Situation du penseur libre

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Deux articles du numéro 27 de Défense de l’Homme, décembre 1950, faisant suite à la parution du Mensonge d’Ulysse, aux accusations dont il a été l’objet à l’Assemblée Nationale et au procès qui s’ensuivit. D.D.H., n° 27, décembre 1950, p. 30 à 34

Lectures d’actualité,

La deuxième der (…) [ Chronique du livre La deuxième Guerre par Pierre et Renée Gosset, éditions de Flore ]

(…) N’est-il pas inquiétant, au moment où se joue ainsi à pile ou face l’éventualité d’une troisième guerre mondiale, n’est-il pas inquiétant que nous soyons encombrés, dans ce vieux pays, par les séquelles morales de la précédente ? Nous sommes comme ces vieux combattants de 1914-1918 qui, à la veille de 1939, nous lavaient encore les oreilles avec les champs de betteraves de Guise et les fossés de Verdun. L’homme est puceau de l’horreur, a dit Céline, comme il l’est de la volupté. C’est une complaisance de la même sorte, sentimentale aux souvenirs de ” la deuxième der “, que je sens sous maintes polémiques qui s’éternisent.

C’est ainsi que nous avons reçu, Lecoin et moi, plusieurs lettres de désaccord à la suite de mon commentaire sur le livre de Rassinier, Le Mensonge d’Ulysse.

La moins polie venait d’un groupe de patriotistes ou de communistes, je ne sais pas et je ne fais pas de différence entre ces deux ” istéries “, dont je me demande ce qu’ils pouvaient trouver jusque là dans cette revue qui les satisfasse.

Quant aux autres, davantage à notre écho, j’ai tout de même l’impression que ceux qui les ont écrites m’ont lu un peu rapidement.

Pour moi, je n’ai pas un mot à corriger à mon article.

J’ajouterai seulement que, n’ayant pas été déporté, je n’aurais jamais osé parler des camps en mon nom. Je me suis contenté de ramasser, aussi fidèlement que je l’ai pu, l’argumentation de Rassinier, qui, lui, est allé chercher entre Dora et Buchenwald le droit de dire ce qu’il a vu et ce qu’il n’a pas vu – un droit garanti par ses 80 % d’invalidité et ses seize heures par jour de repos obligé.

De petits curieux, qui pratiquent la typographologie, me diront que je ne courrais sans doute pas grand risque de l’être, déporté. C’est vrai, je n’ai pas résisté, au moins au sens vulgaire du mot. Car je suis pacifiste avant tout. Ce n’est pas que j’ai une constitution extraordinaire, pourtant les costumes de confection qu’on distribue au rayon des patries me gènent aux entournures. Pour tout dire, je ne m’habille que sur mesure.

Ce défaut m’a valu bien des histoires : j’ai résisté à ma façon. Je n’ai pas attendu les appels du dehors pour prendre le maquis. Six ans que la France est libérée et j’y suis toujours, plus que jamais clandestin !

Mais nous aurons l’occasion de reparler de cette Résistance-là.

Jean VITA.

D.D.H n° 27, décembre 1950, p. 19

Situation du Penseur Libre

La confrontation générale des témoignages parus sur les camps de concentration allemands, que Paul Rassinier vient de publier avec une préface d’Albert Paraz sous le titre ” Le Mensonge d’Ulysse ” a été l’objet :

– de démarches répétées des crypto-communistes à l’Intérieur et aux Sceaux, pour en obtenir la saisie par décret;

– d’une violente attaque du député M.R.P. Maurice Guérin, à la tribune de l’Assemblée Nationale, le 2 novembre dernier;

– d’une assignation en un million de dommages et intérêts, appuyée par une demande de saisie de la part du député R.P.F Michelet;

– de la réserve hostile du parti socialiste.

Touchante et symbolique unanimité contre une vérité génante que celle qui se caractérise par le R.P.F volant au secours des communistes avec la bénédiction des autres partis !

Le procès doit avoir lieu le 10 janvier 1951. Comme on ne sait jamais ce qui peut en sortir, dépêchez-vous de commander ” Le Mensonge d’Ulysse “, aux Editions Bressanes à Bourg-en-Bresse, chez votre libraire habituel ou chez l’auteur, à Mâcon. C.C.P. Lyon 724-98. Franco : 350 francs.

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