Jean Vita

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Compte-rendu du Mensonge d’Ulysse par Jean Vita (Marcel Lucas), anarchiste et pacifiste, dans Défense de l’Homme, la revue du pacifiste Louis Lecoin, n° 25, octobre 1950, p. 38 à 46

Lectures d’actualité

LE MENSONGE D’ULYSSE

Il y a toujours eu, il y aura toujours de mauvaises langues pour mettre en doute la sincérité d’Ulysse, et Giono nous a proposé naguère une version malicieuse des aventures qui jetèrent successivement le héros sur les côtes de Circé, de Nausicaa, de Calypso. D’autres, faisant la part du rêve dans l’action, prétendent que le rusé Grec, après les prouesses cavalières qui lui valurent une certaine gloire au siège de Troie, choisit de revenir par le chemin des écoliers. Il erra longtemps d’île en île et de femme en femme, au hasard des vents qui gonflaient sa voile fantaisiste, saluant les nymphes et adorant les déesses. Quant il revint enfin dans son pays natal, où Pénélope mûrie régnait sur une cour d’amis empressés à bander l’arc qu’Ulysse avait ouvré, il raconta son odyssée avec tant de verve que ses exploits devinrent légendaires. Pris au jeu de sa mémoire exaltée, il brodait davantage à chaque récit, pour le plus grand plaisir des pêcheurs et des marchands.

Il eût été d’humeur bien chagrine l’ancien compagnon qui, survenant au milieu d’une de ces parties de pétanque entrecoupée de jurons et d’histoires qui faisaient les beaux dimanches d’Ithaque, aurait jeté froidement que Circé, l’hétaïre aux charmes vraiment magiques, valait bien ses cochons de clients ou que le Cyclope était un borgne de l’espèce la plus ordinaire ! Et j’imagine que ces marchands ventrus et cossus, en braves méditérranéens qui savent ce que galéjer veut dire, eussent ri au nez de l’importun, plutôt que de renoncer à toute la poésie héroïque dont ces légendes rehaussaient leurs nuits bourgeoises…

Je présume que le public du vingtième siècle sera également incrédule, mais autrement scandalisé, devant les assertions de Paul Rassinier. Notre ami, qui fut déporté en Allemagne, ne supporte pas qu’on joue avec la vérité. ” Un jour, explique-t-il, je me suis aperçu que l’opinion s’était forgée une idée fausse des camps allemands, que le problème concentrationnaire restait entier malgré tout ce qui en avait été dit, et que les déportés, s’ils n’avaient plus aucun crédit, n’en avaient pas moins contribué à aiguiller la politique internationale sur des voies dangereuses. L’affaire sortait du cadre des salons. J’eus soudain le sentiment qu’à m’obstiner dans mon silence, je me ferais le complice d’une mauvaise action. Et d’un seul trait, sans aucune préoccupation d’ordre littéraire, j’écrivis mon Passage de la Ligne, pour remettre les choses au point… ” Dans cette première relation de sa captivité, il ” poussait déjà l’objectivité jusqu’à la provocation “, protestant par exemple qu’il n’y avait pas de chambres à gaz à Dora ni à Buchenwald [ note 1 et 2 : Passage de la Ligne et Le Mensonge d’Ulysse, aux Editions Bressanes, à Bourg-en-Bresse, et chez l’auteur, à Mâcon, C.C.P. Lyon 724-98. Franco : 350 francs. On pourra également se procurer ces deux volumes à la librairie du Libertaire, Etienne Guilleman, 145, quai de Valmy, Paris 10, C.C.P. 5072-44. ]. Il récidive maintenant et, au nom du ” gang des basculeurs de légendes “, entreprend de dégonfler les derniers mensonges d’Ulysse (2).

Sans doute, les revenants des ” camps de la mort “, et cette appellation n’est pas un vain mot, auraient quelque peine à éclairer leurs terribles souvenirs des blondes apparitions dont s’enchantait parfois la douleur du méditerranéen. Le Cyclope hitlérien mène son troupeau à coups de gummi vers les antres où le progrès raffine la mort, et les syllabes chantantes de Nausicaa ou même de Circé cèdent le pas au nom bactériologique d’Ilse Koch, ” la chienne de Buchenwald “, qui choisissait d’avance sur la peau des détenus les abat-jours de ses nuits walpurgiques. Leurs récits nous surprirent, certes, après que nous eussions continué si longtemps d’ignorer ce qui se passait dans les camps allemands. La quasi-totalité des Français et jusqu’aux plus résistants ignoraient, jusqu’en 1945, l’existence des chambres d’extermination, dont une masse de ” témoignages ” leur révélaient d’un coup toute l’horreur fantastique. Mais quoi, les mêmes Français n’avaient-ils pas ignoré, un peu plus tôt, les atrocités, commises sur leur propre sol, du bagne de Gurs, où le gouvernement Daladier parquait pêle-mêle ses adversaires, du fasciste Laubreaux au communiste Moussinac, sans oublier notre Lecoin ? Et pourtant, si émus de colère que nous ayons été en 1945 à la vue de ces pierrots étiques et misérables dans leurs costumes rayés, nous avions l’impression, en les écoutant ou en lisant leurs rapports, qu’ils ” en rajoutaient “. Nous souhaitions peu à peu qu’un esprit monstrueusement objectif, s’inspirant de ce que fit Norton Cru pour les livres de la guerre de 1914 à 1918, examinât à la loupe la littérature de cette guerre-ci, en particulier celle des déportés.

C’est un travail de cette ampleur qu’à entrepris Rassinier et dont il nous livre dès à présent les prémices. Peut-être s’étonnera-t-on de trouver, en tête de cet examen implacablement froid, la préface à l’emporte-pièce d’Albert Paraz. Les humeurs de Paraz ont toujours quelque chose de mythologique, et le livre de Rassinier perdra peut-être de son pouvoir de persuasion sur d’aucuns à leur être présenté par l’un des rares hommes qui ait eu le courage de dénoncer sans attendre ” l’imposture ” de la Résistance. Les autres, émerillonnés par les coups de gueule et les coups de trique de Paraz, poursuivront vaillamment une lecture dont la sévérité les eût peut-être rebutés.

Les revenants ont menti

Rassinier s’en prend d’abord à quelques témoignages mineurs, qu’il confronte avec ses propres souvenirs. Il réfute ainsi un certain nombre d’erreurs, qui sont vénielles en soi, mais qui trahissent la précarité des témoignages humains. Précarité dont je pourrais, dont nous pourrions tous citer dix exemples dans la vie courante. Un ami, impliqué dans je ne sais plus quelle affaire, produit un alibi mensonger, spontanément appuyé par plusieurs témoins inconnus de lui, et qui n’ont aucun intérêt visible à fausser la vérité. C’est un perpétuel gauchissement de ce genre que l’auteur relève dans les écrits du Frère Birin ou de l’Abbé Jean-Paul Renard, qui furent ses compagnons d’infortune de Compiègne à Buchenwald et à Dora.

Le Frère Birin, auteur de Seize Mois au Bagne, ” ne veut relater que ce qu’il a vu “. ” On nous fit entrer, raconte-t-il dans un wagon ” 8 chevaux, 40 hommes “… mais au nombre de 125. ” A quoi Rassinier, qui faisait partie du même convoi, rétorque, avec une admirable précision : ” En réalité, au départ du camp de Royallieu, on nous avait rangés en colonnes par cinq et par paquets de cent, chaque paquet étant destiné à un wagon. Une quinzaine ou une vingtaine de malades avaient été amenés à la gare en voiture et ils bénéficièrent d’un wagon complet pour eux seuls. Le dernier paquet de la longue colonne qui défila ce matin-là dans les rues de Compiègne, entre des soldats allemands armés jusqu’aux dents, était incomplet. il comprenait une quarantaine de personnes, qui furent réparties dans tous les wagons en fin d’embarquement. Nous héritâmes de trois, dans notre wagon, ce qui porta notre nombre à cent trois. Je doute qu’il y ait des raisons spéciales pour que le wagon dans lequel se trouvait le Frère Birin héritât de vingt-cinq. De toutes façons, même s’il en avait été ainsi, il eût fallu présenter le fait comme une exception.

Nous venons d’avoir un échantillon de la méthode Rassinier, qui nous signale au passage bien d’autres erreurs. Le Frère Birin énumère-t-il la nourriture quotidienne à Buchenwald : ” un litre de soupe, deux cents à deux cent cinquante grammes de pain, vingt grammes de margarine “. ” Pourquoi, diable, avoir oublié ou négligé de mentionner le demi-litre de café du matin et du soir et la rondelle de saucisson ou la cuillerée de fromage ou de confiture qui accompagnaient régulièrement les vingt grammes de margarine ? Le caractère d’insuffisance de la nourriture quotidienne n’en eût pas été moins bien marqué et l’honnêteté de l’information en eût moins souffert “, juge Rassinier.

Mais voici des allégations plus graves, auxquelles un délicat euphmisme peut seul garder le nom ” d’erreurs “. ” Les femmes S.S., raconte le Frère Birin, désignaient aussi leurs victimes et avec plus de cynisme encore que leurs maris. Ce qu’elles désiraient, c’étaient de belles peaux humaines, artistement tatouées. Pour leur complaire, un rassemblement était ordonné sur la place de l’Appel, la tenue adamique étant de rigueur. Puis ces dames passaient dans les rangs et, comme à l’étalage d’une modiste, faisaient leur choix. ” ” Il n’est pas exact, dément Rassinier, que ces choses se soient produites à Dora. Il y a eu, explique-t-il, une affaire d’abat-jour en peau humaine tatouée à Buchenwald, elle figure au dossier d’Ilse Koch. Mais, même là, le Frère Birin ne peut avoir assisté au choix des victimes, les faits incriminés étant antérieurs à notre arrivée. ” Au début de 1944, en effet, la rumeur concetrationnaire à Buchenwald accusait les deux kapos de la carrière et du jardinage de ce crime, jadis perpétré par eux avec la complicité de presque tous leurs collègues. Les deux compères avaient, disait-on, industrialisé la mort des détenus tatoués, dont ils vendaient contre de menues faveurs les peaux à Ilse Koch et à d’autres, par l’intermédiaire du kapo et du S.S. de service au krématorium.

” Mais la femme du commandant du camp et les autres femmes d’officiers se promenaient-elles dans le camp à la recherche des beaux tatouages, dont elles désignaient elles-mêmes les propriétaires à la mort ? Organisait-on des appels dans la tenue adamique pour leur faciliter cette recherche ? Tout ce que je puis dire, c’est que contrairement à ce qu’affirme le Frère Birin, cela ne s’est jamais produit à Dora, ni à Buchenwald durant notre internement commun. ”

Jamais non plus, à Dora du moins, les saboteurs ne furent ” condamnés à creuser d’étroits fossés, où leurs camarades étaient contraints de les enterrer jusqu’au cou “. Le Frère Birin, qui a sans doute entendu raconter cette scène par des rescapés de Mathausen, de Birkenau, de Flossenburg, de Neuengame, n’en décrit pas moins le suplice des malheureux, qui ” restaient abandonnés dans cette position pendant un certain temps. Ensuite, un S.S. armé d’une hache à long manche, coupait les têtes. ” Il renchérit même : ” Le sadisme des S.S. leur fit trouver un genre de mort plus cruel. Ils ordonnaient aux autres détenus de passer avec des brouettes de sable sur ces pauvres têtes. Je suis encore obsédé par ces regards… ”

Avec le même culot, l’abbé Jean-Paul Renard affirme : ” J’ai vu rentrer aux douches mille et mille personnes sur qui se déversaient, en guise de liquide, des gaz asphyxiants. J’ai vu piquer au coeur les inaptes au travail. ” Et, sur une remarque de Rassinier, qui lui n’a rien vu : ” D’accord, mais ce n’est qu’une tournure littéraire… et, puisque ces choses ont quand même existé quelque part, ceci n’a guère d’importance. ”

Déjà, une chose est sûre : beaucoup de déportés ont menti ! Déjà une question se pose : pourquoi ont-ils menti ? La réponse, en ce qui concerne la plupart d’entre eux, est d’ordre psychologique. Ces malheureux, qui ” ne se retrouvaient qu’à peine trente mille et dans quel état, se mirent à cultiver l’horreur à plaisir pour imposer plus sûrement la pitié et la reconnaissance, devant un public qui avait eu sa part d’horreur et qui voulair toujours plus de sensationnel. L’un excitant l’autre, ils furent pris comme dans un engrenage et ils en arrivèrent progressivement, à leur insu pour certains, sciemment pour le plus grand nombre, à noircir le tableau. Ainsi en avait-il été d’Ulysse qui travaillait dans le merveilleux et qui, au long de son voyage, ajoutait chaque jour une aventure nouvelle à son odyssée, pour satisfaire au goût du public de l’époque. ”

La légende des chambres d’extermination

L’épisode des chambres à gaz tient une place de choix dans la mythologie des camps : il importe donc d’élucider cette affaire. Pour Dora et pour Buchenwald, Rassinier est formel : il n’y en avait pas, et l’abbé Renard en convient, qui rétracte en coulisse ce qu’il affirme si lyriquement en public. Pour Neuengame, Louis Martin-Chauffier, dans son livre L’Homme et la Bête, n’en parle pas. Pourtant des milliers de témoins les ont vues, ces chambres à gaz : dans quels camps ?

” Moi, monsieur, affirme à Paraz un des vingt-huit mille rescapés, je les ai vues à Dachau. ” Paraz, aussitôt, écrit la chose à Rassinier, qui répond par retour : ” Dites à votre G…, et sur le ton le plus affirmatif, qu’il n’a jamais vu fonctionner la chambre à gaz de Dachau pour asphyxier. De retour en France, il a peut-être vu la photo publiée par tous les journaux. Mais pendant son séjour au camp, il n’a pu voir que l’écriteau ” Achtung ! Gaz ! Gefahr ! ” et c’est tout. ” ” Je soumis, raconte Paraz, le texte à G…, et celui-ci me dit, onctueux : ” Je ne l’ai, en effet, pas vue moi-même, mais c’est Michelet qui m’en a parlé… ”

David Rousset décrit Birkenau, ” la plus grande cité de la mort ” avec son Sonderkommando ” totalement isolé du monde, condamné à vivre toutes les secondes de son éternité avec les corps torturés et brûlés. La terreur brise si définitivement les nerfs que les agonies connaissent toutes les humiliations, toutes les trahisons. Et lorsque, inéluctablement, les puissantes portes de la chambre à gaz se ferment, tous se précipitent, s’écrasant dans la folie de vivre encore, si bien que, les battants ouverts, les cadavres s’efondrent, inextricablement mêlés en cascades sur les rails. ” Mais Les Jours de notre Mort, où l’auteur a voulu dresser ” un panorama d’ensemble du monde concentrationnaire “, constituent, de son aveu même, une ” tentative hardie, hasardée “, menée non d’après les documents recueillis, qui restent très insuffisants, mais d’après les témoignages directs ou indirects et l’on a déjà compris ce qu’en vaut l’aune.

Voici, toutefois, un témoignage plus sérieux. C’est celui d’Eugène Kogon, qui affirme dans L’Enfer organisé : ” Un très petit nombre de camps avaient leurs propres chambres à gaz. ” L’affaire, ainsi ramenée à des proportions réduites, s’étaye sur une documentation fort imprécise. Kogon produit bien un échange de lettres entre le médecin de Buchenwald et le directeur d’une maison de santé à Bernburg, mais cette correspondance relative à un envoi de Juifs malades et inaptes au travail tait l’opération à laquelle ils étaient destinés, et il faudrait ” solliciter singulièrement les textes pour en déduire qu’il s’agissait d’une opération d’extermination par le moyen des chambres à gaz. ” Par ailleurs, Kogon utilise les confidences ” d’un jeune Juif de Brno, Janda Weiss, qui appartenait, en 1944, au Sonderkommando “, c’est-à-dire au comando du crématoire et des chambres à gaz, de Birkenau, qui était l’un des camps d’Auschwitz. Malheureusement, personne d’autre que lui n’a pu profiter des déclarations de ce Janda Weiss, lesquelles seraient d’autant plus précieuses qu’il reste finalement le seul personnage de la littérature concentrationnaire à avoir assisté au supplice incriminé.

Il apparaît, en définitive, qu’il y a eu, d’une part, une opération ” pratiquée régulièrement dans tous les camps sous le nom de Selktion “. ” Un beau jour, les services sanitaires recevaient l’ordre de dresser la liste de tous les malades considérés comme inaptes au travail et de les rassembler dans un Block spécial. Puis, des camions arrivaient, ou une rame de wagons, on les embarquait et ils partaient pour une direction inconnue… ” Cette opération eut lie plusieurs fois à Dora, qui était un petit camp. Dans des camps plus grands comme Birkenau, qui était une véritable fourmilière humaine, elle prenait l’allure d’une chasse à l’homme dans l’affolement général des détenus qui essayaient d’échapper à ces rassemblements que la rumeur concentrationnaire appelait, par une sorte de dérision cruelle, des Himmels-Kommandos, c’est-à-dire en partance vers le ciel.

Il y avait, d’autre part, des chambres à gaz dans certains camps, et même quelques voitures munies d’un dispositif asphyxiant. Toutefois, aucun document péremptoire ni aucun témoignage contrôlé ne permettent jusqu’à présent, d’établir un lien entre l’opération dite de Selektion et l’existence des chambres à gaz. Seuls le secret qui entourait la destination des convois, l’épouvante qu’entretenait ce mystère ont pu donner lieu, dans une sorte d’autosuggestion collective, à la légende de ces exterminations massives par asphyxie. Et Rassinier rapporte le cas d’un de ses camarades sélectionné à Dora : ” Je le vis partir et je le plaignis. En 1946, je croyais encore qu’il était mort asphyxiéavec tout le convoi dont il faisait partie. En septembre de la même année, je le vis avec étonnement se présenter chez moi pour m’inviter à je ne sais plus quelle manifestation officielle. Comme je lui disais le sentiment dans lequel j’avais vécu en ce qui le concernait, il me raconta que le convoi en question avait été dirigé, non sur une chambre à gaz, mais sur Bergen-Belsen, dont la mission était, paraît-il, de recevoir en convalescence les déportés de tous les camps. On peut vérifier : il s’agit de M. Mullin, employé à la gare de Besançon. ”

Si certains déportés périrent dans les chambres à gaz, et il y en eut probablement, il s’agit d’exceptions qui relèvent d’accès de folie particulièrement sadiques d’officiers S.S. servis par leur chiourme complaisante. ” Le nombre, bien sûr, n’enlève rien à la nature de l’horreur, mais le fait qu’il s’agit d’une mesure édictée par un Etat au nom d’une philosophie ou d’une doctrine y ajouterait singulièrement. ” Or, rien ne prouve, dans l’état actuel de l’archéologie des camps, qu’il en ait été ainsi. Mais alors, si les chambres à gaz ne servaient pas à l’extermination massive des inaptes, quelle était l’utilité de ces installations mystérieuses ? Il faudra attendre, pour le savoir, que les archives du national-socialisme soient complètement dépouillées. En attendant, on n’a peut-être pas assez remarqué que ces chambres, là où elles existaient, ” étaient annexées aux Blocks sanitaires de la désinfection et des douches plutôt qu’aux fours crématoires, et que les gaz utilisés étaient des émanations de sels prussiques, produits qui entrent dans la fabrication des matières colorantes, notamment en bleu, dont l’Allemagne en guerre fit un si abondant usage “. Le terrible génie scientifique des Allemands permet toutes les suppositions. Quand aux fours crématoires, les présenter obligatoirement comme des instruments de torture, c’est oublier que la crémation est une pratique courante en Allemagne, où on la tient d’ailleurs des Juifs.

On trouvera que Rassinier, dans son goût excessif de la vérité, s’attarde un peu trop aux détails. Qu’importe, en effet, la façon dont les nazis exterminaient leurs victimes ? ” Ce qui compte, dit justement Paraz, c’est que les nazis ont déporté des tas d’innocents qui ne sont jamais revenus. ” La question de savoir s’ils ont fini dans les vapeurs brûlantes, ou dans tout autres espèces d’abattoir, ne peut intéresser que les érudits et il n’y a aucun intérêt pour le commun des mortels à chicaner sur les formes de cruauté du national-socialisme, ” dont les méfaits, Rassinier le sait à ses dépens, sont par ailleurs solidement établlis “. Mais précisément, répond-il, ” il n’y en a pas davantage à étayer une doctrine ou une interprétation peut-être vraie sur des faits incertains “.

La Häftlingsführung, jugée et condamnée

Nice-Matin publiait en 1945, le reportage d’une déportée. Elle racontait comment, prise dans la file, elle avait pourtant échappé de justesse à la chambre à gaz. Cette dame, qui était de ses amies, Paraz nous raconte, dans sa préface, comment il l’entendit ” un jour se disputer avec une femme qui avait, elle aussi, un chiffre gravé sur le bras et qui lui reprocha d’avoir écrit toute sa série d’articles sans mentionner que les mauvais traitements dont elle se plaignait étaient le fait de détenues comme elle, des Juives et des Polonaises.

A quoi notre journaliste amateur répondit avec une simplicité splendide qu’on ne pouvait pas en ce moment accabler des Juifs et des Polonais, le journal ne l’aurait pas laissé passer, tandis qu’on pouvait bien coller tout sur les Fritz qui en verraient bien d’autres et qui avaient le dos large. ”

La même omission coupable fausse trop de témoignages sur les camps de déportation. Le Frère Birin, déjà nommé, raconte ainsi l’arrivée à Buchenwald : ” Tout arrivant doit passer à la désinfection. Tout d’abord à la tonte générale, où des barbiers improvisés, ricanants, s’amusent de notre confusion et des entailles dont, par hâte ou maladresse, ils lardent leurs patients. Tels un troupeau de moutons privés de leur toison, les détenus sont précipités pêle-mêle dans un grand bassin d’eau crésylée à forte dose. Maculé de sang, souillé d’immondices, ce bain sert à tout le détachement. Harcelées par les matraques, les têtes sont obligées de plonger sous l’eau. En fin de chaque séance, des noyés sont retirés de cet abject bassin. ” ” Le lecteur non prévenu, commente Rassinier, pense immanquablement que ces barbiers improvisés qui ricanent et qui lardent sont de S.S. et que les matraques qui harcèlent les têtes sont tenues par les mêmes. Pas du tout, ce sont des détenus. Et les S.S. étant absents de cette cérémonie qu’ils ne surveillent que de loin, personne ne les oblige à se comporter comme ils le font. ”

De même, rien n’obligeait le kapo du Revier, à Neuengame, ni les autres détenus qui tenaient le rôle envié d’infirmiers à faire souffler un courant d’air mortel sur les torses nus des malades. De telle brimades, qui se renouvelaient à tous les moments de la vie concentrationnaire, constituaient-elles, comme le veut Martin-Chauffier, ” la mise en oeuvre d’un plan concerté en haut-lieu “, et dont le sadisme transcendant se serait accomodé des raffinements du sadisme individuel ? ” Avant de nous tuer ou de nous faire mourir, gronde-t-il, il fallait nous avilir. ” Ou, plus simplement, étaient-elles le fait de ” l’altération que, dans une administration hiérarchisée, tous les ordres subissent en descendant du sommet vers la base ” ? Rassinier, là encore, a tort, peut-être, de chicaner. Les vacheries de l’adjudant n’innocentent pas le général, et les brutalités perpétrées dans les centrales françaises par la chiourme des prévôts, si elles débordent largement la lettre des règlements, n’atténuent nullement la responsabilité de l’administration pénitentiaire, qui les tolère et qui les couvre. Les dirigeants de l’Allemagne hitlérienne, en dépit de la bienveillance hypocrite de leurs circulaires, ont misé sur les plus bas instincts d’une humanité qui, dans la souffrance mieux encore que dans le bonheur, excelle à tirer d’elle-même ses propre bourreaux. La culpabilité des nazis s’accroît, sans l’excuser pour autant, de la culpabilité de leurs valets.

Aussi s’étonne-t-on de voir Martin-Chauffier, après qu’il a justement porté au compte des S.S. les cruautés des kapos et autres chefs de Block, faire la part belle à ces responsables et vanter, par exemple, le choix terrible du médecin qui, pour sauver plus sûrement ceux qui peuvent ou qui doivent l’être, ferme à la masse des vrais malades la porte du Revier. Il va plus loin et, dans un mouvement de reconnaissance, célèbre ” la pureté glacée ” du détenu André qui faisait la loi à Neuengame et qui, pour soustraire de loin en loin dix hommes à un kommando, jouait un jeu difficile qui lui valait la cordialité des S.S. et la haine des autres détenus. ” J’ai toujours admiré, confie Martin-Chauffier, avec un peu d’effroi et quelque répulsion, ceux qui, pour le service de leur patrie ou d’une cause qu’ils croient juste, choisissent toutes les conséquences de la duplicité : ou la défiance méprisante de l’adversaire, ou sa confiance s’il les abuse; et le dégoût de ses compagnons de combat qui voient en lui un traître; et la camaderie abjecte des traîtres authentiques ou des simples vendus qui le considèrent comme l’un des leurs… ”

David Rousset est plus formel encore. Après avoir exposé le système de l’administration des camps par les détenus eux-mêmes, dans lequel il voit le principe diabolique de L’Univers concentrationnaire, il fait, tout au long de sa prestigieuse évocation des Jours de notre Mort, l’apologie de la Häftlingsführung. Il décrit le combat acharné que les politiques, dans tous les camps, menèrent, pour le pouvoir, contre les ” verts “. Il montre comment les communistes, mieux préparés pour ces luttes, investirent peu à peu les postes essentiels et mirent à profit l’autorité qu’ils tenaient des S.S. pour sauver l’élite, le précieux noyau révolutionnaire auquel ils se targuaient d’appartenir. Ils ne purent le faire qu’en maintenant aux yeux des S.S., un ordre strict, c’est-à-dire en faisant le travail des S.S., qui n’auraient pas été capables d’exercer eux-mêmes ” un contrôle autrement qu’extérieur et sporadique “. Comment nier que leur activité, si elle parvint effectivement à préserver la plus grande partie des communistes accrédités, ait été fort dommageable à la masse des détenus ?

C’est donc le procès de cette aristocratie improvisée qu’il importe d’ouvrir, si l’on veut ” fixer exactement les causes de l’horreur dans tous leurs aspects “. Procès qui rejoint, plus largement, celui de la collaboration dans ce qu’elle eut de plus désespéré. Comment, en effet, ne pas songer, devant le portrait d’André de Neuengame tracé par Martin-Chauffier, à ce Jacob Genns qui domina la tragédie du ghetto de Vilna ?

Nous emprunterons à Kogon quelques autres cas significatifs, cités par Rassinier. C’est d’abord celui de l’ancien député communiste allemand Ernst Busse, devenu kapo de l’infirmerie de Buchenwald. ” Un spécialiste, écrit Kogon, aurait sans aucun doute mené le camp à une catastrophe, car il n’aurait jamais pu être capable de dominer toutes les intrigues compliquées… ” Busse, secondé par des collaborateurs dont les compétences n’étaient rien moins que médicales, sut imposer l’ordre nécessaire. Le drame commençait à la porte de l’infermerie, où ” un robuste portier procédait à la première sélection radicale des malades “. Ainsi, remarque Rassinier, ” le kapo, choisi parce qu’il était communiste, choisissait un portier, non parce qu’il était capable de discerner les malades des autres ou, entre les malades, ceux qui l’étaient le plus de ceux qui l’étaient le moins, mais parce qu’il était robuste et pouvait administrer de solides râclées… Les raisons qui présidaient au choix des infirmiers, si elles n’étaient pas de même nature, étaient d’aussi noble inspiration. S’il y eut des médecins sur le tard, dans les infirmeries des camps, c’est que les S.S. l’imposèrent. Encore fallait-il qu’ils vinssent, eux-mêmes, les séparer de la masse, à l’arrivée des convois. Je passe sur les humiliations, voire les mesures de rétorsion, dont ces médecins furent victimes, chaque fois qu’ils imposèrent les impératifs de la conscience professionnelle aux nécessités de la politique et de l’intrigue. ” Kogon voit, néanmoins, des avantages au procédé : tel de ses amis, ancien pâtissier viennois, promu expert de tuberculose, a pu survivre, de ce fait, et sauver maints camarades. Procédé à breveter que celui qui, sacrifiant quelques centaines de poumons anonymes, conserve des bras à la révolution !

Un autre exemple, relevé par Rassinier dans le livre de Kogon, montrera l’efficacité de cette bureaucratie, suppléant aux vains efforts de la S.S. débordée : ” A Buchenwald, le capitaine S.S. Swartz n’essaya qu’une fois de former lui-même un transport de mille détenus. Après avoir fait séjourner presque tout le camp une demi-journée sur la place d’Appel pour passer les hommes en revue, il parvint à rassembler six cent hommes. Mais les gens examinés qui avaient dû sortir du rang filèrent tout simplement dans d’autres directions, et nul ne resta aux mains de Swartz… ” ” A mon sens, opine Rassinier, il n’y avait aucun inconvénient à ce que l’expérience Swartz se répétât chaque fois qu’il était question d’organiser un transport vers quelque lieu de travail. Si les S.S. n’avaient jamais pu y arriver, il n’en eût que mieux valu. ” Tel n’était pas, semble-t-il, l’opinion des détenus de la statistique de travail, qui en profitèrent pour organiser directement la répartition des travailleurs. Celle-ci avait lieu sur la place d’Appel. Tous les kapos, tous les chefs de Blocks, tous les Lagerschutz, gummi à la main, dressaient un barrage menaçant contre toute tentative de fuite. Comment, dira-t-on, ces communistes, ces antifascistes, ces antihitlériens concourraient à l’effort de guerre hitlérien, matraquaient ceux qui cherchaient à y échapper ? C’est qu’en revanche ils désignaient eux-mêmes, et l’on devine dans quel sens, les détenus qui faisaient partie des transports !

Ainsi la politique mise en oeuvre pour le sauvetage d’une prétendue élite aboutissait à trahir la cause des victimes, pour prendre la place des bourreaux. ” La S.S. n’avait plus besoin de frapper, puisque ceux auxquels elle avait délégué ses pouvoirs frappaient mieux qu’elle… La S.S. n’avait plus besoin de tuer pour faire respecter l’ordre, puisqu’on s’y employait à sa place et que l’ordre n’en était que plus rutilant “. Relisons encore Kogon : ” Quand la S.S. demandait aux politiques qu’ils fissent une sélection des détenus ” inaptes à vivre ” pour les tuer, et qu’un refus eût pu signifier la fin du pouvoir des rouges et le retour des verts, alors il fallait être prêt à se charger de cette faute. On n’avait que le choix entre une participation active à cette sélection ou un retrait probable des responsabilités dans le camp, ce qui, après toutes les expériences déjà faites, pouvait avoir des conséquences encore pires. ” Pires pour qui ? ” Plus la conscience était sensible, plus cette décision était dure à prendre. ” Sans doute était-elle plus dure encore à supporter, pour ceux qui en faisaient les frais ! Mais ne nous attardons pas à l’humour terrible de ces propositions…

Nous en savons assez. Le point est franchi où les moyens déployés, quelque blâmables qu’ils fussent au regard de la morale courante, trouvaient néanmoins une justification supérieure dans la fin dont ils se réclamaient. Le point est franchi au delà duquel l’élite, ayant rompu toutes les attaches avec la condition qu’elle prétend encore servir, n’est plus qu’une chiourme. Et tout le lyrisme d’un Rousset, payant sa dette de reconnaissance au communiste allemand Emile Künder qui l’a sauvé de la mort, toute la dialectique d’un Kogon masquent mal la vérité qui fut celle des camps : une camarilla de privilégiés prélevant, à tous les échelons, sa dîme sur les maigres rations et, pour conserver ses privilèges, ajoutant ses coups à ceux des S.S. Rejetant les sophismes qui ennoblissaient leur attitude, c’est à travers leurs propres plaidoiries que nous les entrevoyons, tels qu’ils furent aux yeux de leurs victimes : se gobergeant des produits de leurs vols et promenant, parmi la misère générale, les mines florissantes de la révolution préservée. Kogon lui-même convient que la corruption ” prit parfois des proportions honteuses dans les camps, même dans ceux où les politiques étaient au pouvoir. Plus d’un qui profitait de sa position a mené une vie de prince, tandis que ses camarades mouraient par centaines. ” Et le souvenir de ses anciennes indignations balayant les dernières réserves, il décrit l’époque paradoxale ” où les S.S. territoriaux ne portaient déjà plus les hautes bottes, mais de simples souliers de l’armée, lorsque des membres de la mince couche de ” caïds ” se promenaient fièrement, avec des vêtements à la mode et tailés sur mesure, comme des gandins, et certains même, tirant un petit chien au bout de sa laisse ! Cela dans un chaos de misère, de saleté, de maladie, de famine et de mort ! ” Sous le pharisaïsme, qui se parait d’idéaux sociaux et politiques hautement proclamés, l’instinct de conservation triomphe ici dans toute sa violence primitive. C’est la lutte pour la vie, telle qu’elle se déchaînait aux premiers âges de l’humanité, telle qu’elle grouille encore aux profondeurs bestiales de la jungle. Mais pouvait-il en être autrement, et comment l’homme n’eût-il pas nécessairement retrouvé dans ce monde farouche qu’on lui faisait la sauvagerie des appétits élémentaires ?

L’adresse politique, face à la force brute, que pouvait-elle faire, sinon ” organiser l’enfer ” ? ” Des dizaines de milliers de survivants que le régime de terreur exercé par d’arrogants compagnons de captivité a peut-être fait souffrir davantage encore que les infamies de la S.S. me sauront gré, promettait Kogon au seuil de son livre, d’avoir également mis en lumière cet autre aspect des camps, de n’avoir pas craint de dévoiler le rôle joué dans divers camps par certains types politiques qui, aujourd’hui, font grand bruit de leut antifascisme intransigeant… ” Cette promesse, si mal tenue par Kogon, Rassinier l’assume en montrant comment la bureaucratie concentrationnaire ” a gardé pour elle toutes les courtes pailles et, faisant procéder au tirage pas la S.S., a mangé la masse des détenus “.

L’avenir concentrationnaire

Une terrible question nous a souvent brûlé les lèvres lorsque nous parcourions, naguère, la littérature des rescapés, lorsque nous écoutions leurs récits : ” Mais toi ? Comment es-tu resté vivant quand tant d’autres sont morts ? Par quel miracle es-tu revenu, plutôt que Desnos ? Pourquoi Marcel Paul plutôt que Crémieux ? ”

Vercors, obsédé par le sort des âmes dans les grandes aventures qui ont brassé les corps dans la dernière guerre, a lancé aussi cette question aux ombres. Comme il avait pressenti le drame du collaborateur, enlisé avec ses illusions dans Le Silence de la Mer, il a imaginé le retour du déporté, secrètement mutilé par Les Armes de la Nuit, l’affreuse confession de l’homme qui a dû, sous la trique des S.S., jeter dans le four ardent les cadavres par centaines, et soudain, parmi cette charogne, le visage du compagnon de géhenne, encore souriant d’un reste de vie. Sourire plus brûlant, à l’âme qu’elle assassine, que le feu qui rissolle les chairs.

” J’ai perdu ma qualité d’homme “, répète le revenant inconnu…

Déjà, commentant dans Valsez, Saucisses le premier livre de Rassinier, Paraz tirait de ce récit si objectif ” une impression bien plus dégueulasse, horrible, désespérante que dans les témoignages qui veulent prouver quelque chose “.

Les déportés, jetés dans la fosse, y ont défendu, plus ou moins âprement, leur peau. Beaucoup, qui avaient choisi de mourir debout, ont survécu à genoux. Qu’ils nous disent leurs souffrances, voire leurs combines, mais qu’ils n’en fassent pas un sacerdoce ! Or, il ressort du travail de Rassinier que ce sont ceux qui durèrent à plat ventre, ceux-mêmes qui pactisèrent délibérément avec les bourreaux, qui proclament ou font proclamer leurs titres à la reconnaissance des victimes et de l’humanité tout entière. Leur prétention n’est pas seulement malhonnête, elle est dangereuse : se drapant dans leur lâcheté, ils tentent de canaliser à leur profit, et au profit de la cause qui s’est trahie en justifiant leur trahison, le ressentiment légitime contre le mal et ses auteurs. Le mensonge d’hier, nourissant le mensonge d’aujourd’hui, prépare le mensonge de demain.

” Ah !, c’est peut-être la dernière et la plus durable victoire de l’hitlérisme, écrivait Albert Camus, que ces marques honteuses laissées dans le coeur même de ceux qui l’ont combattu de toutes leurs forces. ”

La haine au service de l’idée, la haine abstraite, anonyme est un venin filtrant. Elle gangrène le monde moderne. Les méthodes que nous portâmes si facilement au seul compte de l’hitlérisme, devenu un temps le bouc émissaire de tout ce que le monde portait d’ignoble en lui, triomphent aujourd’hui sous des noms divers, dans tous les pays. La pression des polices, qui marquent les individus à coups de fiches pour mieux les parquer entre leurs frontières, la contagion des mystiques totalitaires, étouffant les derniers îlots de bon sens anarchique, transforment la terre en un vaste camp compartimenté, alvéolé sous cinquante drapeaux, où les esclaves modrenes s’apprennent aux lois de la termitière.

Ce n’est pas le moindre mérite du nouveau livre de Rassinier que d’avoir, en rectifiant quelques légendes, précisé le processus concentrationnaire, en montrant le risque qu’on court à composer avec les monstres.

Nos amis et tous ses lecteurs feront le sort qu’elles méritent, celui que chacun d’eux mérite, aux révélations de ce dangereux maniaque de la vérité.

J.V. [ Jean Vita ]

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