bout d’arguments, ne reculant devant aucun moyens, ce fut Le Vicaire qui après avoir fait scandale à Berlin, à Londres et à Bâle, continue à Paris tous les soirs sous la protection de la police.

Car Le Vicaire est, actuellement, la pièce maîtresse de la propagande protestante contre la propagande catholique.

Ca ne nous regarde pas ? Qu’ils s’arrangent entre eux ? Facile à dire. Et un peu simpliste. Car, Le Vicaire, du militant protestant Hochhut est adopté par la gauche mondiale et c’est une infamie qui la discrédite.

A un double titre :

1) – par son auteur qui est le fils d’un des plus importants fabricants de chaussures qui, pendant toute la guerre, chaussèrent les armées hitlériennes à la poursuite des juifs aux quatre coins de l’Europe et qui, pour soutenir la réputation et le commerce de son père, dès qu’il eut 12 ans se mit à crier « Heil Hitler ! » tous les jours dans les rues de Hambourg avec la jeunesse hitlérienne à laquelle il appartenait ;

2) – par l’argument de la pièce qui est un faux historique si outrageusement faux (2) que le Tribunal de Nuremberg lui-même refusa de le retenir à charge contre les accusés (3).

Si la querelle des protestants et des catholiques n’intéresse pas un mouvement comme le nôtre qui tolère toutes les convictions religieuses, moralement écœurante en ces termes, elle attriste en ce que, se rangeant – une fois de plus, hélas ! -aux côtés du mensonge, la gauche qui le fait sien est en train de se donner le coup de grâce.

« A-t-on le droit d’être Pape. » demanda un jour France-Observateur dans le moins mauvais des articles qui furent consacrés au Vicaire. Si l’on est un homme cultivé, sûrement pas et pas plus qu’agent de police ou chef d’armées.

Mais, contre l’homme qui se fait néanmoins Pape, agent de police ou chef d’armées, tous les moyens ne sont pas bons.

Surtout parce que, lorsqu’ils ne sont pas bons, ils ne portent préjudice qu’à ceux qui les emploient.

A la longue, si ce n’est pas dans l’immédiat.

Ego VENI-VIDI

(1) C’était un militaire de carrière qui avait fait la première guerre mondiale comme commandant de sous-marin et qui avait été tardivement touché par la grâce divine.

(2) Cf. Paul Rassinier, Le véritable procès Eichmann ou les vainqueurs incorrigibles (Sept Couleurs)

(3) « Le Monde » (26-12-1963), répondant à Paul Rassinier, avait prétendu que ce document avait été pris en considération. A cette note que nous lui avions communiqué, Rassinier nous a répondu qu’en date du 30-12-1963, Monsieur Jacques Fauvet lui avait écrit qu’en effet «  ce document n’avait pas été pris en considération par le Tribunal de Nuremberg ». Mais M. Jacques [Fauvet] ne l’a pas dit à ses lecteurs, sous prétexte qu’il « hésitait à prolonger la controverse ». Ainsi, les lecteurs du « Monde » ne sauront jamais que c’était Rassinier qui avait raison contre « Le Monde ». (N.D.L.R)

Advertisements