Deux lettres à Robin Adams 1967

INDEX

« Ceux d’entre vous qui ont gardé le souvenir des combats sociaux auxquels j’ai participé dans cette ville et ce département savent que je ne suis pas un sentimental. »
Paul Rassinier, Notes pour une conférence à Belfort, 18 juin (1953?)

Les intimes seuls – mais ils sont nombreux car de Belfort à Asnières la porte de Paul Rassinier n’était jamais close pour ses amis – auraient pu témoigner combien cette intransigeance confinant à la raideur s’effaçait dès qu’il n’était plus question de travail ou de combat social.

Dès 1950 pourtant, il s’est fait une raison quant à l’impossibilité de diffuser normalement ses thèses et ses recherches. Le milieu dans lequel sa conception du socialisme et du pacifisme (pour lui, un seul et même combat) aurait pris tout son sens ne cessera en effet de se restreindre, de désaveu en exclusion.

Quelques semaines avant sa mort, il écrit à Robin K. Adams, l’épouse de Henry M. Adams, un historien américain proche de H.E. Barnes. Dans l’attente de vérifier la graphie des annotations, le contexte indique assez que la destinataire des lettres ci-dessous ne peut être, en effet, que « Robin ». C’est elle (en alternance avec l’Allemande Mabel Narges qui parle et écrit l’anglais et le français) qui fait le lien entre Barnes et Rassinier, ce dernier ne maîtrisant pas la langue anglaise. Robin K. Adams a au moins supervisé les traductions anglaises de ses livres.

Les copies de ces deux lettres ont sans doute été transmises par Robin elle-même à Mme Rassinier après le décès de son mari.

Elles prouvent combien, en dépit des concessions qu’il a été amené à faire, Paul Rassinier ne souhaitait pas limiter la diffusion de ses recherches aux nostalgiques du Troisième Reich ou à un milieu antisémite. Même s’il n’y attache qu’une importance limitée, il indique précisément combien il est conscient du tort que la restriction à ces milieux causera à ses thèses et à sa « réputation ».

Paul Rassinier
36, rue Bapst
ASNIERES (Seine)
Tél. 473-32-24

Le 10 mars 1967
[annotation d’une autre main : an. Mar. 13
wrote HEBMar. 20]

Chère amie,

J’ai, ces temps-ci, une correspondance extraordinaire et particulièrement des U.S.A. et du Canada.

Du Canada, Adrien Arcand qui est un admirateur de H.E.B. mais que je ne connais pas particulièrement, m’écrit qu’une maison d’Édition : The Moontide Press, Sausalito, Calif., serait sans doute intéressée par mes bouquins. Et il me donne l’adresse d’un Dr. W.A. Carto, P.O. Box 1622, à Washington, dont il me dit

1. qu’il est intéressé par mon travail ;

2. qu’il a une très grande influence dans cette maison d’Édition.

Je vous tiens informée à toutes fins utiles. Parlez-en à H.E.B. parce que, en ce qui concerne Devin-Adair, il y a longtemps que je n’ai plus d’illusions.

Bien cordialement

Paul Rassinier

N.B. Encore du travail pour vous qui en avez déjà tant ! Mon livre « Les Responsables de la Seconde Guerre mondiale » paraîtra en mai aux « Nouvelles éditions latines » qui impriment généralement les thèses d’histoires de la Sorbonne.

 

DEUXIÈME LETTRE

Le 6 avril 1967
[annoté d’une autre main : ar. Apr. 10
ans. May 4]

Chère amie,

Je n’ai pas de chance avec mes correspondants américains : tous des racistes ! Et ça m’inquiète un peu : s’il n’y a que les racistes qui s’intéressent à moi je ne puis manquer d’être déconsidéré. C’est pourquoi je voudrais tellement que les non-racistes s’intéressent aussi à moi.

La semaine dernière, il y en a encore un autre qui m’a écrit : Thomas Molnar, Prof. à Harvard. Il écrit dans le National Observer.

Est-ce encore un raciste ? J’aimerais le savoir car il me dit qu’il viendra me voir le 11 juin.

Que H.E.B. ne se fasse pas d’illusions : Mrs Clara Booth Luce ne lui donnera pas d’argent. Ce Molnar me parle aussi d’elle : il me dit que je devrais lui proposer de publier mon « Vicaire » dans Times Life. Mais je suis fatigué de faire des démarches : après tout je me moque des suites de ce que j’ai écrit. C’est écrit, ça trouve des éditeurs en France, en Italie et en Espagne. Ça me suffit. Je sais seulement une chose : tant que je ne serai pas publié aux U.S.A. je ne serai, en Europe, qu’un écrivain banal, qui ne percera pas. Y a-t-il un intérêt ou non à ce que je perce. Je n’en sais rien.

Mon livre « Les Responsables de la Seconde Guerre mondiale » sortira dans un mois aux « Éditions latines » à Paris, aux Éditions Acervo en Espagne et Europa en Italie.

Il n’y a plus que les Américains qui me boudent.

Tant pis, je m’en fais une raison : il en sera ainsi tant que les Américains et les Russes feront une politique commune.

Bien cordialement

Paul Rassinier

N.B. Merci pour les fleurs : à défaut d’autre chose, un petit parfum des U.S.A. n’est pas négligeable.

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