O Tempora…

 

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FCIE106

Octobre 2017 : Nous profiterons de cette page disponible pour y publier, dans l’ordre alphabétique, des correspondances ou documents inédits.

En guise d’introduction les liens ci-dessous mènent au long dossier intitulé LE RETOUR DE PAUL RASSINIER publié en 1983 par Les Amis de Paul Rassinier, c’est-à-dire principalement Pierre Guillaume:

Première partie

Deuxième partie

Troisième partie

Quatrième partie

Cinquième partie

Sixième partie

Sixième partie, bis

Sixième partie, ter

Sixième partie, et fin

 

 

 

 

GIOVANNI BALDELLI

118, Denneth Road, Nex Cross., London. S.E. 14

Le 14 avril 1967

Cher Rassinier

J’ai été très content de te revoir et surtout de te trouver en bonne santé. J’ai aussi beaucoup apprécié l’occasion de faire la connaissance de ton fils et d’entendre ta femme exprimer son point de vue, car lors de ma première visite elle était restée plutôt dans l’ombre. D’accord avec toi sur beaucoup de points. Il me semble cependant que tes livres se prêtent aux intérêts de gens à qui la vérité n’importe pas autant qu’elle paraît importer à toi. L’atténuation des responsabilités allemandes et l’inculpation de certains crimes leur intéresse peut-être parce que dans leur cœur ils approuvent ces crimes et les motifs ou l’idéologie qui les ont dictés. Ne t’est-il pas possible, dans tes livres, de taper également à droite et à gauche, de façon à ce qu’on ne puisse t’accuser de néo-nazisme comme personne ne pense à t’accuser de communisme ou de sémitisme? A toi, bien sûr, de décider. En attendant, les gens même bien intentionnés se méfient de toi. C’est le cas de Théo, de Noir et Rouge, qui te reproche tes positions extrêmes (d’avoir dit, par exemple, que les fours crématoires ne furent construits qu’à guerre pratiquement terminée) et qui pourtant admire ton livre sur les banques. peut-être sera-t-il nécessaire d’attendre que je te revoie pour discuter de tout cela car j’imagine que par lettre ce sera trop long. Pendant mon séjour à Paris j’ai rencontré Jean Loisy. Il est poète et dramaturge mais il a écrit aussi un petit livre “L’Homme et la guerre” aux éditions Points et contrepoints, dont il est le rédacteur en chef. Son opposition à la guerre est sans distinction ou conditions et je crois que la tienne soit du même genre. Autrement je n’ai vu que les membres de la Commission Préparatoire du prochain congrès qui a été fixé pour 1968. J’ai longuement discuté avec ma compagne de ce que ton fils a proposé mais nous avons conclu qu’il ne nous sera pas possible de séjourner à Paris pour le temps nécessaire avant les vacances de Pâques de l’année prochaine. Ce sera donc pour alors, à moins que les circonstances ne changent et pourvu que ton fils soit toujours en état de nous procurer l’introduction ou recommandation nécessaire. Peut-être d’ici là aura-t-il l’occasion de venir une nouvelle fois en Angleterre et dans ce cas il ne faut pas qu’il oublie de venir chez nous. A toi et aux tiens mes meilleurs vœux ainsi que ceux de ma compagne.

Giovanni Baldelli

 

ALEXIS CURVERS

 

Notons en préambule que Le Monastère des Deux-Saints-Jean d’Alexis Curvers fut réédité en 1988 aux éditions Actes Sud par Hubert Nyssen. Françoise Nyssen, l’actuelle ministre de la culture, avait déjà intégré la direction de la maison.

Deux lettres datées d’avril et mai 1966 adressées par Alexis Curvers à Paul Rassinier attestent de relations entre les deux écrivains autour des suites de la pièce de théâtre de Rolf Hochhult, Le Vicaire, jouée pour la première fois à Berlin en février 1963. Prenant la défense du pape, Curvers avait publié chez Lafont en 1964 Pie XII, le pape outragé, tandis que Rassinier avait entrepris une critique historique de l’affaire dans l’Opération Vicaire, publié en janvier 1965 à La Table Ronde.

La première lettre, datée du 4 avril 1966 évoque les suites (comptes rendus dans la presse) d’une conférence réunissant les deux orateurs au Palais des Beaux Arts de Liège, probablement dans les premiers mois de 1966.

“Ne nous décourageons pas cependant. Ce n’est pas à moi de vous rappeler que la vérité finit toujours par faire son chemin.”

La seconde lettre, datée du 24 mai 1966, fait suite à la réponse de Rassinier:

“J’admire d’ailleurs que votre vigueur combative n’ait pas fléchi. C’est vrai : vous êtes un bagarreur. C’est votre force même si je me suis permis de vous avouer que j’y voyais aussi, à certains moments, votre point faible. Vous avez bien compris que je vous disais ceci en toute amitié (…)

Quant à votre argument selon lequel seuls les “resquilleurs organisés” ont survécu au régime des camps, s’il contient une bonne part de vérité, il a l’inconvénient d’être contestable, dans un certain nombre de cas qu’on ne fera pas faute de vous opposer. J’ai moi-même connu plusieurs déportés certainement irréprochables, qui sont rentrés par miracle, à vrai dire squelettiques et à demi-mourants. Faut-il vous rappeler, si on ne l’a déjà fait, que vous êtes précisément l’un de ces exemples? Je crois donc imprudent et injuste de généraliser sans réserve un jugement qui ne porte que sur des cas sinon très rares, du moins particuliers, et assurément déplorables.

Voilà l’essentiel de ce que j’avais à vous dire. Je continue à travailler beaucoup, parti sur de nouvelles pistes qui recoupent étrangement celles où nous nous sommes rencontrés. Je reviendrai vous en parler aussi prochainement que possible, espérant alors vous trouver en parfaite santé et en pleine euphorie. En attendant, croyez toujours, Cher Ami, à mes sentiments bien fidèles.”

 

MAURICE DOMMANGET

 

On connaît une douzaine de lettre de Maurice Dommanget à Paul Rassinier entre la fin 1950 et 1955.

Dans une de ces lettres datée du 30 avril 1955, Dommanget apprend à Paul Rassinier qu’il possède une collection incomplète du Travailleur (1932-34), mais nous ne connaissons pas de correspondances avec Rassinier datant de cette époque.

Les copies de plusieurs lettres de Dommanget à Paul Rassinier dont les originaux ne sont pas localisés ont été retrouvées dans les archives de La Vieille Taupe.

“Orry la Ville, 3 Xbre 1951

“(…) J’ai vu que les chats-fourrés t’avaient condamné. C’est tout simplement monstrueux. L’avenir dira que tu as été le 1er à poser en France sur le plan de l’objectivité l’histoire des camps nazis.

On a toujours tort d’avoir raison trop tôt.

Dommanget”

*

“Orry la Ville, 21.I.53

Mon cher Rassinier,

Je crois que Roth te donnera satisfaction.

Tes remarques sont très justes en ce qui concerne les générations nouvelles qui ont tout à apprendre. En effet, elles ne connaissent pas Horrabin et bien d’autres. A ce sujet, ton ouvrage peut et doit les intéresser et les faire réfléchir.

Ce que tu dis de l’agrégé de philosophie ne connaissant pas Proudhon ne me surprend qu’à demi.

Dans toutes mes brochures sur les éducateurs d’avant garde il y a un certain nombre de choses neuves. Elles ne peuvent être décelées que par des connaisseurs étant donné le système des références en bloc à la fin.

Anticommunisme? Non Anti-stalinisme. Et pas du tout aveugle. Nous sommes à sa merci. C’est l’ennemi °1, plus dangereux que la Réaction la plus noire et le Capitalisme sans vigueur de nos pays occidentaux. Il est source à la fois de servitude et de guerre, deux calamités indivisibles, avec un coefficient de terrorisme, de mensonge, de mauvaise foi, de gangstérisme jamais atteint jusqu’ici.

En hâte et bien cordialement,

Dommanget”

 

RENÉ GÉRIN

 

Nous n’avons pas retrouvé l’original de cette lettre de René Gérin à Paul Rassinier, datée du 6 avril 1955 dans les archives de Paul Rassinier, mais seulement une photocopie dans un dossier consacré au Retour de Paul Rassinier des archives de la Vieille Taupe. Ce dossier a été déposé à la BDIC et joint au fonds Rassinier.

Elle atteste de tensions au sein du mouvement pacifiste et d’une méfiance dès la fin des années trente à l’égard d’Émile Bauchet, de la part d’une partie des membres de la Ligue Internationale des Combattants de la Paix.

Elle indique aussi que Gérin et Rassinier ont “renoué connaissance” peu avant sa rédaction, ce qui laisse supposer qu’il avaient eu l’occasion de se rencontrer dans les années trente, même si, à l’époque, Paul Rassinier ne devait pas représenter autre chose que lui-même devant l’aura pacifiste de René Gérin.

Gérin étant décédé en 1957, nous ignorons si la rencontre projetée a eu lieu.

“Paris, le 6 avril 1955

Mon cher Rassinier,

Je suis, moi aussi, très heureux d’avoir renoué connaissance avec toi après tant d’années, et d’événements, et j’espère, quand tu reviendras à Paris, te revoir plus longuement, et pouvoir parler avec toi, librement, de la question au sujet de laquelle tu m’écris.

J’ai été plus que le camarade, l’ami de Bauchet, et de sa femme. J’ignorais absolument tout de leur passé – sur lequel je n’ai eu des lueurs que bien plus tard – J’appréciais leur zèle, leur militantisme, leurs gestes gentils et fraternels, qui constituent des qualités indéniables. C’est seulement après trois ou quatre ans de combat côte à côte, en 1936 environ, qu’on s’est rendu compte, à la L.I.C.P., que la gestion, dont le ménage était responsible, était mauvaise, les remarques et protestations des militants se faisaient de plus en plus vives et nombreuses, il a bien fallu ouvrir les yeux. Certains, parmi les membres du bureau, Challaye et Jospin notamment, défendaient Bauchet obstinément. Moi, j’étais plus réticent, soutenu dans mon opinion par l’immense majorité de la ligue. Là-dessus, Bauchet ayant trouvé une situation dans la culture, annonça qu’il se retirait, mais, en se retirant, fit tout le mal possible à l’organisation, et arriva même à provoquer l’interruption de la publication du Barrage pendant plusieurs mois. Il a fallu, après son départ, travailler dur pour republier le Barrage.

A l’époque, pour toutes sortes de raisons, la L.I.C.P. Jugea qu’il valait mieux ne pas trop affoler les militants, ne pas faire d’esclandre, et ne pas insister sur la gestion administrative de la ligue. Tout bien réfléchi, je crois que nous avons eu raison. Mais le fait est là : la L.I.C.P. et le Barrage ont bien failli en crever.

Voilà, mon cher Rassinier, pourquoi, lorsque s’est fondée la Voie de la Paix, l’immense majorité des anciens ligueurs de la L.I.C.P. N’a pas marché, précisément parce que c’était Bauchet qui menait la barque. Moi le premier, qui ai été sérieusement échaudé, et, avec moi, tous ceux qui se rappellent les histoires d’il y a 18 ans. Je n’ai d’ailleurs rien fait pour combattre cette nouvelle entreprise Bauchet. Je me contente de l’ignorer, et de ne jamais répondre aux appels qui sont faits, par les uns ou les autres : je ne collaborerai jamais à une organisation à la tête de laquelle sera Bauchet.

Je ne sais qui est ce Fournier dont tu me parles. Pour l’instant je ne mets aucune figure sur ce nom là. Mais ce Fournier n’est pas le seul à se méfier. Presque tous les anciens de la L.I.C.P., – et je pourrais te citer bien des noms – en font autant. Les gars de la Patrie humaine aussi. Et c’est si vrai que tu en as eu des échos…

“ Il y a pire.”, ai-je dit à Louvet, qui te l’a répété…..

(J’avoue que je regrette un peu de lui avoir dit ça, et qu’il te l’ai répété, puisque ça te met un si grand trouble.)

Oui, il y a pire. Il y a même deux choses pires, que plusieurs camarades savent, mais dont, quand tu les connaîtras, tu comprendras qu’il est difficile d’en faire état publiquement. Je te les expliquerai toutes les deux, à l’occasion, quand tu seras de passage à Paris, et tu verras pourquoi Louvet n’a pas pu te les répéter.

L’une me concerne personnellement, l’autre est d’un intérêt général, mais ni pour l’une ni pour l’autre il n’y a de preuve absolue, et il ne peut pas y en avoir. Les présomptions cependant sont telles que j’ai des certitudes, et de quoi les étayer.

Je réponds maintenant à ta question : l’homme foncièrement honnête que tu es doit-il garder son estime à Bauchet? Ne doit-il pas craindre que lui soient un jour reprochées des amitiés dont il aurait à rougir?

Tu n’as pas à rougir de tes amitiés, même s’il t’est un jour prouvé que tes amis n’en étaient pas dignes. Je ne rougis pas d’avoir été l’ami de Bauchet pendant qques années. Et il y a, dans l’entourage de Bauchet, des camarades tels que toi-même, Challaye, Jospin, Capy et tant d’autres, à qui nul n’a le droit de reprocher d’être ses amis. Il se peut même que la Voie de la Paix fasse du bon travail, même dirigé par un homme douteux. Mais, pour toute l’estime que j’ai pour toi, et puisque tu prends la chose à coeur, je te dis : méfiance.

Tu le vois, mon cher Rassinier, je te réponds sans détour, et t’éclairerai aussi complètement que possible quand nous nous reverrons. (Ne fais pas exprès pour ça le voyage de Paris!)

Bien entendu, garde tout cela pour toi. J’ai rayé, non seulement de mes amitiés, mais encore de mes connaissances le ménage Bauchet, et je ne me prêterai jamais à une controverse quelconque à leur sujet. Tu sais, d’ailleurs, que les controverses de ce genre sont particulièrement pénibles, et ne servent à rien. Je ne fais que répondre à ton appel où j’ai discerné quelque angoisse. Mais tu sais combien les anars sont susceptibles quand on doute de l’un d’eux: même ceux qui ne peuvent pas le sentir ne veulent pas que le groupement soit suspect!

C’est à toi seul que je dirai ce que j’ai à dire, pour ta gouverne personnelle.

A bientôt donc, mon cher Rassinier. Ne t’affole pas. Dans ta carrière de militant, tu en as vu, et tu en verras bien d’autres!

Et bien fraternellement

René Gérin”

Ajouté le 7 mars 2018

 

 

SAINT LOUP

 

Trois lettres de Saint Loup (Marc Augier) à Paul Rassinier :

SAINT LOUP

(Marc Augier)

7 rue Victor Chevreuil

Paris 12e

Paris, 11 octobre 1962

Cher Monsieur,

J’ai lu vos livres courageux et remarquablement bien documentés. C’est une grande chose que de travailler comme vous le faites à la démystification de l’histoire. Durant la guerre, nous n’étions pas dans le même camp, mais de mon côté, je recherche aussi la vérité objective qui se situe au-dessus des passions, en écrivant une histoire des Forces françaises anti-bolcheviques 1941-1945. Je suis arrêté pour le deuxième tome de cet ouvrage, par l’absence de photos se rapportant aux combats de la brigade française Charlemagne contre les Russes en Poméranie, en février-mars 1945. Je suis également dans l’embarras pour des photos sur les derniers jours de la bataille de Berlin qui fut menée jusqu’au 2 mai 1945 par les deux cents survivants de la brigade Charlemagne.

J’ai pensé que vous aviez eu l’occasion de consulter beaucoup d’archives allemandes et, qu’au cours de ces recherches, vous auriez pu trouver des documents de cet ordre ou connaître des organisations capables de les procurer. Serait-ce trop vous demander de me faire savoir si je me trompe ? Je m’excuse de formuler cette demande sans pouvoir me couvrir d’une ancienne fraternité d’armes, mais je crois en définitive que la manière dont nous abordons l’un et l’autre cette histoire douloureuse des rapports franco-allemands m’autorise à tenter ma chance auprès de vous.

Avec mes remerciements anticipés, veuillez agréer cher Monsieur, mes bien sincères salutations.

*

Paris, 22 octobre 1962

Cher Monsieur,

Je vous remercie vivement pour votre aimable lettre du 15 octobre. Je suis très heureux de profiter de votre offre de me mettre en contacts avec Herbert Graber car je n’écris malheureusement pas l’allemand. Puis-je donc vous demander de lui envoyer un petit mot en lui exposant sommairement ce que je désire : documents sur la bataille de Poméranie, février 1945 et combats de rue de Berlin, avril 1945 (concernant, si possible, les unités françaises) ; mais aussi scènes générales, exodes de populations, etc…

Je serais heureux et honoré d’avoir l’occasion de faire votre connaissance. Les derniers esprits libres de ce temps se comptent en effet sur les doigts de la main. Il faut arriver à rétablir l’histoire de la seconde guerre mondiale dans un cadre d’objectivité seul capable d’apaiser les passions, ces passions qui aujourd’hui encore empêchent de sauver une Europe terriblement menacée. Je sais avec quel bonheur vous y travaillez. De mon côté, j’essaie de fixer la tranche d’histoire à laquelle j’ai participé.

Avec mes bien vifs remerciements, recevez cher Monsieur, l’assurance de mes meilleurs sentiments.

*

29 octobre 1962

Cher Monsieur,

Je vous remercie pour votre lettre du 23. Au sujet de Benoist-Méchin, je l’ai rencontré une fois il y a quelques années, après mon retour en France. Je serais naturellement à la fois très honoré et passionnément intéressé par une rencontre avec lui mais, dans l’immédiat, plus encore avec vous. J’ai l’impression que nous avons en commun un certain nombre de conceptions de l’homme et du monde qui n’ont pas cours dans les milieux dits nationaux !

Je ne sais comment la chose pourrait se faire, soit qu’à l’occasion vous veniez chez moi, soit que vous préfériez que j’aille à un rendez-vous que vous me fixeriez, à votre convenance. Je suis à Paris les 5, 6 et 7 novembre, ensuite je vais dans le sud-ouest pour une tournée de signatures de mon dernier livre et je rentre le 17 novembre.

Bien cordialement vôtre.

Ajouté le 20 juillet 2018