O Tempora…

 

 

FCIE106

Octobre 2017 : Nous utiliserons cette page disponible pour publier des correspondances ou des documents inédits.

ALEXIS CURVERS

Notons en préambule que Le Monastère des Deux-Saints-Jean d’Alexis Curvers fut réédité en 1988 aux éditions Actes Sud par Hubert Nyssen. Françoise Nyssen, l’actuelle ministre de la culture, avait déjà intégré la direction de la maison.

Deux lettres datées d’avril et mai 1966 adressées par Alexis Curvers à Paul Rassinier attestent de relations entre les deux écrivains autour des suites de la pièce de théâtre de Rolf Hochhult Le Vicaire, jouée pour la première fois à Berlin en février 1963. Prenant la défense du pape, Curvers avait publié chez Lafont en 1964 Pie XII, le pape outragé, tandis que Rassinier avait entrepris une critique historique de l’affaire dans l’Opération Vicaire, publié en janvier 1965 à La Table Ronde.

La première lettre, datée du 4 avril 1966 évoque les suites (comptes rendus dans la presse) d’une conférence réunissant les deux orateurs au Palais des Beaux Arts de Liège, probablement dans les premiers mois de 1966.

Ne nous décourageons pas cependant. Ce n’est pas à moi de vous rappeler que la vérité finit toujours par faire son chemin.

La seconde lettre, datée du 24 mai 1966, fait suite à la réponse de Rassinier:

J’admire d’ailleurs que votre vigueur combative n’ait pas fléchi. C’est vrai : vous êtes un bagarreur. C’est votre force même si je me suis permis de vous avouer que j’y voyais aussi, à certains moments, votre point faible. Vous avez bien compris que je vous disais ceci en toute amitié (…)

Quant à votre argument selon lequel seuls les “resquilleurs organisés” ont survécu au régime des camps, s’il contient une bonne part de vérité, il a l’inconvénient d’être contestable, dans un certain nombre de cas qu’on ne fera pas faute de vous opposer. J’ai moi-même connu plusieurs déportés certainement irréprochables, qui sont rentrés par miracle, à vrai dire squelettiques et à demi-mourants. Faut-il vous rappeler, si on ne l’a déjà fait, que vous êtes précisément l’un de ces exemples? Je crois donc imprudent et injuste de généraliser sans réserve un jugement qui ne porte que sur des cas sinon très rares, du moins particuliers, et assurément déplorables.

Voilà l’essentiel de ce que j’avais à vous dire. Je continue à travailler beaucoup, parti sur de nouvelles pistes qui recoupent étrangement celles où nous nous sommes rencontrés. Je reviendrai vous en parler aussi prochainement que possible, espérant alors vous trouver en parfaite santé et en pleine euphorie. En attendant, croyez toujours, Cher Ami, à mes sentiments bien fidèles.

MAURICE DOMMANGET

 

On connaît une douzaine de lettre de Maurice Dommanget à Paul Rassinier entre la fin 1950 et 1955.

Dans une de ces lettres datée du 30 avril 1955, Dommanget apprend à Paul Rassinier qu’il possède une collection incomplète du Travailleur (1932-34), mais nous ne connaissons pas de correspondances avec Rassinier datant de cette époque.

Les copies de plusieurs lettres de Dommanget à Paul Rassinier dont les originaux ne sont pas localisés ont été retrouvées dans les archives de La Vieille Taupe.

Orry la Ville, 3 Xbre 1951

“(…) J’ai vu que les chats-fourrés t’avaient condamné. C’est tout simplement monstrueux. L’avenir dira que tu as été le 1er à poser en France sur le plan de l’objectivité l’histoire des camps nazis.

On a toujours tort d’avoir raison trop tôt.

Dommanget

 

Orry la Ville, 21.I.53

Mon cher Rassinier,

Je crois que Roth te donnera satisfaction.

Tes remarques sont très justes en ce qui concerne les générations nouvelles qui ont tout à apprendre. En effet, elles ne connaissent pas Horrabin et bien d’autres. A ce sujet, ton ouvrage peut et doit les intéresser et les faire réfléchir.

Ce que tu dis de l’agrégé de philosophie ne connaissant pas Proudhon ne me surprend qu’à demi.

Dans toutes mes brochures sur les éducateurs d’avant garde il y a un certain nombre de choses neuves. Elles ne peuvent être décelées que par des connaisseurs étant donné le système des références en bloc à la fin.

Anticommunisme? Non Anti-stalinisme. Et pas du tout aveugle. Nous sommes à sa merci. C’est l’ennemi °1, plus dangereux que la Réaction la plus noire et le Capitalisme sans vigueur de nos pays occidentaux. Il est source à la fois de servitude et de guerre, deux calamités indivisibles, avec un coefficient de terrorisme, de mensonge, de mauvaise foi, de gangstérisme jamais atteint jusqu’ici.

En hâte et bien cordialement,

Dommanget

 

 

 

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