3e Guerre mondiale II

INDEX

Charivari janvier 1967003

Le Charivari mensuel, janvier 1967 Nouvelle série, numéro 14, pp. 15-19.

Le chapeau – est-il nécessaire de le préciser – est de la rédaction du Charivari, tout comme les illustrations et textes encadrés.

Une troisième guerre mondiale pour du pétrole ?

Par Paul Rassinier

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Selon toute vraisemblance, l’article qu’on va lire ci-dessous ne plaira pas à tout le monde.

Pour la majorité de l’opinion, l’existence de l’État d’Israël est un fait acquis qu’on ne saurait remettre en question. La plupart oublient les conditions dans lesquelles fut créé cet État – par le dépeçage de la Palestine arabe. Peu se soucient de la situation dans laquelle se trouvent plusieurs centaines de milliers d’anciens habitants du pays, chassés aujourd’hui de leurs terres, misérables, affamés, aigris et gonflés de haine contre leurs dépossesseurs. Il faut des événements comme ceux qui ont récemment affecté la Jordanie pour que certains s’en souviennent.

Paul Rassinier, l’auteur de cet article, est un esprit droit, et aussi peu conformiste que possible.

On ne s’étonnera pas de le voir partir hardiment en guerre contre les lieux communs, les habitudes de pensée, les idées toutes faites. Il se soucie peu de faire hurler ou de plaire. Il dit ce qu’il pense être la vérité.

On aurait tort, ajouterons-nous, de voir dans cet article un pamphlet antijuif. On peut parfaitement admirer le courage dont font preuve les Israéliens, créant leur nation de toutes pièces, arrachant les cultures au sable, fondant des villes et vivant la vie difficile es kibboutz, et admettre en même temps que la création d’un État juif au Moyen-Orient fut une erreur politique grosse de dangers.

Que l’on soit d’accord ou non avec Paul Rassinier, on ne pourra manquer de considérer avec attention ses arguments. – L.C.

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Le 13 novembre 1966 au petit matin, l’armée israélienne lance, par surprise, une attaque sanglante et spectaculaire contre le royaume arabe de Jordanie. Un régiment de tanks et des détachements motorisés armés jusqu’aux dents, couverts par des escadrilles de « Mirages », franchissent la frontière et investissent, dans les environs de Naplouse, le village de Samoa, préalablement soumis à un pilonnage d’artillerie en règle, en chassent les femmes et les enfants qui n’ont pas trouvé la mort sous les obus, massacrent les hommes qui manifestent volonté de résister, dynamitent toutes les maisons encore debout et repartent dans un bruit d’enfer, laissant derrière eux des morts et des mourants enfouis dans un champ de ruine.

Cet acte de sauvages représailles était exécuté à la suite d’une action terroriste montée à partir de la Syrie (la Jordanie était donc innocente) par l’organisation arabe El Fatah de défense contre les empiétements israéliens en territoire arabe (occupation de la rive est du Jourdain et du lac de Tibériade, détournement des eaux du Jourdain, etc.) et qui avait fait, officiellement, trois morts israéliens. Incontestablement, la riposte était sans mesure. Depuis la destruction totale du petit village de Deir Yassin (près de Jérusalem) le 10 avril 1948 (avant même la proclamation de l’État d’Israël) et l’impitoyable massacre de tous ses habitants par les forces de l’Irgoun, on n’avait pas assisté à une entreprise aussi spectaculaire. Certes, il y en eut entre ces deux « hauts faits » d’autres actions identiques par leur nature, toujours, d’ailleurs, suivant le même scénario : un commando arabe de quelques hommes attaquait des Israéliens sur la frontière commune, généralement entre la Syrie et Israël (en territoire israélien ou en territoire arabe, il n’a jamais été possible de l’établir), détruisait du matériel ou faisait parfois un blessé ou un mort ; automatiquement, les forces armées de l’État d’Israël organisaient un raid punitif qui faisait de nombreuses victimes en territoire arabe. Mais cela n’avait rien de commun avec ce qui s’était passé à Deir Yassin ou à Samoa.

Au sujet de ces raids et de leurs représailles, on n’a pas été sans remarquer deux choses :

– Dans la mesure où, depuis une dizaine d’années, chaque fois qu’ils se réunissent en ce qu’on appelle un « sommet », les chefs arabes, ne se sentant pas en force contre Israël, déclarent que le moment n’est pas venu de lui faire la guerre et recommandent à leurs troupes d’éviter toute provocation à son endroit, les raids arabes sur la frontière israélienne se font de plus en plus fréquents et nombreux, entraînant des ripostes du même ordre. Ces temps derniers, on assistait à deux ou trois incidents par semaine…

– Jamais, sauf une fois, les forces israéliennes n’ont réussi à capturer vivant le moindre de leurs attaquants.

En présence de cette double constatation, beaucoup de bons esprits en sont arrivés à se demander si ces raids arabes que l’État d’Israël met sur le compte de l’organisation El Fatah ne sont pas, tout simplement, exécutés sur son ordre par des provocateurs à sa solde, de manière à susciter des occasions de représailles et à déclencher dans la presse mondiale, dont la plus grande partie lui est acquise (en raison des participations financière que les banquiers juifs y possèdent), des campagnes démontrant qu’il n’y a pas d’entente possible avec les Arabes et qu’il faut, une bonne fois, en finir avec eux.

Si osée que soit cette thèse qui, dans l’état actuel des choses, ne peut, d’ailleurs, s’appuyer que sur des supputations et des coïncidences, elle n’est pas à écarter a priori. Elle cadre, en tout cas, remarquablement avec la politique générale de l’État d’Israël au Moyen-Orient.

D’autre part, il y a là-bas une situation de fait, non de droit, qui est grosse d’incidents susceptibles de dégénérer.

Le 29 novembre 1947, à Lake Sussess, l’assemblée générale des Nations unies décida le partage de la Palestine en deux États indépendants, l’un arabe et l’autre juif, fédérés, sous son contrôle, en une union économique. Aux juifs fut attribuée une superficie de 10 000 kilomètres carrés, aux Arabes le reste des 25 124 kilomètres carrés que compte le pays.

Ni les Juifs ni les Arabes n’acceptèrent cette décision.

Une guerre sans merci

Les premiers, s’appuyant sur l’Ancien Testament, revendiquaient la possession de tout le pays et même d’une grande partie de la Transjordanie d’alors et de la Syrie au nom de ce que Renan, par moquerie, appelait « prétendu droit historique ». Au nom de ce même droit, les seconds le revendiquaient également en entier, arguant, ce qui n’était, malgré Renan, pas sans valeur, qu’ils y étaient installés en permanence depuis un nombre respectable de siècles. L’Angleterre, qui n’approuvait pas le partage, déclara aussitôt qu’elle abandonnerait le 15 mai 1948 le mandat sur la Palestine qui lui avait été confié par la Société des Nations, et qu’elle ne se soucierait pas de ce qui pourrait ensuite advenir.

À dater de cette décision de l’assemblée générale de l’O.N.U., ce fut, entre les deux communautés, une guerre sans merci.

Le 10 avril 1948 intervint l’affaire de Deir Yassin évoquée ci-dessus : épouvantées, les populations arabes non armées se mirent à fuir de partout aux approches des commandos remarquablement organisés et armés de l’Irgoun et de l’organisation Stern pour éviter le sort des habitants de la bourgade meurtrie. 1 300 000 Arabes quittèrent le pays, se réfugiant en Jordanie (700 000), en Syrie (138 000), au Liban (162 000) et à Gaza (302 000) située en territoire égyptien, pour laisser passer l’orage et dans l’espoir qu’un jour l’O.N.U. Rétablirait le droit et leur permettrait de rentrer chez eux.

Dix-huit ans ont passé. Non seulement l’O.N.U. n’a rien rétabli du tout, mais encore l’État d’Israël, dont l’acte de naissance porte la date du 15 mai 1948, s’étend sur 20 850 m2 au lieu des 10 000 qui lui avaient été concédés. Et les 1 300 000 Arabes chassés d’Israël vivent misérablement, parqués dans des camps, n’ayant pour tout moyen d’existence que de maigres rations quotidiennes (1 500 calories par personne) que leur attribuent les Nations unies par le truchement de sa succursale, l’U.N.R.A.

Dans les pays où ils ont trouvé asile, notamment en Jordanie et en Syrie, ces réfugiés créent une situation explosive et véhiculent dans tout le Moyen-Orient une haine vengeresse contre Israël qui ne veut pas entendre parler de les réintégrer dans leurs droits. Du point de vue social, on peut imaginer la situation de la Jordanie, par exemple, où, sur un total de 1 760 000 habitants, on trouve 700 000 réfugiés qui n’ont rien d’autre à faire, dans leur misérable condition, que d’entretenir le mécontentement…

C’est là le premier et grave inconvénient de la situation de fait créée par Israël.

Un second ne lui cède en rien : le tracé des frontières.

Manu Militari

Charivari janvier 1967002

L’État d’Israël ayant été créé le 15 mai 1948, la guerre commencée le 29 novembre 1947 a continué et il n’y fut jamais mis fin définitivement par des traités de paix, mais seulement provisoirement par des conventions d’armistice qui ont fixé les frontières d’attente et ont été signées avec l’Egypte à Rhodes le 24 février 1948, le Liban à Ras-en-Naquoura le 23 mars 1949, la Jordanie à Rhodes le 3 avril 1949, la Syrie à la cote 232 le 20 juillet 1949.

Selon ces conventions, la rive orientale du lac de Tibériade, par exemple, était syrienne. Mais pour être plus à l’aise dans son opération de détournement des eaux du Jourdain, l’État d’Israël a voulu contrôler le lac tout entier et il a occupé cette rive orientale manu militari. Depuis, c’est la lutte permanente entre lui et les Syrien privés ainsi du droit de pêche dans le lac, du droit d’exploiter leurs propriétés riveraines et qui ne veulent, au surplus, pas se laisser déposséder d’un droit à eux reconnu par une convention d’armistice.

Les sources d’incidents aussi graves sont encore plus nombreuses le long de la frontière qui, sur 700 kilomètres, sépare Israël des États arabes. Sur ces 700 kilomètres, la frontière coupe des villages arabes et, plus souvent encore, des propriétés en deux ! Il s’ensuit que les deux parties ainsi séparées d’un village ne peuvent communiquer entre elles, que les habitants d’une des deux parties ne peuvent aller cultiver leur champ situé dans l’autre ou même, lorsque la frontière passe au milieu d’un champ, que le Jordanien qui en est propriétaire ne peut aller cultiver la parcelle située en territoire israélien.

C’est intolérable pour les habitants des quelque cent villages dans ce cas qui jalonnent la frontière. Ils ne comprennent pas la défense qui leur est faite d’aller sur des propriétés qui leur appartiennent. Il arrive qu’ils l’enfreignent. Les Israéliens tirent dessus et, le lendemain, la presse mondiale annonce un raid terroriste de l’organisation El Fatah en territoire israélien… La plupart des raids terroristes arabes dont la presse se fait l’écho sont de cette farine.

L’O.N.U., qui n’a jamais rien tenté pour obtenir de l’État d’Israël qu’il réintègre les réfugiés arabes dans leurs droits, ne fait rien non plus pour mettre fin à cette situation. SI les Syriens essaient d’empêcher les Israéliens d’occuper la rive orientale du lac de Tibériade qui leur appartient de droit, elle leur donne tort. Elle accepte pour argent comptant tout ce que les Israéliens lui présentent comme des incursions terroristes d’El Fatah sur leur territoire. I faut des événements aussi sanglants que ceux qui viennent de se dérouler à Samoa pour qu’Israël reçoive un blâme. Mais dans l’ensemble, tout se passe comme si les Nations Unies lui avaient donné les mains libres au Moyen-Orient.

Israël en profite, menant en fait une politique d’expansion.

Pour bien comprendre les raisons de celle-ci, il faut effectuer un retour sur le passé.

Le pétrole brûlait…

Dans les années 1850, on découvrait que le pétrole brûlait, que par conséquent, il pouvait fournir de la lumière et, ce qui n’était pas négligeable en période d’industrialisation, de la chaleur, donc de l’énergie. Dix ans plus tard on découvrit, d’autre part, que le Moyen-Orient, alors partie intégrante de l’empire ottoman, était une terre à pétrole. Vers 1870 les Juifs du monde entier qui, jusque-là, s’étaient bornés à réciter, sans conviction et comme une ritournelle, chacun de leurs Jours de l’An, la célèbre prière qui formule l’espoir de se retrouver tous « l’an prochain à Jérusalem », mais n’y allaient pas, alors que rien ne les en empêchait, commencèrent à s’intéresser sérieusement à la Palestine : en 1880 ils y avaient fondé une douzaine de communautés (les Amants de Sion).

Le mouvement de retour en Terre Sainte était amorcé. À sa tête les Rothschild qui, avec leur sens héréditaire des affaires, avaient deviné les applications industrielles prochaines du pétrole et à qui, jamais, n’avait échappé un moyen de « faire de l’argent » : toutes ces communautés étaient autant de comptoirs de leur banque.

Ce mouvement, dit sioniste, fut servi par les circonstances : en 1881, le tsar de Russie fut assassiné. Or il y avait en Russier cinq millions de Juifs très remuants, qui fournissaient en militants et en doctrinaires les marxistes, nihilistes, etc. Les Russes portèrent cet assassinat à leur compte. Commença, dans toutes les Russies, l’ère des pogromes qui redonna de la consistance et de l’actualité aux plaintes des Juifs contre les persécutions millénaires dont ils étaient l’objet dans la diaspora, revivifia leurs revendications à un territoire national en même temps que leurs ambitions sur la Palestine et fut l’argument de fond de l’État juif (1895) de Théodore Herzl ainsi que le moteur des congrès sionistes qui eurent lieu, chaque année ou presque, à partir de 1897.

La première guerre mondiale fut l’occasion pour les Juifs sionistes d’obtenir la création d’un « Foyer international juif » en Palestine (convention de Balfour du 2 novembre 1917). La seconde leur apporta la création de l’État d’Israël (décision de l’O.N.U. du 29 novembre 1947). Il ne leur manque plus que le pétrole, indispensable à la prospérité du petit État actuellement sans ressources et, sans lui, condamné à une mort économique certaine (400 à 500 millions de dollars de déficit par an, cinq ou six dévaluations de la livre israélienne depuis 1949, etc.). Ce pétrole, ils s’emploient aujourd’hui à l’obtenir, avec tous les risques que comporte l’approche de cette matière éminemment explosive.

Les moyens qu’ils utilisent dans ce but sont actuellement complémentaires et de trois ordres :

+ Une politique d’expansion au Moyen-Orient, les provocations aux frontières israélo-arabes destinées à entretenir une atmosphère de guerre. Les maladresses des Arabes, leurs réactions souvent inconsidérées favorisent cette politique ;

+ Les discours racistes de Nahum Goldmann, président du congrès juif mondial, contre l’assimilation des Juifs aux populations des pays de la diaspora ;

+ L’appel permanent aux Juifs du monde entier à rejoindre leur patrie, l’État d’Israël.

18 millions de juifs

Faites maintenant un petit calcul à partir des données suivantes. L’État d’Israël a une superficie, de facto sinon de jure, de 20.850 kilomètre carrés, et il y a, dans le monde, environ 17 ou 18 millions de Juifs (les statistiques officielles juives n’évaluent cette population qu’à 13 millions d’individus parce qu’elles comptent six millions de Juifs exterminés par les nazis ; j’ai démontré, en particulier dans Le Drame des Juifs européens, que ce chiffre était très au-dessus de la vérité – ce qui n’ôte rien au caractère horrible de la politique nazie). Si ces 17 à 18 millions de Juifs se regroupaient en Israël comme les y convie Nahum Goldman, la densité de la population de l’État serait portée aux environs de 850 à 900 habitants au km2. Dans un pays si pauvre – malgré les efforts louables aux résultats spectaculaires que font les Juifs pour le mettre en valeur – qu’avec sa densité actuelle de population qui tourne autour de 125 à 135 habitants au km2 il accuse déjà 400 à 500 millions de dollars de déficit par an ! (Note 1), c’est pour le coup qu’alors les Israéliens pourraient prétendre que les 20.850 km2 dont ils disposent actuellement dont insuffisants, à la fois en superficie et en ressources, et justifier leur politique d’expansion. Et ce serait la guerre israélo-arabe qui, le pétrole en étant l’enjeu, dégénérerait facilement (voir mon article dans le précédent numéro du Charivari).

Fort heureusement, les Juifs du monde entier et particulièrement ceux des États-Unis sont insensibles aux appels instants et réitérés de Nahum Goldman. Un humoriste (juif d’ailleurs) a défini ainsi le sionisme : une politique qui consiste, pour un Juif, à en envoyer un autre en Israël aux frais d’un troisième en cas d’impossibilité de lui faire supporter ces frais par un goy (c’est-à-dire un non-Juif)…

Mais supposons un instant que les Russes autorisent l’émigration des quatre à cinq millions de Juifs qu’ils détiennent : ils iront tous en Israël, la population du pays se trouverait portée aux environs de sept millions, soit une densité de 350 habitants au km2, et ce serait suffisant pour déclencher la guerre. Si un jour les Russes décident d’affronter les Américains dans une guerre à propos du pétrole, il leur suffira d’autoriser leurs Juifs à émigrer…

L’enjeu

Le pétrole du Moyen-Orient appartient aux Arabes. Il est exploité par des compagnies pétrolières anglo-américaines en échange de royalties proportionnelles à la production. Ces compagnies ont la propriété de leurs installations mais ne discutent pas celle du pétrole aux Arabes, qui ont tout loisir d’en vendre aux Russes, au même prix, non pour satisfaire aux besoins de l’industrie soviétique qui travaille à 90 p. 100 au charbon, mais pour leur exportation (en Autriche, dans les pays scandinaves et en Allemagne, notamment). On comprend aisément que les Russes tiennent à prolonger cette situation. Aussi soutiennent-ils les Arabes contre les Juifs avec le sentiment, d’ailleurs fondé, qu’ils mettent un frein à la recolonisation du Moyen-Orient par les Anglo-Américains dont ils considèrent les Juifs comme des agents. Rappelons à ce sujet qu’une abondante littérature d’origine juive vient à l’appui de cette thèse : les Mémoires de Chaïm Weizmann, président du congrès mondial juif, sont remplis des discours que, pendant la première guerre mondiale, il tenait au ministre anglais Herbert Samuel pour le convaincre que, si le traité de paix confiait la Palestine aux Juifs, celle-ci serait plus sûrement administrée pour le compte de l’Angleterre que s’il le confiait à des Arabes ; l’Etat d’Israël d’un certain Kadmi Cohen, ouvrage qui fut, entre les deux guerres mondiales, la bible du mouvement sioniste international, est un véritable plan de colonisation du Moyen-Orient pour le compte des Anglo-Saxons, idée que l’on retrouve dans Le Mouvement sioniste d’Israël Cohen. Les Arabes et les Russes ont beau jeu d’exploiter cette littérature pour démontrer que l’État d’Israël n’est qu’une entreprise « colonialiste » et « impérialiste ».

De cette situation, les Anglo-Américains, auxquels il faut associer la France menacée au Sahara et qui possède, dans l’Irak Petroleum Company, des participations s’élevant à 23,75 p. 100, redoutent quant à eux beaucoup : il suffirait que le monde arabe retrouve son unité et nationalise toutes leurs installations pétrolières au Moyen-Orient (comme Nasser l’a fait du canal de Suez) pour que le contrôle du pétrole leur échappe. Le coup a failli réussir en Iran sous Mossadegh. Certes, cette unité arabe demeure problématique. Mais les Anglo-Saxons ne sont pas à l’abri de nationalisations partielles, séparément, par chacun des pays producteurs, ou de mesures comme celles dont l’Irak Petroleum Company vient d’être victime de la part de la Syrie. Or, ils ont besoin, et la France avec eux, de sécurité en matière de pétrole au Moyen-Orient : l’Amérique à elle seule importe de cette région, bon an mal an, de 150 à 200 millions de tonnes qui sont indispensables à son industrie, l’Angleterre la presque totalité du pétrole qu’elle utilise, et la France une trentaine de millions de tonnes. Si le pétrole du Moyen-Orient passait aux mains d’Israël cette sécurité leur serait assurée en ce sens que, les banques juives possédant, en association avec les banques anglo-américaines, environ 50 p. 100 (peut-être plus!) de participations dans les compagnies qui exploitent le pétrole du Moyen-Orient, passant aux mains d’Israël ce pétrole passerait pratiquement à celles des Anglo-Américains. En toute propriété cette fois, sans être obligés de payer des Royalties. Et avec la possibilité d’en priver totalement les Russes.

Pas de compromis

Telles sont le raisons pour lesquelles les Américains, qui font mine de tenir la balance égale entre Juifs et Arabes au Moyen-Orient, soutiennent en sous-main les Juifs.

Pour les mêmes raisons, les Russes, qui n’admettront jamais que le pétrole du Moyen-Orient leur échappe, soutiennent les Arabes.

Étant donné l’importance du pétrole dans l’économie moderne, primordiale jusqu’à nouvel ordre, il n’y aura jamais de compromis possible entre les deux thèses en présence. On peut être assuré que le mouvement sioniste international ne changera rien ni dans son idéologie, ni dans sa politique en Israël, car c’est une question de vie ou de mort pour l’État d’Israël dont il soutient les visées. La communauté juive américaine est un facteur électoral si important (pas loin de 10 millions de personnes quoi qu’en disent les statistiques juives) qu’on peut de même être assuré que tout président des États-Unis sera toujours contraint de s’incliner devant ses volontés : on le voit par l’exemple du président Johnson dont la politique au Moyen-Orient lui est imposée, de son aveu même, souvent contre son gré, par cette communauté. D’autant plus que la franc-maçonnerie américaine, dont les éléments les plus dynamiques sont les Juifs, agit toujours en parfait accord avec eux. Déjà l’exemple du président Roosevelt, au seuil de la seconde guerre mondiale, était significatif. Enfin, s’imaginer que les Russes peuvent changer d’un iota leur manière de voir dans cette affaire est une pure construction de l’esprit. Comme toujours, lorsqu’il s’agit de problèmes vitaux, chacun restera inébranlablement fixé sur ses positions.

Dès lors la grande interrogation posée par cette inexorable conjonction est la suivante : en viendra-t-on jusqu’à déclencher une troisième guerre mondiale pour donner le pétrole du Moyen-Orient à l’État d’Israël ? Et n’y a-t-il vraiment pas d’autre solution, à la fois plus rationnelle et plus humaine, à ce problème du pétrole dans cette région du monde ?

Pour l’instant, voici où en sont les antagonistes : chaque fois que les Américains ou leurs associés envoient du matériel de guerre à l’État d’Israël, les Russes en envoient aux États arabes.

Autrement dit, on met en place le dispositif.

Ma conviction est, je le répète, que c’est là et non au Vietnam, où tant de possibilités de compromis entre les parties en cause subsistent, que, si troisième guerre mondial il doit y avoir, les risques en sont les plus grands et les plus menaçants.

Paul Rassinier
NOTE 1 : Ces 400 à 500 millions de déficit annuel sont actuellement comblés, du moins en grande partie, par les dévaluations successives de la livre israélienne, les gracieusetés à fonds perdus de différents États (notamment l’Allemagne) et les subventions des communautés juives de la diaspora, c’est-à-dire essentiellement des banques comme Rothschild, Kühn, Loeb and Co, l’Anglo-Palestinienne, Wassermann et Warburg, etc., qui récupèrent ce subventions par la mise en coupe réglée de la population mondiale.

Charivari janvier 1967004

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