LIERRE

INDEX

Lettre du 13 septembre 1945 de Georges Lierre (Libération-Nord) à Paul Rassinier:

Il suffit de cliquer sur les images pour les rendre lisibles.

Lierre001   Lierre002
Nous avions fait état des contacts dont Paul Rassinier s’est réclamé aux plus hauts échelons de l’organisation clandestine Libération-Nord :
https://tinpacifists.wordpress.com/2014/05/16/rassinier-resistant-1/

Il nous a été rapporté à l’OURS que l’un des trois contacts cités, Henri RIBIERE, haut fonctionnaire de la sûreté nationale, n’aurait laissé aucune archive.

Le « commandant », Colonel ou Général Lierre (parfois le nom de Bonavita est ajouté) restait sans doute le plus difficile à identifier, n’étant pas mis en avant dans les histoires de Libération-Nord…

“Lière ou Lierre* Lt-Colonel Georges ? Direction de Libération-Nord pour la région parisienne (Bureau militaire) Région parisienne”
http://museedelaresistanceenligne.org/mediasmusee/Listing_libenord.pdf

L’UDSR (Union démocratique et socialiste de la Résistance), fondée le 25 juin 1945, est, dit-on, “l’un des rares mouvements politiques issu exclusivement de la Résistance”.

Autres liens évoquant Georges Lierre :

http://museedelaresistanceenligne.org/media2691-Jean-Fautrel
http://beaucoudray.free.fr/colloque2.htm

et celui-ci où nous apprenons son mépris pour les errements d’une certaine « Résistance » :

http://www.armenews.com/IMG/Sur_le_Chemin_de_la_liberation.pdf
« Cher camarade,

J’ai voulu lire très attentivement votre recueil. Ai-je besoin d’insister sur le fait que mon opinion se rencontre avec celles de tous ceux qui y expriment leurs inquiétudes, leurs regrets… leurs amertumes.

Hélas ! Nous avions espéré autre chose de l’action clandestine et des combats de libération… mais les résistants de tous les pays ne doivent-ils pas battre leur coulpe… n’ont-ils pas laissé échapper les occasions de poursuivre l’œuvre qu’ils ont entreprise et laissée inachevée, parce qu’ils ont pêché par excès de confiance.

Nos martyrs et nos morts se sont jetés à corps perdu dans la bataille par haine de l’erreur, du mensonge, de la servilité, de la lâcheté, de la brutalité, de l’oppression ; ils ont tout sacrifié parce qu’ils rêvaient d’un monde renouvelé, parce que fraternel, juste parce qu’on en avait extirpé la misère, pacifié, parce qu’on aurait recherché ardemment toutes les causes de conflits pour les détruire, et créer toujours plus de viril bonheur !

Insister serait cruel, tout cela sera l’œuvre d’une nouvelle résistance, qui devra – celle-là ne s’arrêter qu’après avoir accompli sa tâche sans faiblir.

C’est dans cet espoir que je reste votre

Colonel LIERRE. »

Notons enfin que Nadine Fresco, dans sa “fantaisie pas glorieuse” (elle a inventé le genre!) consacrée à Paul Rassinier, retranscrit aux pages 428 et 429 une lettre de ce dernier datée – selon elle – du 1er novembre 1943 et découverte aux archives de la Résistance des Archives Nationales. On aimerait obtenir une reproduction de l’original que Rassinier débute, comme LIERRE, par la formule « Mon cher ami » et où il accuse réception des « différents envois » de son correspondant.

Le contexte semble clairement rapporter l’écriture de cette lettre à la période de l’occupation (offre pour les possibilités de passage en Suisse, allusion aux mouvements de résistance décapités, constitution du Comité Départemental de Libération). L’antériorité de la chute des cadres des mouvement Lorraine et F.N. à Belfort sur l’arrestation de Rassinier ne conduit pas Fresco à s’interroger sur leur pratique de la communication clandestine. Quant à la question  légitime – s’il est confirmé que la lettre date de fin 1943 – d’une imprudence coupable  commise par Rassinier en faisant circuler de tels documents truffés de noms, il conviendrait de s’interroger sur celle des destinataires eux-mêmes (Ribière ou Lierre, deux cadres si l’on comprend bien du renseignement militaire ou civil) qui ont omis de le détruire à réception. Et ne doit-on pas aussi bien s’interroger sur la teneur des “différents envois” de son correspondant auxquels Rassinier fait allusion, et la sécurisation de leur transmission… Les lettres de son ami Girardot, en poste en région parisienne durant l’occupation font apparaitre qu’il était en relation dans l’immédiat après-guerre avec Henri Ribière et qu’il aurait très bien pu faire office de courrier.

Mais toutes ces interrogations révèlent surtout l’incapacité de Fresco à concevoir l’articulation improbable, par la force des choses, de réseaux issus du renseignement sous l’égide de hauts fonctionnaires avec ceux de militants proches de l’illégalisme – comme on en trouve dans l’entourage de Rassinier. Ces derniers, actifs dès avant la guerre, sont rompus à l’action clandestine, et n’attendent pas qu’on leur propose d’intégrer une structure pour agir. Par sa singulière position à la croisée de tous ces milieux, par sa connaissance des imprimeurs locaux pour les faux documents et des réseaux de passeurs vers la Suisse, Rassinier représentait certainement pour Libération-Nord une recrue de choix. Le récit fait par Raymond Beaulaton de sa propre activité au Mans, qu’on peut lire en suivant le lien ci-dessous, indique comment des engagements personnels de longue date aboutirent -ou pas, Beaulaton reste autonome – pendant l’occupation à des ralliements tardifs à une structure: et non l’inverse!

https://tinpacifists.wordpress.com/2014/05/13/un-anarchiste-resistant-jusquau-bout/

La lettre de Lierre reproduite ci-dessus, relative à la constitution de L’UDSR dans le Territoire de Belfort date de septembre 1945.

Rappelons simplement que Paul Rassinier est rentré de déportation dans un état médical très préoccupant le 18 juin…

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