Aboucaya

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J’ai écrit aussi la préface du “Mensonge d’Ulysse”. C’est la seule chose de propre et d’honnête que j’ai faite dans ma vie aussi j’ai attrapé 8 jours de prison et 900.000 Frs d’amende.Albert Paraz à Mr R. Margerit, le 30 mai 1952.

On aurait bien voulu dissocier Jacques Aboucaya (Paraz, le rebelle, L’Age d’Homme, en particulier pp. 117-121) de la cohorte chassieuse des falsificateurs, la mesquine conjuration des universitaires aigris s’acharnant à salir Paul Rassinier, mais rien n’y fait : les passages qu’il consacre à la relation entre Albert Paraz et Paul Rassinier sont bien dignes des Fresco, Brayard, Igounet…

“Dès la fin de l’année 50, ses relations avec Rassinier se détériorent.écrit-il.

Dans l’attente d’une publication aussi complète que possible de la correspondance qui permettra de déterminer le rôle de chacun dans la conduite des “affaires” et des projets éditoriaux, l’échange ci-dessous – daté de janvier 1955 – suffit à attester de la continuité de leurs relations aussi houleuses que cordiales, et qui demeureront telles jusqu’en 1957, date du décès de Paraz. Il permet aussi mieux cerner la position de Rassinier quant à la possibilité de rééditer la préface d’Albert Paraz au Mensonge d’Ulysse.

Le projet d’édition du Lac des Songes, et les relations respectives de Rassinier et Paraz avec les Editions Bressanes seront une première source de conflit dès 1950. L’édition à part de la préface du Mensonge d’Ulysse, seule ou augmentée sous forme de pamphlet, donnera lieu à d’autres échanges d’arguments entre les deux hommes, particulièrement en 1951. Mais il convient de rappeler qu’à aucun moment le ton de leurs lettres respectives n’a été proche d’un formalisme courtois qui suprendrait chez ces auteurs revendiquant haut et fort un parti-pris non-conformiste. Le choix arbitraire de jugements exprimés par Paraz sur Rassinier à d’autres correspondants (Mandiargues, Centore…) permet donc de révéler les intentions d’Aboucaya : évacuer cette amitié très encombrante.

L’abondance des correspondances durant l’année 1950 s’explique par les projets communs (Mensonge, Lac des Songes…) et le rythme s’en ralentit naturellement par la suite, sans qu’on puisse en déduire une brouille véritable.

Aboucaya, qui ne peut ignorer la correspondance Rassinier-Paraz, est indéfendable quand il évoque Paul Rassinier et ses rapports à Albert Paraz. Rappelons que Rassinier résidera à Nice à compter de 1956 et que ses visites à Paraz sont confirmées par un témoin direct.

10 janvier 1955, Paul Rassinier à Albert Paraz

Mon cher Paraz,

Avant l’arrêt de la Cour de Cassation, mon intention était de tirer v/ préface à part, en quelque sorte clandestinement et de l’envoyer personnellement aux 420 personnes qui le voudraient.

Après l’arrêt, j’ai pensé qu’elle était maintenant protégée par l’autorité et l’immunité qui s’attachent à la chose jugée, que, par conséquent, on la pouvait mettre carrément avec le bouquin, 2ème édition.

Les hommes de loi interrogés prétendent que non, que personne ne peut plus attaquer la 1ère édition mais que, quelqu’un qui n’aurait pas attaqué la première , pourrait se venger sur la seconde…

J’étais donc revenu à la 1ère solution. Las !.. Pas trouvé d’imprimeur qui veuille risquer le coup !.. En avoir ou pas…

Quelqu’un qui vous porte intérêt a cherché à Paris et n’a pas non plus trouvé.

Peut-être connaissez-vous quelqu’un, vous?

Dans ce cas, envoyez-lui la Préface, dites-lui de la composer en 7 italiques, [Broché?] sur un format de 13 1/2 x 21 et une justification de 22 cicéros. Papier de la force de 64 g.

Ça tiendra en 16 pages, ce sera juste le format de ma 2ème édition : on l’enverra à part. Faites tirer à 1 000 exemplaires, envoyez en 500 à Mme Gilberte Coston, 100 à moi-même en même temps que la facture et vendez le reste 50 frs l’exemplaire.

Je paie, mais je vous demande une seule chose : soumettez-moi les épreuves après corrections, des fois que j’aurais un conseil à vous donner sur le vu de la chose en ce qui concerne la présentation… et la commercialisation.

Pas oublier de m’envoyer la facture.

Adressée personnellement à n’importe qui – nom à la main, en dédicace -, votre préface est juridiquement inattaquable. Me suis renseigné. Mise en vente, ça risque et comme la moitié du monde qui n’a pas été exterminée dans les chambres à gaz, les fours crématoires, etc., a quand même laissé ses couilles dans l’aventure… Bref, vous me comprenez. Réussissez maintenant ce que je n’ai pas réussi au prix d’efforts innombrables : trouvez l’imprimeur qui en a… Je paie.

Cordialement

Paul Rassinier

22 janvier 1955, Albert Paraz à Paul Rassinier:

Mon cher Rassinier,

Je ne vois pas ce que je peux vous répondre. Il n’y aurait que Martel qui pourrait faire cela. Vous pourriez le lui proposer vous-même, mieux que moi. Ce n’est pas une grosse affaire et comme il est imprimeur, il pourra peut-être se mouiller – façon de parler d’ailleurs puisqu’il est comme vous dans les inondations.

Je vois que vous ne dédaignez pas la publicité d’un journal fasciste comme « Rivarol ». Que vont penser de vous Sartre et Camus ? Il est vrai que d’après Céline, depuis que Fabre-Luce est dans la place, on va en faire le hérisson de choc de la L.I.C.A. Et il voit clair !

Bien amicalement à vous

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